Bulletin d’actualité Espace n°16-07

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ERRATUM

Débats autour du prochain budget de la NASA
Space News – 11 mars 2016
Vous trouverez ci-après la version correcte de l’article paru dans le numéro 16-06. Au lieu de 736 $, lire 736 M$.
Charles Bolden, administrateur de la NASA, a présenté au Sénat le projet de budget de l’agence pour l’année fiscale 2017, tel qu’inclus dans la requête budgétaire présidentielle (19 Md$).
Le sénateur Richard Shelby (républicain, Alabama), président du sous-comité Commerce, Justice et Science, a profondément regretté que ce budget ne reflète pas les priorités nationales en matière spatiale, notamment sur le volet relatif au développement du lanceur lourd SLS (Space Launch System). Le sénateur a en particulier pointé du doigt le montage financier proposé par l’Exécutif, qui prévoit le financement de certaines activités de la NASA pour un montant de 763 M$, au travers de coupes budgétaires ou d’augmentations des prélèvements de l’État fédéral dans d’autres secteurs.
Charles Bolden doit à nouveau témoigner sur le même sujet devant le sous-comité des appropriations pour le Commerce, la Justice et la Science de la Chambre le 15 mars et devant le sous-comité espace de la Chambre le 17 mars.

POLITIQUE

Le Space Development and Settlement Act
Parabolic Arc, 21 mars 2016
Le républicain Dana Rohrabacher (Rep-Californie) a introduit un projet de loi (Space Exploration, Development, and Settlement - SEDS Act of 2016) destiné à ancrer le développement d’infrastructures et la présence humaine permanente au-delà de l’orbite basse, comme l’un des objectifs de la NASA. Ce texte devrait être présenté à la commission pour la Science, l’Espace et la Technologie de la Chambre des Représentants.
Le texte est disponible en ligne

Soutien du Congrès aux activités de la FAA
Space Online Policy, 17 mars 2016
Le représentant Jim Bridenstine (R-Oklahoma), membre de la commission pour la Science, l‘Espace et la Technologie, ainsi que 17 autres membres du Congrès, ont adressé un courrier à la commission des appropriations afin de soutenir l’augmentation du budget du bureau du transport spatial de la Federal Aviation Administration (AST), telle qu’incluse dans la requête budgétaire présidentielle pour l’année fiscale 2017. La requête présidentielle prévoit un budget de 19,8 M$ en 2017, contre 17,8 M$ en 2016, et 16,6 en 2015).
Jim Bridenstine appuie une implication forte de l’AST pour les activités de réglementation des lancements spatiaux et les opérations de rentrée atmosphérique de nature commerciale, ainsi qu’un renforcement de son rôle dans les activités de gestion du trafic spatial et dans l’attribution de licences pour des missions spatiales commerciales, telles que l’extraction de ressources d’astéroïdes.

Réglementation en matière de vols spatiaux commerciaux
Parabolic Arc, 15 mars 2016
La publication en ligne Parabolic Arc présente un aperçu de la réglementation américaine mise en place depuis 2004 dans le domaine du vol habité commercial :

  • consultations préalables  : les sociétés peuvent consulter la FAA avant de soumettre leur demande de licence ;
  • double mandat  : la FAA a un double mandat de réglementation et de promotion du secteur spatial commercial naissant ;
  • permis  : les engins spatiaux sont testés sous des permis expérimentaux émis par la FAA. Cette dernière a 120 jours à compter de la date officielle de dépôt pour émettre ou refuser un permis ;
  • licences et non certificat  : la FAA accorde une licence à un engin spatial pour le transport de passagers, laquelle ne constitue pas une certification, comme cela se produit dans le domaine aéronautique ; la FAA a 180 jours à compter de la date officielle du dépôt de licence complète pour se prononcer ;
  • protection du public  : la mission de l’agence est de s’assurer que les tiers (donc autres que les passagers et équipages) ne soient pas victimes en cas d’accident lors d’un vol ;
  • période d’apprentissage  : un moratoire de huit ans concernant la réglementation relative à la sécurité de pilotes et des passagers a été décidé en décembre 2004 ; ce moratoire, qui a été étendu de trois ans en 2012 puis porté en 2015 par le Congrès jusqu’en 2023, vise à permettre aux entreprises d’expérimenter différents modèles de véhicules et différentes opérations de vol avant que le gouvernement ne mette en œuvre des mesures de sécurité strictes ; il n’est toutefois pas ferme et définitif, la FAA se réservant le droit de préciser certains points réglementaires si un accident venait à se produire ;
  • renonciation à recours  : les passagers d’un vol spatial volent sous un régime de consentement libre, avec acceptation des risques encourus ; un certain nombre d’États ont adoptés des lois interdisant aux touristes spatiaux blessés et leurs héritiers d’intenter une action en justice sauf dans les cas de faute grave ou intentionnelle ; avec le Space Act de 2015, le Congrès est allé encore plus loin en stipulant que les passagers devraient désormais signer une déclaration de renonciation réciproque à recours (waivers of claim) avec les fournisseurs de vol spatial.
  • juridiction fédérale  : le Space Act de 2015 donne au tribunal fédéral la compétence exclusive concernant les tierces parties ou les passagers spatiaux concernant les décès, dommage corporel, dégâts matériels ou le préjudice subi, résultant d’une activité effectuée sous licence.

Port Spatial en Alabama ?
Parabolic Arc, 14 mars 2016
Le sénat de l’Alabama a mis sur pied une « autorité en matière de ports spatiaux » qui rechercherait des financements pour la réalisation d’une étude sur la création d’une telle infrastructure sous licence fédérale dans l’État.

SÉCURITE ET DÉFENSE

Communications protégées et alerte anti-missiles
SpaceNews.com, 24 mars 2016
L’U.S. Air Force pourrait commander deux satellites additionnels de communications protégées et deux satellites d’alerte anti-missiles afin d’assurer la transition vers les nouvelles générations de satellites prévus à l’horizon 2020. Lockheed Martin Space Systems a déjà construit quatre des six prochains satellites de communications protégées, Advanced Extremely High Frequency (AEHF) et lancé deux des six satellites d’alerte infrarouge anti-missile, Space-Based Infrared Sysytem (SBIRS) commandés par l’U.S. Air Force.

Selon le Government Accountability Office (GAO), le programme SBIRS qui inclut deux satellites et deux capteurs déjà en orbite, ainsi que quatre autres satellites prêts à être lancés entre 2017 et 2021, coûte 19,2 Md$. Le coût du programme AEHF, avec trois satellites en orbite et quatre autres prévus pour lancement l’an prochain et deux satellites actuellement en production, est quant à lui estimé à 14,6 Md$.

Le DOD investit dans le contrôle de l’espace-atmosphérique
Space News, 23 mars 2016
Inquiets du développement par la Russie et la Chine de systèmes anti-satellites, le DoD, s’inscrivant dans la ligne de conclusions du Space Strategic Portfolio Review de 2014, entend investir 2 Md$ en 2016 dans des actions liées au contrôle de l’espace extra-atmosphérique. A noter que la requête budgétaire présidentielle pour l’année fiscale 2017 pour l’U.S. Air Force prévoit également des financements sur cinq ans en lien avec ce domaine, avec notamment une ligne budgétaire de 144 M$ dédiée au Counter Communications System (sécurisation de l’accès aux satellites de communications militaires) et 158 M$ pour le programme de défense et de sécurité spatiale (développement de capacités spatiales offensives).

Perte de DSMP19
SpaceNews.com, 24 mars 2016
L’U.S. Air Force a annoncé le 24 mars avoir définitivement perdu le contrôle du satellite DSMP 19 et a en conséquence réassigné le satellite DSMP 17 lancé en 2006, pour remplir les fonctions du satellite défaillant.

Le DOD sur la sellette
SpacePolicyOnline, 23 mars 2016
L’inspection générale du DOD a lancé une enquête sur la conformité de la passation de contrats par le DOD à United Launch Alliance.

LANCEURS ET LANCEMENTS

Cygnus s’envole
Space News, 22 mars
SpaceNews, 24 mars 2016
Une capsule Cygnus a été lancée avec succès à bord d’un Atlas 5 le 22 mars. United Launch Alliance procède au dépouillement des données du vol qui montrent, d’une part, un arrêt prématuré de 5 secondes du moteur RD-180 du premier étage et, d’autre part, une prolongation de 71 secondes du fonctionnement du moteur RL-10 du second étage.
Pour cette deuxième mission de ravitaillement de la Station Spatiale Internationale pour Orbital ATK en moins de quatre mois, Cygnus transportait plus de 3 tonnes de nourriture et matériel, dont une imprimante 3D, l’équipement Saffire-1 destiné à étudier la combustion en orbite, ainsi que plusieurs cubesats qui seront satellisés, avant la destruction de la capsule lors de sa rentrée atmosphérique.

500 secondes critiques pour le RS-25
International Space Fellowship, 11 mars 2016
La NASA et Aerojet Rocketdyne ont réalisé avec succès un essai de mise à feu de 500 secondes du moteur RS-25 destiné au futur Space Launch System (SLS). Le vol inaugural du lanceur lourd américain de nouvelle génération, d’une capacité d’emport trois fois supérieure à tout autre lanceur existant, est prévu en 2018 et le deuxième vol en 2021.

Qualification du moteur Rutherford
Parabolic Arc, 23 mars 2016
La société Rocket Lab a annoncé la qualification, après deux années de tests poussés incluant plus de 200 mises à feu, du moteur Rutherford destiné à son lanceur bas coût Electron. Ce moteur oxygène/hydrocarbure se distingue en particulier par le recours à l’impression 3D pour l’ensemble des principaux composants (y compris la chambre de combustion, les pompes, valves et injecteurs) et par l’utilisation de technologies innovantes pour l’entrainement de ses turbopompes.
Ciblant le marché des constellations en forte croissance, le lanceur Electron, dont le vol inaugural est prévu au second semestre, est configuré pour placer une charge utile de 150 kg en une orbite héliosynchrone.

Progrès dans la développement du Vulcan
SpaceFlight Insider, 25 mars 2016
Succès de la revue de conception préliminaire (PDR) de l’étage supérieur du nouveau lanceur Vulcan que United Launch Alliance (ULA) prévoit de lancer dès 2019. La version de l’étage soumise à cette PDR inclut deux moteurs BE-4 de Blue Origin.

La privatisation de Cap Canaveral se poursuit
SpaceFlight Insider, 21 mars 2016
Les premiers vols de transport d’équipage de Boeing et de SpaceX, respectivement avec le CTS-100 Starliner et le Dragon, sont prévus début 2017. Un bail de 20 ans a été signé entre la NASA et SpaceX afin d’aménager le complexe historique 39A de Cap Canaveral pour permettre le lancement du Falcon 9 et du Falcon Heavy. Le Complexe 41 est quant à lui en cours d’aménagement pour l’accueil de l’ensemble constitué du lanceur Atlas V d’ULA et du véhicule spatial Starliner.

STATION SPATIALE INTERNATIONALE

Le retour du Dragon
Space Flight Insider, 19 mars 2016
Le prochain lancement du vaisseau de ravitaillement Dragon de la société SpaceX par un Falcon 9 « full thrust version » est désormais prévu le 8 avril, depuis Cap Canaveral en Floride. Ce lancement qui s’inscrit dans le cadre du contrat de services commerciaux de réapprovisionnement d’un montant de 1,6 Md$ passé par la NASA, permettra notamment de tester en conditions réelles un habitat gonflable fabriqué par Bigelow Aerospace. Le précédent Dragon avait été perdu du fait d’un échec au lancement d’un Falcon 9, le 28 juin 2015.

SCIENCES DE L’UNIVERS

10 bougies pour MRO
The Space Reporter, 11 mars 2016
Le Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) de la NASA a fêté en mars de 2016 le dixième anniversaire de sa mise en orbite martienne, ses six instruments scientifiques étant toujours en parfait état de marche, alors que la durée de vie nominale du satellite n’était que de deux ans.
Cumulant plus de 45 000 révolutions autour de la planète rouge, le MRO a recueilli un volume de plus de 264 térabits de données, qui surpasse à lui-seul à l’ensemble des données recueillies par la NASA pour ses missions interplanétaires. MRO, qui est à l’origine de la publication de l’étude fin 2015 mettant en évidence la présence d’eau liquide salée sur Mars, assure aujourd’hui également une fonction de relais de données vers la Terre pour les véhicules martiens Curiosity et Opportunity.

TÉLÉCOMMUNICATIONS

La Navy partage ses infrastructures
Space News, 16 mars 2016
Un accord serait en passe d’être trouvé pour la fabrication du sixième satellite de communications en bande étroite de la constellation MUOS, Mobile User Objective System narrowband communications satellite, entre les États-Unis et un consortium de pays alliés. Le Canada, ainsi que l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni auraient manifesté leur intérêt pour ce projet, selon les termes duquel les pays participants obtiendraient l’accès intégral à la constellation MUOS de l’U.S. Navy, conçue pour fournir des communications de type « smartphone » avec une couverture quasi-mondiale.

L’US Air force a déjà mis en œuvre ce type de coopérations : l’Australie a investi quelque 700 M$ dans le satellite WGS-6, ce qui lui permet d’avoir en échange l’accès à l’intégralité de la constellation constituée à terme de dix satellites et le Danemark, le Canada, la Nouvelle Zélande, le Luxembourg et les Pays-Bas participent financièrement au développement du satellite WGS-9.

SECTEUR PRIVÉ

Risque de défaut de paiement partiel pour Intelsat
SpaceNews, 22mars
L’agence d’évaluation de credits Moody’s Investors Service a revu à la baisse la côte de crédit de l’opérateur de satellite Intelsat, estimant, même si la société dispose de fonds stables offrant des disponibilités suffisantes pour assurer le maintien de ses activités, qu’elle se rapproche dangereusement du risque de défaut de paiement. Après une baisse de revenus depuis plusieurs années qui devrait se poursuivre en 2016, cette société détenant une flotte de 50 satellites en orbite géostationnaire, escompte toutefois inverser la tendance avec sa nouvelle gamme de satellites Epic.

Des centaines de satellites pour Millenium Space Systems
Parabolic Arc, 14 mars 2016
Grâce à de nouveaux procédés de fabrication et à l’extension de ses ateliers situés à El Segundo en Californie, Millenium Space Systems s’est fixée pour objectif d’être en mesure de produire plusieurs centaines de satellites par an. La société entend en particulier mettre à profit les travaux initiés avec la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) dans le cadre du programme SeeMe destiné à développer une constellation constituée de 24 satellites d’observation de la terre en orbite basse d’une durée de vie de 60 à 90 jours.

TECHNOLOGIE

Poursuite des efforts de la DARPA en matière de maintenance en orbite
Parabolic Arc, 25 mars 2016
Le programme Robotic Servicing of Geosynchronous Satellites (RSGS) de la DARPA aborde la problématique de la maintenance des satellites en orbite géostationnaire sous différents angles :

  • éprouver les technologies d’un service robotisé en orbite, fiable, efficace et capable de s’adapter à une variété de missions différentes ;
  • démontrer la capacité de service sur des satellites opérationnels, en collaboration avec des opérateurs commerciaux et opérateurs institutionnels dont le Département de la Défense ;
  • soutenir le développement d’un satellite-robot de maintenance, capable d’assurer des douzaines de missions sur plusieurs années.

Le développement du satellite-robot financé dans le cadre d’un partenariat public-privé s’appuierait sur bras robotisé développé par la DARPA (Front-end Robotics Enabling Near-term Demonstration). Le service de maintenance serait commercialisé par un opérateur privé.

Orbital ATK se lance dans la maintenance en orbite
The Space Reporter, 11 mars 2016
Partant du constat que sur les quelques 380 satellites de communications actuellement en orbite, 70 pourraient bénéficier d’une extension de leur durée de vie grâce à des opérations de maintenance en orbite, Orbital ATK aurait investi plusieurs dizaines de millions de dollars dans la production de « modules orbitaux de service pour satellites ». Ceux-ci, après amarrage avec un satellite client, seraient destinés à assurer des opérations telles que le repositionnement, la reconfiguration pour de nouvelles missions, le ravitaillement en propergol, l’ajout ou le transfert de charges utiles. Une dizaine de ces modules orbitaux (ViviSat Mission Extension Vehicles ou MEVs) pourraient être lancés d’ici sept ou huit ans, avec un premier lancement en 2018. Chaque module, d’une durée de vie nominale de quinze à vingt ans, pourraient effectuer des opérations sur dix à quinze satellites.

137 projets de R&D dans le cadre du programme SBIR de la NASA
Parabolic Arc, 16 mars 2016
Sur les 323 propositions reçues, la NASA a sélectionné 137 projets portés par 117 entreprises ou instituts de recherche dans le cadre de l’appel à projets du programme Small Business Innovation Research (SBIR) lancé en 2015, dont la vocation technologique est de soutenir les futures missions d’exploration lointaine de l’agence. Les 134 projets en phase I recevront un financement global de l’ordre de 100 M$ et les trois propositions en Phase II recevront un financement global avoisinant les 3,8 M$.
Les propositions sélectionnées couvrent des domaines aussi variés que l’aéronautique, la science, l’exploration humaine ou les technologies spatiales.

Panneaux Solaires pour missions lointaines
Parabolic Arc, 17 mars 2016
Quatre projets, parmi une douzaine de propositions, ont été retenus par la NASA dans le cadre d’un appel à projets s’inscrivant dans le programme Game Changing Development, destiné à concevoir une nouvelle génération de panneaux solaires pour des missions lointaines. Les porteurs des projets retenus sont le JPL, le Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory of Laurel, Boeing et ATK Space Systems.
Les lauréats recevront une somme de 400 000 dollars destinée à financer durant neuf mois des études de conception préliminaire. Au terme de cette période, la NASA prévoit de sélectionner deux projets pour une deuxième phase avec une allocation de 1,25 M$. Un seul projet sera retenu pour la troisième et ultime phase.

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Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique
Service spatial – Bureau du CNES