2008TC3 : la pierre de rosette des astronomes ?

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Les fragments d’un astéroïde dont la course vers la Terre avait été détectée 20h avant son explosion dans l’atmosphère ont été retrouvés dans le désert nubien au nord du Soudan, ce qui est tout à fait inédit et constitue un grand pas en avant dans la connaissance de ces météores qui pourraient un jour menacer la Terre.

Le 5 octobre dernier, Richard Kowalski identifia un point lumineux sur son écran du télescope Catalina Sky Survey de Tucson (Arizona). Après avoir averti ses collègues du Minor Planet Center (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics) et du Jet Propulsion Laboratory (JPL) qui mettent en oeuvre leur système de calculs de trajectoire, il apparait que la probabilité de collision entre l’objet traqué et la Terre est de 100%, cas tout à fait inédit puisque ce genre d’astéroïde, d’environ 5m de diamètre pour 80 tonnes, est extrêmement difficile à repérer avant son entrée dans l’atmosphère - les astronomes de Tucson ont eu la chance d’observer la bonne portion du ciel au bon moment.

L’Equipe du Dr. Chesley, scientifique au Near-Earth Object Program Office de la NASA basé au JPL a pu calculer le lieu et le moment de l’impact à un kilomètre et à quelques dixièmes de seconde près. L’astéroïde, préalablement nommé 2008TC3, s’est désintégré lors d’une explosion assez spectaculaire observée par de nombreux témoins à 23 miles d’altitude au-dessus du désert soudanais.

Petrus Jenniskens, scientifique du SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) Institute en Californie décida alors de lancer des recherches afin de trouver d’éventuels débris et commença à arpenter le désert de façon méthodique avec des étudiants et chercheurs de l’université de Khartoum. Finalement, 280 pièces de météorites représentant environ 5 kg ont été retrouvées. Les premières analyses ont révélé que cette roche noire brillante, constituée d’ureilite, provenait d’un astéroïde de type F, catégorie particulièrement rare et mystérieuse (dont aucun fragment n’avait encore été retrouvé sur Terre) et qui pourrait provenir d’un objet beaucoup plus grand ayant eu des caractéristiques géologiques similaires à celles d’une planète.

Pour Michael Zolensky, minéralogiste au Johnson Space Center de la NASA, le fait d’avoir pu faire le lien entre un astéroide traqué et des météorites correspondantes retrouvées sur Terre constitue une grande première qui ouvre des perspectives de recherche énormes pour les astronomes. De plus, ce fut également l’occasion de tester le système d’observation, de calcul et d’alerte dont disposent les scientifiques, au cas où un objet beaucoup plus gros viendrait à se diriger vers notre planète un jour.

Source :


- Nature, 25/03/2009 - http://www.nature.com/news/2009/090325/full/458401a.html
- New Scientist, 25/03/2009 - http://www.newscientist.com/article/dn16843-meteorite-hunters-strike-gold-in-sudan.html?full=true&print=true
- New York Times, 25/03/2009 - http://www.nytimes.com/2009/03/26/science/space/26asteroid.html?_r=1&ref=science
- Science News, 25/03/2009 - http://www.sciencenews.org/view/generic/id/42136/title/Asteroid_tracked_from_space_to_Earth

Pour en savoir plus, contacts :


- Illustrations de Nature sur la chronologie des observations : http://www.nature.com/news/2009/090325/full/458401a/box/1.html
- Site du Near-Earth Object Program Office de la NASA basé au JPL : http://neo.jpl.nasa.gov/
Code brève
ADIT : 58407

Rédacteur :

François Didelot (cnes.mst@ambafrance-us.org)

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….