3ème année de publication de l’Ocean Health Index : un indice plus complet et un état stable

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Lors de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable en 2012 (Rio+20), les gouvernements se sont engagés à établir des Objectifs de Développement Durables d’ici à la fin 2015. L’un d’eux concerne l’océan mondial et s’intitule : "conserver et utiliser les océans, les mers et les ressources marines pour un développement durable". Alors que la France et ses partenaires souhaitent aboutir à un accord international concernant la gouvernance de la haute mer, l’implication des Etats-Unis dans une gestion mondiale des océans se fait timidement car ils préfèrent aborder cette régulation par secteurs d’activités et sur des zones qu’ils jugent prioritaires.

Fournir une évaluation indépendante, complète, approfondie et facilement utilisable par les décideurs publics peut permettre d’installer une base commune pour engager des discussions sur la gestion des mers et océans. Dans cette perspective, un indice de santé des océans (Ocean Health Index) a été lancé en 2012. La méthodologie a été développée par une équipe de chercheurs, issue notamment de l’université de Californie à Santa Barbara.

Pour chaque paramètre une note allant de 0 à 100 est attribuée ; 100 représentant un état de référence ou un objectif à atteindre. Cet objectif correspond à un état où le bénéfice délivré durablement par l’océan est maximisé. Par exemple, une mauvaise note concernant la production alimentaire peut correspondre à une surexploitation ou à une sous-exploitation de la ressource. Chaque objectif est évalué par 4 facteurs, l’état actuel, la tendance, les pressions écologiques et sociales exercées et la résilience (naturelle ou soutenue par des politiques publiques).

L’indice se décompose en 10 catégories, de poids équivalent, regroupant chacune plusieurs dizaines de paramètres. Les 10 catégories mesurées sont : production alimentaire, pollution des eaux, produits naturels (de la pharmacopée aux coquillages), opportunités artisanales (potentiel de pêche pour les familles ou les petites entreprises), stockage de carbone (par les plantes et les habitats), protection côtière, valeur symbolique (par exemple existence d’une espèce emblématique), contribution aux revenus et emplois locaux, biodiversité, et enfin, tourisme et divertissement.

Un Index aujourd’hui basé sur l’ensemble des mers et océans

En 2012 et 2013 seules les zones économiques exclusives (ZEE) avaient été évaluées, cette année l’indice a aussi été développé pour les régions de l’Antarctique et les zones de haute mer. Ces dernières représentent 63% de la surface des eaux et 95% de son volume. Pour la première fois l’ensemble de l’océan a ainsi été évalué. Dans ces zones cependant, certains paramètres de l’indice liés à des activités humaines ne s’appliquent pas, le potentiel de capture du carbone par les plantes et les habitats n’a pas non plus été évalué.

La région Antarctique obtient un score de 72, avec une forte disparité selon les paramètres. Ainsi, la sous exploitation du krill induit pour le critère produits naturels une note de seulement 29, en revanche la qualité des eaux obtient la note maximale. Les hautes mers sont découpées en 15 zones, la note globale est de 67 mais il existe ici aussi une variabilité importante selon les thématiques et les régions.


Carte indiquant le score de l’Indice de Santé des Océans des 15 subdivisions des hautes mers. Les 3 subdivisions non représentées ont été évaluées à travers la région Antarctique
Crédits : Ocean Health Index


Si l’indice de santé des océans pour l’ensemble des ZEE moyenné sur les 3 dernière années est stable à 67, on retrouve néanmoins des évolutions diverses selon les pays. Aux Etats-Unis l’indice et en hausse, en particulier pour la catégorie correspondant aux produits naturels. En France l’indice s’est dégradé, à cause de la baisse de qualité des eaux et des potentialités de pêche mais aussi du fait d’une baisse du tourisme. Les variations de cet indice sont à considérer avec précaution car la méthodologie est encore en cours de consolidation. Cependant, on peut noter que les prévisions d’évolutions dans un futur proche sont négatives pour la capacité de stockage du CO2 mais stables pour les catégories pollution des eaux, protection côtière, biodiversité, contribution aux revenus et emplois locaux et positives pour les catégories production alimentaire, produits naturels, tourisme et divertissement, valeur symbolique et opportunités artisanales.

Sources :


- Site dédié à l’Indice de Santé des Océans : http://www.oceanhealthindex.org
- "Outcome Document - Open Working Group on Sustainable Development Goals" : http://sustainabledevelopment.un.org/focussdgs.html
- "L’Ocean Health Index, un indice de santé appliqué aux océans" - Bulletins Electroniques Etats-Unis 280 -02/03/2012- Marc Magaud - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69278.htm

Pour en savoir plus, contacts :

Pour un accès aux données ayant servi à l’établissement de l’Indice : http://ohi-science.org/
Code brève
ADIT : 76996

Rédacteurs :


- Clément Lefort : clement.lefort@ambascience-usa.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….