Bulletin d’actualité Espace n°16-21

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POLITIQUE

Le NASA Transition Authorization Act
Spacenews, 16 septembre 2016
Le sénateur Ted Cruz (républicain, Texas), président du sous-comité spatial (au sein du comité du commerce), soutenu par des sénateurs républicains et démocrates, a déposé le 15 septembre un projet de loi transitoire d’appropriation pour la NASA (NASA Transition Authorization Act), destiné à préciser les orientations programmatiques qui guideraient la NASA au lendemain du changement de l’administration, après les échéances du 8 novembre 2016.

Le projet prévoit d’allouer 19,5 M$ à la NASA pour l’année fiscale 2017, montant en conformité avec le projet de loi de dépenses (appropriations) mis en avant par le sénat plus tôt dans l’année, avec un supplément de 200 M$ pour le programme d’exploration de la NASA.

Tout en demandant à la NASA d’étudier le prolongement de l’exploitation de l’ISS jusqu’en 2028 au moins, et d’identifier les problèmes techniques, les retombées scientifiques et les coûts qu’une telle extension pourrait engendrer, ce projet souligne la nécessité de prévoir une transition de gestion de la station spatiale internationale vers un régime où des sociétés privées seraient appelées à jouer un rôle majeur. Le projet de loi appelle également la NASA à développer un cadre stratégique pour l’exploration habitée de l’espace et la présence humaine au-delà de l’orbite terrestre basse : espace cislunaire, lune, surface de Mars et au-delà. Ce cadre devrait inclure une série d’objectifs devant mener à l’envoi d’êtres humains en orbite autour de Mars dans les années 2030, à l’identification de missions de préparation en espace cis-lunaire, à la définition du rôle de partenaires commerciaux et internationaux potentiels et des technologies nécessaires. Le projet de loi soutient également le développement du lanceur lourd Space Launch System et de la navette Orion, mais se montre très critique sur l’Asteroid Redirect Mission (ARM) activement soutenue par la NASA (cf. infra).

Une section du projet de loi, le Scott Kelly Human Spaceflight and Exploration Act invite en outre la NASA à suivre médicalement les astronautes, afin d’étudier les effets à long terme des vols spatiaux.

INTERNATIONAL

Rencontre entre la Chine et les Etats-Unis au sujet des débris spatiaux
Spacenews, 22 septembre 2016
Le secrétaire d’Etat adjoint pour le contrôle, la vérification et la conformité des armements, Frank A. Rose, a annoncé le 22 septembre que la Chine et les Etats-Unis prévoyaient d’ici la fin de l’année de nouveaux échanges sur les débris spatiaux. Pour mémoire, la première discussion entre les deux pays sur le sujet remonte au mois de mai, où un « échange franc » abordant les débris en orbite, la prévention des collisions ainsi que les systèmes anti-missile chinois s’était tenu à Washington.

Partenariat entre les Etats-Unis et le Canada sur un projet de surveillance de l’espace
Spacenews, 21 septembre 2016
L’Air Force et le Canada travailleraient actuellement sur un projet de mission de surveillance de l’espace destiné à prendre la suite du système Space Based Space Surveillance (SBSS), et qui devrait permettre aux Etats-Unis de bénéficier, grâce à une contribution canadienne, de capacités supplémentaires (notamment de satellites et de capteurs), tout en respectant les exigences de coûts du Pentagone, fixées à 400 M$. Pour mémoire, les deux pays ont déjà coopéré sur des programmes spatiaux de sécurité nationale, le Canada faisant partie du consortium des cinq Etats ayant investi dans le neuvième satellite du système de communications Wideband Global Satcom de l’Air Force, en échange de l’accès aux données fournies.
Le nouveau système, prioritaire pour la Défense – puisqu’il vise à surveiller l’orbite géosynchrone des satellites de détection de missiles ainsi que de commandement et de contrôle nucléaire, qui seraient de plus en plus menacés par la Chine et la Russie –, devait dans un premier temps être composé de trois satellites en orbite terrestre basse (en 2014), avant que l’Air Force n’envisage une approche différente (hosted payload). Depuis juillet 2016, l’Air Force s’est déclarée réceptive à toute approche respectant les exigences (de coût notamment) du DoD.
Le contrat pour le futur système devrait être passé à la fin de l’année 2017. D’ici là, le satellite de surveillance spatiale ORS-5 (SensorSat) en orbite terrestre basse dont le lancement est prévu pour la fin de l’année 2017, servirait de transition entre le SBSS actuel et le futur système qui le remplacera. Pour mémoire, le lancement en orbite terrestre basse héliosynchrone du SBSS actuel (le Block 10 Pathfinder) a été effectué en 2010, sa fin de vie nominale devant lui permettre d’être opérationnel jusqu’en 2019 environ.

Visite de la commissaire européenne Elżbieta Bieńkowska au siège de Planet à San Francisco
Prnewswire, 21 septembre 2016
Le 21 septembre, la commissaire européenne chargée du Marché intérieur, de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des PME, Elżbieta Bieńkowska, a rendu visite à la société de technologie spatiale Planet, dans son usine de fabrication et bureaux de San Francisco. La visite a permis de montrer les installations de production de satellites et de mettre en évidence une chaîne automatisée de données comprenant une constellation de plus de 65 satellites d’imagerie, un réseau mondial de stations terrestres, un pipeline de traitement de données infonuagiques, ainsi qu’un logiciel en ligne permettant aux utilisateurs d’analyser des images satellitaires en temps réel.

SÉCURITÉ ET DÉFENSE

Les systèmes spatiaux américains menacés
Spacenews, 28 septembre 2016
Lors d’une audition du sous-comité des forces stratégiques des services armés de la Chambre, des experts de la sécurité nationale ont déclaré que les Etats-Unis échouaient à appréhender de manière satisfaisante les menaces auxquelles étaient confrontés les systèmes spatiaux militaires. Les experts auditionnés ont notamment rappelé la nécessité de simplifier la structure organisationnelle de la sécurité nationale spatiale. Un rapport du Government Accountability Office (GAO) souligne à ce sujet qu’environ 60 organisations sont responsables de la sécurité nationale spatiale au sein du Département de la Défense (DoD), du Bureau exécutif du Président, et des différentes agences civiles et de renseignement, sans qu’aucune ne bénéficie d’une autorité hiérarchique dans la prise de décision.
Selon les experts interrogés, le DoD et le National Reconnaissance Office (NRO) devraient également réformer leurs politiques et stratégies d’acquisition, laquelle ne permet pas de renforcer la résilience des systèmes spatiaux. Ainsi, selon Martin Faga (ancien directeur du NRO, ancien secrétaire adjoint de l’Air Force pour l’espace, et co-auteur d’une étude classifiée, “National Security Space Defense and Protection,” publiée en août), dans un contexte où les adversaires des Etats-Unis cherchent à contrecarrer les opérations spatiales américaines, les capacités des communautés militaires et de renseignement à « acquérir, modifier, soutenir, ou remplacer les capacités spatiales devraient être plus flexibles et rapides qu’aujourd’hui ». Il conviendrait de privilégier de plus nombreux systèmes de moindre capacité pour davantage de résilience. Cet accent mis sur la fiabilité pourrait inciter l’armée à s’appuyer davantage sur le secteur privé.

Le Space Test Program de l’Air Force
Los Angeles Air Force Base, 2 octobre 2016
Spacenews, 30 septembre 2016

L’Air Force a publié un appel d’offres à l’intention de SpaceX et d’United Launch Alliance pour un service de lancement (incluant la production du lanceur, l’intégration de la mission, et le lancement à proprement parler) de la mission Space Test Program-3 (STP-3), qui sera attribué via un contrat à prix fixe. Les propositions devront être soumises avant le 2 décembre, le lancement étant prévu pour juin 2019.
La mission devrait comporter d’une part un satellite principal expérimental (STPSat-6) contenant deux charges utiles principales - l’Atmospheric Burst Reporting System-3 (SABRS-3) de la National Nuclear Security Administration et le Laser Communications Relay Demonstration (LCRD) de la NASA, ainsi que sept charges utiles scientifiques ou technologiques, et d’autre part un adaptateur de charge utile secondaire (propulsive EELV Secondary Payload Adapter) pouvant accueillir jusqu’à six charges utiles qui seront identifiées au plus tard douze mois avant le lancement.

Comment gérer au mieux les nouvelles capacités offertes par le futur Space Fence ?
Spacenews, 22 septembre 2016
Selon le lieutenant-colonel Putnam, commandant du 18th Space Control Squadron (chargé du suivi du catalogue des objets spatiaux de l’U.S. Strategic Command), avec la mise en service en 2018 du système Space Fence de suivi des objets spatiaux nouvelle génération (construit par Lockheed Martin à un coût de 900 M$), l’Air Force aura besoin de changer sa procédure d’avertissement des opérateurs afin de ne pas les surcharger d’alertes préventives. Space Fence devrait en effet permettre de détecter des débris de cinq centimètres (voire même d’un centimètre), les capacités de détection des systèmes actuels du DoD se limitant aujourd’hui aux objets supérieurs à dix centimètres. La nouvelle précision de Space Fence amènera par ailleurs l’Air Force à gérer les données de suivi de 200 000 objets, soit dix fois plus qu’aujourd’hui.
Au cours des trois premiers mois de l’année 2016, sur les 10 000 messages d’avertissement de risques de collision émis par le 18th Space Control Squadron, seuls 500 concernaient une probabilité supérieure à 1/100 000.

LANCEURS ET LANCEMENTS

La Chambre approuve à l’unanimité un projet de loi sur les spatioports
Parabolic Arc, 25 septembre 2016
Une proposition de loi du représentant Kevin McCarthy (républicain, Californie) autorisant la FAA à conduire des études visant à déterminer si la construction ou la modification d’infrastructures aux environs des ports spatiaux pourrait interférer avec la récupération ou le lancement de véhicules depuis des sites commerciaux, a été votée à l’unanimité à la Chambre. Le texte devra être validé par le Sénat pour entrer en vigueur.

Fin de la construction du complexe de lancement en orbite de Rocket Lab
Satellite Today, 27 septembre 2016
La société Rocket Lab, basée à Los Angeles, a annoncé l’achèvement de son premier complexe de lancement orbital, Launch Complex 1, situé sur la péninsule néo-zélandaise de Mahia. La localisation du site permet d’atteindre plusieurs orbites d’inclinaisons différentes (de 39° à des orbites héliosynchrones). Le faible trafic maritime et aérien permet aussi une fréquence élevée de lancements. Le site a reçu une licence valable pour 30 ans et la société ambitionne d’être en mesure de procéder à un lancement tous les trois jours.
Le complexe devrait accueillir le lanceur Electron de Rocket Lab pouvant envoyer dans le cadre de vols dédiés jusqu’à 150 kg de charge utile en orbite héliosynchrone à une altitude de 500 km. D’une masse de 10 tonnes, d’une hauteur de 16 m et d’1,2 m de diamètre, le lanceur est constitué de deux étages équipés d’un moteur Rutherford alimenté par pompe électrique et obtenu par impression 3D. La société travaille actuellement sur la qualification du premier étage, le deuxième étage ainsi que le moteur Rutherford ayant déjà validé la phase de qualification.
L’achèvement du complexe de lancement devrait permettre à la société de procéder au premier essai en vol du lanceur Electron, dont l’objectif de coût est fixé à 5,5 M$ (avec des services de lancement de petits satellites dès 4,9 M$), d’ici la fin de l‘année.
Rocket Lab aurait d’ores et déjà signé des contrats de lancement avec la NASA, Planet Labs (pour le lancement de petits satellites destinés à l’imagerie terrestre de haute définition), Spire et Moon Express (pour l’envoi l’année prochaine de son atterrisseur lunaire MX-1 à la fin de l’année prochaine).

Vers la certification du lanceur Vulcan d’ULA pour les missions de sécurité nationale
Spacenews, 27 septembre 2016
ULAlaunch.com, 28 septembre 2016

United Launch Alliance (ULA) et l’U.S. Air Force ont signé un accord devant permettre d’initier la procédure de certification par le DoD du nouveau lanceur Vulcan Centaur d’ULA, destiné à remplacer les lanceurs Atlas 5 et Delta 4. Avec le Falcon 9 de SpaceX, seuls ces deux derniers lanceurs sont actuellement certifiés par l’Air Force pour le lancement de charges utiles de sécurité nationale, la NASA possédant sa propre procédure interne pour la qualification des lanceurs de satellites américains à but scientifique.
ULA finance le développement du lanceur semi-réutilisable Vulcan, via des contributions provenant à la fois du secteur privé et de l’Air Force. La société participe également, avec Blue Origin, au développement du moteur BE-4 (alimenté par du méthane liquide). Pour mémoire, la décision sur le choix des moteurs qui équiperont Vulcan, entre le BE-4 et l’AR1 d’Aerojet Rocketdyne (actuellement en cours de développement et fonctionnant au kérosène) a été repoussée au printemps prochain. La NASA envisage également l’utilisation de l’AR1, dans lequel l’Air Force investit plus de 50 M$, pour la version améliorée du lanceur lourd en développement SLS.

STATION SPATIALE INTERNATIONALE ET VOL HABITÉ EN ORBITE BASSE

Comment assurer la desserte de l’ISS à partir de 2019 ?
The Space Review, 19 septembre 2016
SpaceFlightInsider, 15 octobre 2016

SpaceCom, 13 octobre 2016
Les deux contrats du programme Commercial Crew Transportation Capability (CCtCap), qui remonte à 2010 et dont le but est de développer des navettes destinées au transport des astronautes vers l’ISS, ont été attribués par la NASA à Boeing et SpaceX il y a tout juste deux ans. D’une valeur totale de 6,8 Md$ les contrats prévoient deux vols d’essais (habité et non habité) et l’envoi de six missions post-certification. L’objectif initial de la NASA, à savoir qu’au moins une des deux sociétés parvienne à procéder aux vols d’essais et à obtenir la certification pour les vols habités d’ici la fin de l’année 2017, apparait aujourd’hui quasiment inatteignable :
-  Boeing a d’ores et déjà reporté le vol d’essai non habité de son CST-100 Starliner en juin 2018 et le vol d’essai habité en août 2018 en raison de problèmes techniques (notamment sur la masse de la navette et les charges aéro-acoustiques placées sur le lanceur Atlas V) pour un premier vol post-certification d’ici décembre 2018. Des glissements supplémentaires ne sont d’ailleurs pas exclus.
-  L’explosion au sol du Falcon 9 le 1er septembre devrait impliquer un glissement dans le calendrier de SpaceX, lequel prévoyait jusqu’alors le vol d’essai non habité du Dragon v2, en mai 2017, et du vol d’essai habité en août 2017.
Il est d’ailleurs à noter que le rapport du 1er septembre du bureau de l’inspecteur général de la NASA concluait qu’il était improbable que SpaceX ou Boeing puisse procéder à des vols habités certifiés avant la fin de l’année 2018.
Pour mémoire, le contrat actuel de la NASA avec la Russie concernant le transport d’astronautes par fusées Soyouz ne vaut que jusqu’en 2018. Tout retard de SpaceX et Boeing au-delà de cette date engendrerait une perte d’accès temporaire à l’ISS, sauf si la NASA décidait très rapidement de commander quelques nouveaux vols habités sur Soyouz (le temps de montage par Roscosmos est de plus de deux années), une option onéreuse (montant unitaire de l’ordre de 82 M$) que l’administrateur de la NASA a récemment déclaré ne pas être d’actualité.

Premier séquençage d’ADN dans l’espace
Space.com, 19 septembre 2016
Kate Rubins, astronaute et biologiste de la NASA, est parvenue, pour la première fois de l’histoire, à séquencer de l’ADN dans l’espace. MinION, l’équipement utilisé pour cette opération, pourrait notamment permettre de diagnostiquer des maladies chez les astronautes lors de missions de longue durée vers Mars, d’identifier le développement de microbes sur l’ISS ou des formes de vie non terrestres basées sur de l’ADN. Enfin, les astronautes pourraient séquencer l’ADN pour comprendre comment les radiations spatiales affectent les gènes des organismes terrestres ou pour évaluer l’intensité de la dégénération des os et des muscles causée par la micropesanteur.

OBSERVATION DE LA TERRE

Contrat renouvelé entre DigitalGlobe et la National Geospatial-Intelligence Agency
Spacewar, 22 septembre 2016
La National Geospatial-Intelligence Agency a renouvelé pour la sixième fois consécutive son contrat d’achat d’imagerie par satellite EnhanceView avec DigitalGlobe. Le service fourni, qui permet l’accès pour les combattants et la communauté du renseignement, à des données de préparation de mission à haute résolution, de couverture mondiale, et disponible en ligne à la demande, vaudra pour un an. Seront ajoutées à ce service des données d’imagerie infrarouge à ondes courtes et d’imagerie multi-spectrale à huit bandes.

Multiplication des partenariats avec la National Geospatial-Intelligence Agency
Via Satellite, 28 septembre 2016
Dans la continuité des contrats passés avec l’industrie commerciale du renseignement géospatial (commercial GEOINT) en expansion, et en particulier avec les entreprises privées d’imagerie satellitaire, la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA) a signé un nouveau contrat (sept mois, 20 M$) avec Planet (anciennement Planet Labs) portant sur l’accès à de l’imagerie satellitaire de couverture mondiale mise à jour tous les 15 jours destiné aux agences de défense et de renseignement.
En 2016, les partenaires « New Space » de la NGA incluaient également la filiale Terra Bella de BlackSky Global et Google, et surtout DigitalGlobe via le programme EnhancedView. La NGA travaille également avec la General Services Administration (GSA) à la mise en place du programme CIBORG (Commercial Initiative to Buy Operationally Responsive GEOINT), dont le lancement est prévu pour le début de l’année 2017, et visant à fournir un accès rapide aux services d’imagerie commerciale.
Afin d’évaluer les services et données fournies par la GEOINT commerciale, la NGA et le National Reconnaissance Office (NRO) ont par ailleurs récemment créé le joint Commercial GEOINT Activity (CGA).

Succès du lancement du premier satellite Pathfinder-1 de la constellation BlackSky
Spacedaily, 28 septembre 2016
Le satellite de démonstration Pathfinder-1 de la société Spaceflight Industries a été lancé avec succès en orbite héliosynchrone par le lanceur indien PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle). Ce satellite constitue un précurseur de la constellation BlackSky, sur laquelle la société travaille depuis 2013, qui devrait compter 60 satellites. Les satellites d’imagerie Pathfinder, d’une masse de 50 kg, sont conçus pour cartographier des scènes de 4,4 km sur 6,6 km avec une résolution d’un mètre. Le lancement du deuxième satellite de démonstration Pathfinder-2 est prévu depuis la base Vandenberg de l’Air Force à bord d’un Falcon 9 de SpaceX.
Le lancement des trois premiers satellites opérationnels est prévu pour 2017, la mise en orbite de la constellation complète étant estimée à 2020. Une fois déployée, la constellation BlackSky ambitionne de fournir avec une répétitivité élevée des images en temps quasi réel (en 90 minutes) pour un prix de 90 $ la scène.

Premières images des quatre nouveaux satellites de la constellation SkySat de Terra Bella
Via Satellite, 28 septembre 2016
La filiale Terra Bella de Google a publié les premières images obtenues par les satellites 4 à 7 de la constellation SkySat lancés le 15 septembre par Vega. Six autres satellites devraient être lancés d’ici la fin de l’année par un lanceur Minotaur.

NAVIGATION

Attribution du contrat de production des satellites 9 et 10 du programme GPS III à Lockheed Martin
GPSdaily, 22 septembre 2016
GPS daily, 26 septembre 2016
Via Satellite, 22 septembre 2016
Spacenews, 21 septembre 2016

Lockheed Martin Space Systems (contractant principal du programme GPS III) a obtenu 395 M$ de la part du Space and Missile Systems Center de l’U.S. Air Force dans le cadre d’une modification de contrat devant permettre la commande de deux satellites supplémentaires (les modèles de vol 9 et 10) de la constellation GPS III. Leur production s’effectuera dans le Colorado, la date d’achèvement des travaux étant fixée à août 2022. Le contrat initial de production des 8 premiers satellites, passé en 2008, était de 3,6 Md$.
Le système de satellites nouvelle génération de l’Air Force GPS III vise à améliorer les services de positionnement, de navigation et de synchronisation tout en présentant des capacités anti-brouillage avancées ainsi qu’une meilleure précision, fiabilité et sécurité du système. La conception modulaire du système devrait également permettre de simplifier l’insertion des nouvelles technologies dans la ligne de production.
A partir du onzième satellite de la constellation, Lockheed Martin sera mis en compétition avec Boeing et Northrop Grumman pour l’obtention des contrats des 22 satellites suivants (entre 8 et 12 devraient concerner un premier contrat).
Le lancement du premier satellite de la constellation n’est pas prévu avant l’année prochaine.

MARS

La ruée vers Mars
Space Review, 26 septembre 2016
SpaceFlightInsider, 26 septembre 2016
SpaceCom, 27 septembre 2016

Alors qu’Elon Musk présentait le 27 septembre son projet de système de transport interplanétaire lors de la 67ème conférence de la fédération astronautique internationale à Guadalajara au Mexique (cf. article spécifique), les sociétés Boeing, Orbital ATK et Lockheed Martin, ont également précisé leur ambition en matière de vol habité vers Mars.
Pour mémoire, les trois sociétés, tout comme to Bigelow Aerospace, Sierra Nevada Corporation et NanoRacks, avaient été sélectionnées en août par la NASA dans le cadre de son programme Next Space Technologies for Exploration Partnerships 2 (NextSTEP-2) pour étudier des concepts d’habitats cis-lunaires constituant une étape inscrite dans le cadre de l’initiative A Journey to Mars.
Boeing a présenté lors d’une conférence organisée fin septembre à Long Beach, en Californie, sa vision A path to Mars, une approche par étape avec une emphase particulière sur le développement d’un habitat en orbite cis-lunaire destiné en particulier à tester les équipements pour des missions lointaines et à entrainer les astronautes pour des vols de longue durée. Les différents éléments de cet habitat cis-lunaire (deux modules habitables, un sas, un module logistique et un module d’alimentation et de propulsion) seraient transportés dans le cadre de plusieurs missions déjà prévues du lanceur lourd SLS, version Block 1B pour un assemblage en orbite, avec la perspective de permettre des missions durant jusqu’à six mois, à l’horizon 2025. Au cours de la seconde partie de la décennie 2020, les missions habitées permettraient de tester l’ensemble des fonctions de soutien à la vie, d’habitabilité, de logistique, etc. dans un environnement représentatif des longs voyages sidéraux. Les premières missions en orbite martiennes pourraient être lancées au début de la décennie 2030 avec un atterrissage sur la planète rouge au milieu ou en fin de la décennie 2030.

Orbital ATK développe une approche quelque peu similaire avec un projet d’habitat cis-lunaire reposant sur une version adaptée de son véhicule cargo Cygnus. Cet habitat ouvert à la fois à la coopération internationale et au secteur privé, au secteur privé qui serait utilisé comme banc d’essai pour éprouver les technologies nécessaires à des missions plus lointaines, pourrait également accueillir des missions habitées. Complété de modules d’habitation et de propulsion il pourrait ultérieurement éventuellement être employé pour une mission vers Mars (vidéo).

Le projet Mars Base Camp de Lockheed Martin prévoit l’assemblage et les tests d’un véhicule destiné à effectuer une première mission en orbite martienne, avec des excursions vers Phobos et Deimos dès 2028. Ce véhicule serait constitué de modules habités et de laboratoires disposés de part et d’autre d’un nœud central, avec des capsules Orion arrimées à chaque extrémité. Le déploiement de cet ensemble nécessiterait le recours au lanceur lourd SLS, Block 2, dont le développement demeure à ce stade à confirmer.

La NASA va de l’avant sur la mission ARM en dépit de réserves du Sénat
Spacenews, 16 septembre 2016
Spaceflight Insider, 19 septembre 2016
Space daily, 22 septembre 2016

Le 14 septembre, l’assistant du Président pour la Science et la Technologie, John P. Holdren a réaffirmé son soutien à l’Asteroid Redirect Mission (ARM), soulignant que cette mission constituait une étape clef de la vision « ambitieuse, cohérente et systématique » du Président Obama et de la NASA ayant pour objectif d’étendre l’exploration habitée de l’espace.
Le JPL a publié le 22 septembre un appel d’offres pour la conception, le développement et la fabrication du robot spatial devant permettre, dans le cadre de la première partie du programme ARM, la capture d’un astéroïde situé dans l’espace lointain. Ce robot devra également récupérer des échantillons permettant de comprendre l’origine du système solaire et d’étudier la possibilité d’activités minières commerciales. Les propositions pour cet appel d’offres, ouvert aux quatre sociétés ayant été sélectionnées pour des travaux préliminaires sur ce sujet (Lockheed Martin Space Systems, Space Systems/Loral, Boeing Satellite Systems, et Orbital ATK), devront être déposées avant le 24 octobre, l’attribution du contrat pour la construction et la livraison du système étant prévue pour 2017.
Pour mémoire, le projet NASA Transition Authorization Act déposé le 15 septembre 2016 (cf. supra) demande à la NASA de remettre au Congrès six mois après son adoption, une étude réévaluant l’Asteroid Redirect Mission (ARM), avec présentation d’alternatives incluant en particulier le transfert au secteur privé des activités en lien avec l’ISS.

Extension de la mission du véhicule martien Curiosity
Spaceflight Insider, 6 octobre 2016
Dans le cadre de l’extension de deux ans de sa mission, dont la prolongation a débuté le 1er octobre, le véhicule martien Curiosity de la NASA a initié son parcours depuis les buttes Murray (au pied du Mont Sharp où Curiosity avait commencé ses recherches) vers des zones argileuses et hématiques situées en amont de la formation Murray (qui s’étend sur 180 m de hauteur). Celle-ci constitue le dernier site de forage en date de Curiosity, lequel a aujourd’hui atteint près de la moitié de la formation et mis en évidence sa constitution principalement argileuse. La moitié supérieure de la formation devrait être étudiée durant la première année de l’extension de la mission.
Depuis son arrivé sur Mars en 2012, Curiosity a généré plus de 180 000 images. La NASA pourrait envisager de nouveaux prolongements afin de continuer l’exploration du Mont Sharp.

Le moteur Raptor de SpaceX
SpaceCom, 26 septembre 2016
NasaSpaceFlight, 3 octobre 2016

Le 26 septembre Elon Musk a annoncé par un tweet avoir effectué avec succès une mise à feu du nouveau moteur Raptor destiné à équiper le futur lanceur interplanétaire de SpaceX.
La revue en ligne NasaSpaceflight a mis en ligne le 3 octobre un dossier sur ce moteur.

La Mars Society lance une mission d’étude dans le désert de l’Utah
Space.com, 24 septembre 2016
Une équipe internationale de sept personnes a débuté un séjour de 80 jours à la Mars Desert Research Station (MDRS) dans le désert de l’Utah, dans le cadre d’un projet porté la Mars Society (entité à but non lucratif). L’équipe, dirigée par le Français Alexandre Mangeot, conduira une série de campagnes d’exploration et d’expériences de recherche, notamment dans les domaines de la géologie, la paléontologie et la microbiologie, afin de perfectionner les capacités et stratégies nécessaires aux futurs explorateurs de Mars. L’équipe devrait ensuite poursuivre sa mission en 2017 à la Flashline Mars Arctic Research Station de la Mars Society au Nord du Canada, pour un nouveau séjour de 80 jours.
Ces deux missions ne constituent pas des expériences en isolement, contrairement aux missions telles que le projet Mars500 porté par les Etats russe, chinois et européens, qui a consisté à maintenir six membres d’équipage à l’intérieur d’une infrastructure à Moscou pendant 520 jours en 2010 et 2011.

EXPLORATION ET SCIENCES DE L’UNIVERS

Thomas Zurbuchen prend la direction des missions scientifiques de la NASA
Space Policy Online, 27 septembre 2016
Thomas Zurbuchen, professeur de sciences spatiales et d’ingénierie aérospatiale à l’université du Michigan, a été nommé administrateur associé pour la direction des missions scientifiques de la NASA, structure supervisant les programmes de l’agence dans les domaines de l’astrophysique, de l’héliophysique et des sciences planétaire et terrestre, dotée d’un budget annuel de l’ordre de cinq milliards de dollars. M. Zurbuchen succède ainsi à John Grunsfeld, à la retraite depuis le mois d’avril.

Extension de la mission d’observation du soleil IRIS
Spacedaily, 22 septembre 2016
La NASA a décidé la prolongation jusque septembre 2018 de la mission de l’observatoire spatial IRIS (Interface Region Imaging Spectrograph), qui depuis son lancement en juin 2013 a d’ores et déjà permis d’acquérir plus de 24 millions d’images ou mesures spectrales du Soleil, lesquelles ont conduit à la rédaction de plus de 115 articles scientifiques. Une nouvelle extension jusque septembre 2019 serait également envisagée.

TECHNOLOGIE

Mission de retrait de débris pour 2017
Via Satellite, 29 septembre 2016
Parabolic Arc, 30 septembre 2016

Le consortium RemoveDebris a passé un contrat de lancement à la société NanoRacks pour le déploiement depuis l’ISS en juin 2017 de satellites destinés à une mission de démonstration de retrait de débris spatiaux. Le consortium RemoveDebris, créé en 2013 et au sein duquel travaillent plus de soixante personnes, se compose d’Airbus Defence and Space, d’Airbus Safran Launchers, de Surrey Satellite Technology Limited (SSTL, UK), d’Innovative Solutions In Space (ISIS, Pays-Bas), de CSEM (Suisse), d’Inria (France) et de l’Université Stellenbosch (Afrique du Sud).
S’appuyant sur un financement du programme cadre de recherche de l’Union européenne, la mission prévoit le lancement d’un satellite de cent kilogrammes destiné à tester quatre technologies différentes de retrait de débris, à l’aide de quatre cubesats compagnons de vol du satellite principal.
-  capture par filet (Airbus DS, Brême) ;
-  capture par harpon sans génération de débris additionnels (Airbus DS Stevenage) ;
-  capture après rendez-vous (Airbus DS Toulouse, Inria et CSEM) ;
-  désorbitation grâce à l’emploi d’une large voile de ralentissement (SSC).

Lancement de l’iTech Initiative de la NASA dans le cadre de l’exploration martienne
Marsdaily, 22 septembre 2016
Spaceflight Insider, 30 septembre 2016

La NASA a lancé le programme iTech, destinée à permettre aux autres agences gouvernementales, au secteur académique et au secteur privé, de relever le défi technologique dans cinq domaines clefs en lien avec l’initiative A Journey to Mars : protection contre les radiations, assistance à la vie dans l’espace, santé des équipages, propulsion dans l’espace, et mesure à très haute résolution des principaux gaz à effet de serre. Dix propositions soumises dans le cadre de ce programme seront retenues pour être présentées lors de l’iTech Forum qui se tiendra à la NASA du 5 au 8 décembre, les trois meilleures propositions bénéficiant d’un contrat d’assistance de six mois.

Renouvellement du partenariat entre le JPL et le National Cancer Institute
spaceref.com, 20 septembre 0216
Le JPL et le National Cancer Institute (NCI) ont prolongé jusqu’en 2021 leur partenariat de recherche portant sur la mise à profit par la NCI de l’expérience de la NASA dans la gestion et l’exploitation de données en masse.

ÉDUCATION

Opportunités de vols gratuites pour quatre projets estudiantins
ULAlaunch.com, 20 septembre 2016
Dans le cadre de son nouveau programme de partage de lancement CubeCorp, United Launch Alliance (ULA) a octroyé des opportunités de vol gratuites à bord des missions Atlas V à venir à quatre projets de cubesat estudiantins. Les lauréats sont issus de l’université du Texas à El Paso, de l’université de Louisiane à Lafayette, de l’université Purdue (Indiana) et de l’université du Michigan.