17ème édition de l’"European Career Fair"/ MIT

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L’ECF au MIT, c’est l’un des plus grands forums consacré à l’emploi scientifique en Europe. Il est organisé depuis 1997 à Boston par le "MIT European Club" avec le soutien de la Commission Européenne. Le moment fort de la dix-septième édition de cette manifestation a eu lieu le samedi 23 février 2013. Elle impliquait la mission pour la science et la technologie (MS&T) qui se propose ici de partager les principaux enseignements de cette journée qui a été précédée par un colloque sur les atouts scientifiques de l’Europe. L’intérêt de l’ECF, c’est qu’il est un bon indicateur du marché de l’emploi scientifique et des tendances qui animent les élites formées dans les grands établissements universitaires américains. Cette manifestation permet également de mesurer l’attractivité de l’Europe auprès des scientifiques américains, européens et d’ailleurs.

L’édition 2013 de l’ECF s’est en fait tenue sur 3 jours (22-24 février). Selon les organisateurs, la manifestation a attiré quelque 2.000 visiteurs, chiffre similaire à celui de l’édition 2012.

Colloque "Destination Europe : Your Research and Innovation Opportunities"

Cette année également, l’ECF était précédé de la conférence "Destination Europe : Your Research and Innovation Opportunities". qui s’est tenue à proximité du MIT. Organisée par la Commission européenne et l’ERC (Conseil Européen de la Recherche), en concertation avec les Etats membres et le Forum stratégique pour la coopération internationale (SFIC), ce colloque entendait mettre en avant les nombreuses opportunités de carrière scientifique et les nouveaux soutiens financiers à l’innovation et à la recherche au niveau européen. Bien que préparée avec moins de trois semaines d’avis, plus de 100 personnes sont venues y assister, en majorité des européens installés aux E.-U. : étudiants et chercheurs, décideurs et représentants d’universités, etc.. Cette conférence, modérée par Kurt Deketelaere, secrétaire général de l’association des universités européennes (EUA), différait légèrement de celle de l’an passée. Au lieu de 3 sessions bien déterminées, une introduction générale sur les atouts de l’Europe a ouvert la conférence suivie de présentations de certains états membres (France, Allemagne, Autriche et Pays-Bas) sur leurs opportunités de carrière, de l’action Marie-Curie, d’Euraxess et du CERN.

Les ambitions du PCRD (Programme-Cadre de Recherche et de Développement), "Horizon 2020", programme d’investissement de 80 milliards d’euros dans la recherche et l’innovation pour la période 2014-2020 ont été présentées. Donald Dingwell, secrétaire général de l’ERC (European Research Council), a de son côté fait la promotion des généreuses bourses pour les jeunes chercheurs ou les confirmés, tandis que Dr Barbara Haering, vice-présidente du comité européen pour la recherche et l’innovation dressait le paysage dynamique de la recherche universitaire européenne et de la culture scientifique européenne.

Rollend Pellenq (directeur de l’Unité Mixte de recherche "MSE2" -matériaux multi-échelle pour l’énergie et l’environnement-) a souligné l’importance d’une forte collaboration entre les Etats-Unis et l’Europe en présentant la nouvelle Unité Mixte de recherche "MSE2" entre les départements de génie civil et de l’environnement du MIT et l’Institut de physique du CNRS.

La France, l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas ont eu chacun une heure environ pour présenter les atouts de leur pays, notamment en matière de recrutements dans la recherche. A l’exception de l’Allemagne, ils ont chacun projeté une vidéo tout à la fois humoristique et pédagogique (et high-Tech) sur l’innovation. Pour la France, il s’agissait du film "Say oui to Innovation, say oui to France" (AFII) qui venait en conclusion d’une table ronde très vivante avec les représentants du CEA, du CNRS et de l’INSERM. Deux témoignages ont particulièrement marqué. Celui de Luisa Di Stefano, (LBCMCP, Université Paul Sabatier à Toulouse) portait sur sa trajectoire multinationale : Italie (thèse), Etats-Unis (post-doc) et France où elle a créé son propre laboratoire grâce à la subvention ATIP-AVENIR. Et celui de Richard Gabriel, américain et CEO de "CLG pharma" basée à Tampa, lauréat du concours YEI ("Young Entrepreneurs Initiative", programme soutenu par l’Ambassade de France et Rétis) grâce auquel il a pu installer une filiale à Lyon. R. Gabriel a témoigné de son intérêt pour la France en mettant en avant les nombreuses aides - notamment publiques- qu’elle offre pour les JEIs. Il a rappelé que la France connaît une position dominante en Europe dans les biotechnologies. L’Allemagne a de son côté mis l’accent sur le niveau élevé de son système d’éducation et de sa recherche. Son objectif clairement marqué est l’emploi de chercheurs universitaires hautement qualifiés.

La conférence a été suivie le lendemain par le forum des carrières qui rassemblait une centaine de pavillons d’entreprises et d’institutions de recherche européennes. La troisième et dernière journée était réservée à des entretiens individuels.

Le forum des carrières (MIT/ECF)

D’après les estimations faites sur le nombre d’inscrits, la moitié des inscrits sont des scientifiques non-américains. Environ 75% des visiteurs ont un niveau d’études supérieur ou égal au Master.

La France, avec 8 stands outre celui de l’ambassade, était le troisième pays exposant au même rang que la Suisse, derrière l’Allemagne et les Pays-Bas. Les exposants français appartenaient à deux catégories ; les organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM, Institut CURIE, CNES) et les entreprises (Saint-Gobain, Thales, TOTAL et Amadeus). Au total, si la présence française était moins importante qu’en 2012, notamment en raison de l’absence de Constellation, Orange Sanofi, Areva et de l’INRIA, tous les exposants confirment la qualité des rencontres et des contacts obtenus lors de l’ECF. Plus d’une centaine de visiteurs se sont par exemple présentés sur le stand conjoint CNRS/CNES.

Au stand de l’Ambassade, la MS&T et le service culturel ont mené 110 entretiens personnalisés. Cette fois encore, on a constaté une majorité de visites de jeunes scientifiques (50) français, américains et d’autres nationalités, qui concernaient principalement l’emploi scientifique en France.

Les autres préoccupations portaient sur l’offre éducative, linguistique et culturelle de la France mais aussi sur les stages et les conditions de séjour en France. A cet égard, certains visiteurs se sont montrés intéressés par la possibilité d’enseigner en France (programme "Teaching Assistantship") ou d’y poursuivre leurs études, en français ou en anglais, ou encore d’y trouver un emploi ou un stage.

Tout comme l’année précédente, l’Allemagne était représentée en nombre, avec une cinquantaine de stands sur une centaine au total : outre les entreprises, les institutions de recherche et administratives, une quinzaine d’universités sont venues à la recherche de futurs professeurs. L’Allemagne a de nouveau marqué un grand coup : toutes les institutions allemandes étaient regroupées, dans des stands aux couleurs de l’Allemagne, ce qui a permis une très grande visibilité du pays. Financée par l’agence DAAD, l’Allemagne a appuyé sa présence avec un grand volume de ressources (documents, présence d’experts, événements satellites) pour attirer et recruter leurs futurs jeunes professeurs et chercheurs.

Conclusion

L’édition 2013 de "European Career Fair" confirme une nouvelle fois le caractère majeur de cette manifestation qui est très accessible et de bonne tenue. De l’avis de tous, c’est une opportunité majeure de se rapprocher de la diaspora scientifique installée aux Etats-Unis pour l’attirer vers l’Europe. Ceci étant, une telle réunion met en évidence le fait que la France est soumise à une rude concurrence de la part des autres pays européens pour le recrutement des scientifiques. Elle souligne également le besoin de davantage coaliser l’offre (programme "retour" de l’ANR, etc.) et les exposants français (ABG, APEC, etc.) afin de développer une plus forte masse critique.

Sources :


- Conférence destination Europe : http://destinationeurope.teamwork.fr/cambridge/en/registration
- Forum ECF : https://www.euro-career.com/

Rédacteurs :


- Lisa Treglia, deputy-inno@ambascience-usa.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….