Approche originale pour réduire le temps de mise sur le marché d’un médicament

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Accera, entreprise de biotechnologies spécialisée dans la production de médicaments destinés à traiter les maladies dégénératives du cerveau (Alzheimer, Parkinson) teste une nouvelle stratégie pour accélérer la mise sur le marché de ses médicaments.

Une des composantes stratégiques majeures des entreprises pharmaceutiques et principalement celles de biotechnologies est le temps de mise sur le marché de leur produit. Ce délai durant lequel, l’entreprise dépense de l’argent pour sa recherche et développement mais ne génère pas de chiffre d’affaire est critique car il oblige l’entreprise à lever régulièrement des fonds jusqu’à l’obtention de l’approbation de la Food and Drug Administration dans le cas des Etats-Unis pour la commercialisation d’un produit. Accera a donc décidé d’adopter une stratégie permettant de contourner le passage par la FDA en élaborant son traitement contre la maladie d’Alzheimer comme un "aliment médical" et non comme un médicament.

Selon la FDA, un médicament est une substance destinée à diagnostiquer, prévenir, traiter une maladie ou affecter une structure ou une fonction du corps alors qu’un aliment médical est défini comme un aliment administré sous le contrôle d’un médecin pour gérer une maladie par un régime spécifique.

La plupart de traitements existants contre la maladie d’Alzheimer se concentrent sur la correction du déficit en acétylcholine (neurotransmetteur) qui est la cause directe des troubles de la mémoire. La stratégie d’Accera est plutôt de cibler en amont l’incapacité du cerveau à utiliser le glucose comme source d’énergie. Accera ne propose pas un traitement curatif mais un traitement palliatif grâce à son Ketasyn qui une fois métabolisé par le foie, produit des groupements cétone qui peuvent être utilisés comme source d’énergie par le cerveau même quand il ne métabolise plus le glucose.

Les avis sont mitigés sur cette stratégie. Certains pensent que l’adoption sera difficile auprès des médecins et patients car traiter une maladie aussi sérieuse avec un aliment médical peut paraître ridicule. D’autres au contraire pensent que le découragement vis-à-vis des traitements d’Alzheimer fait qu’une substance même si elle ne présente qu’une faible activité thérapeutique mérite d’être utilisée. Ce d’autant plus qu’elle est inoffensive et peut se coupler sans problèmes avec les médicaments classiques inhibiteurs d’acethylcholinesterase.

Les arguments d’Accelera sont malgré tout probants. Fondée en 2001, cette compagnie va démarrer la commercialisation du Ketasyn en novembre 2008 alors qu’aucun nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer ne sera disponible avant 2012. Elle est actuellement en train de lever 30 millions de dollars de capitaux privés et envisage d’atteindre 200 millions de chiffres d’affaire par an d’ici 4 ans qui permettront de financer la mise sur le marché de traitements contre les maladies de Parkinson et Huntington.

Les résultats de cette approche originale mériteraient d’être suivis ne serait-ce que parce qu’ils conditionneront l’avenir de la compagnie.

Source :

A Colorado biotech takes a novel approach to treating Alzheimer’s disease and to speeding its therapy to consumers, Daniel S Levine, The Journal of Life Science April/May 2008, p15-16

Pour en savoir plus, contacts :

Accera, http://www.accerapharma.com/index.php
Code brève
ADIT : 55849

Rédacteur :

Aline Charpentier, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….