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Une étude commanditée par la Reason Foundation montre que les consommateurs d’alcool ont des revenus plus importants que les personnes abstèmes. Ce résultat prend le contre-pied des politiques anti-alcooliques et d’une certaine école de santé publique qui associe consommation d’alcool et perte de capital social.
Les auteurs, deux économistes, ont analysé les données de la General Social Survey, une base de données sociologiques compilée par le NORC (National Organization for Research and Computing, affilié à l’Université de Chicago). Selon ces données, un buveur a statistiquement des revenus supérieurs de 10% (homme) à 14% (femme) par rapport à un abstèmes du même sexe. Parmi les pratiques de boisson, le "social drinking", c’est-à-dire la fréquentation des lieux publics (bars, clubs) serait liée à un bonus supplémentaire de 7% chez les hommes, mais n’aurait aucun effet chez les femmes.
Les scientifiques avancent comme hypothèse explicative de ces observations le fait que les buveurs, d’une manière générale, développent un capital social plus important, le capital social étant défini comme "l’ensemble des liens et réseaux qui unissent des groupes et des personnes au sein de la communauté, qu’elle soit géographique et professionnelle". La boisson augmenterait les "occasions" et donc favoriserait les gains, particulièrement lorsqu’on s’y adonne en société. Ainsi, avertissent les auteurs, les restrictions à la consommation d’alcool auraient pour effet un repli de la boisson vers la sphère privé et produirait donc des effets néfastes sur l’économie. "Plutôt que d’essayer de décourager la boisson en société", concluent-ils en forme de provocation, "nous devrions peut-être l’encourager".
L’école de santé publique de Harvard n’est pas de cet avis. Elle a lancé un programme national (AMOD : A Matter Of Degree) destiné à sensibiliser l’opinion et les décideurs sur le problème particulier de l’excès d’alcool dans les "bringues" universitaires ("binge drinking"), à partir du suivi de 10 sites. Selon le NIAAA (NIH), l’excès d’alcool sur les campus est directement responsable chaque année d’environ 1700 morts, 600.000 blessés et près de 100.000 violences sexuelles parmi la tranche des 18-24 ans. Selon la Global Alcohol Database de l’OMS, la consommation d’alcool pur par tête d’habitants est de 8,5 litres par an (contre 13,5 en France, données de 2001).


Source :


- E-news : http://www.physorg.com/news77421798.html
- Bethany L. Peters and Edward Stringham, No Booze ? You May Lose : Why Drinkers Earn More Money Than Nondrinkers, Journal of Labor Research, Volume 27, Number 3, Summer 2006, 411 - 421
http://www.sjsu.edu/stringham/docs/Peters.and.Stringham.WhyDrinkersEarnMoreMoneyThanNonDrinkers.pdf (texte intégral) ou http://www.reason.org/pb44.pdf (rapport de la Reason Foundation)

Pour en savoir plus, contacts :


- Weitzman ER, Nelson TF, Lee H, and Wechsler H., Reducing drinking and related harms in college : Evaluation of the "A Matter of Degree" program, Am J Prev Med. 2004 ; 27(3). http://www.hsph.harvard.edu/cas/Documents/amod-pressRelease/amepre12631.pdf (texte intégral)
- Weitzman ER, Folkman A, Folkman KL, Wechsler H., The relationship of alcohol outlet density to heavy and frequent drinking and drinking-related problems among college students at eight universities. Health and Place (2003) ; 9:1-6, http://www.hsph.harvard.edu/amod/pdf/GIS.pdf (texte intégral)
- La définition du capital social : http://www.geneve.ch/agenda21/pme/doc/pdf_fiche13.pdf
Code brève
ADIT : 39178

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….