Bulletin d’actualité Espace n°17-14

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Politique

La Chambre vote un amendement permettant à la NASA et aux sociétés privées américaines de continuer à recourir aux moteurs russes RD-180
Space Policy Online, 15 juin 2017
Spacenews, 15 juin 2017

Le 15 juin, afin de corriger une “conséquence non-intentionnelle” d’un projet de loi (Countering Iran’s Destabilizing Activities Act of 2017, S. 722) mettant en place des sanctions contre la Russie et l’Iran qui aurait pu empêcher l’importation de moteurs russes pour les lancements civils et commerciaux, un amendement (SA 250) a été introduit précisant que le projet de loi n’avait pas pour vocation d’empêcher les fournisseurs de lancements du secteur privé d’utiliser des moteurs russes pour les lancements des charges utiles de la NASA ou du secteur commercial.
Le sénateur John McCain (républicain, Arizona), opposé à l’emploi de moteurs russes RD-180 pour les lancements de sécurité nationale à bord des fusées Atlas V d’ULA, s’est exprimé contre l’amendement, élargissant ses exigences aux clients civils et commerciaux. Utilisant les mêmes arguments que lors du débat sur les RD-180, à savoir que l’achat de moteurs russes enrichissait le régime de Vladimir Poutine et alimentait le complexe militaro-industriel russe, le sénateur a indiqué que la NASA devait suivre le chemin qui avait été entrepris par le DoD afin d’éliminer la dépendance russe tout en encourageant la concurrence entre les sociétés privées américaines. Le promoteur de l’amendement, le sénateur Cory Gardner (républicain, Colorado) a pour sa part mis en avant le fait que mettre un terme à la dépendance de la NASA vis-à-vis de la Russie constituait précisément l’objet de l’amendement, mais que, tout comme dans le cas du DoD, cette transition nécessitait du temps.
L’Atlas V d’ULA est aujourd’hui utilisée pour certains lancements du vaisseau Cygnus d’Orbital ATK vers l’ISS, pour les missions scientifiques de la NASA et les satellites météorologiques de la NOAA, et devrait être utilisée dans le futur pour lancer le Dream Chaser de Sierrra Nevada (transport de fret) et le CST-100 Starliner de Boeing (transport d’astronautes).
Orbital ATK utilise également des moteurs russes RD-181 pour équiper son lanceur Antares, utilisé pour les lancements Cygnus vers l’ISS.
Pour entrer en vigueur, le projet de loi doit désormais être voté par la Chambre et signé par le président.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-09.

International

Forums sino-américains en sciences spatiales
Site du Lunar and Planetary Institute, 14 juin 2017
Le Space Studies Board des Académies nationales pour les Sciences, l’Ingénierie et la Médecine, ainsi que le National Space Science Center de l’académie chinoise des sciences ont lancé un appel à candidature ouvert pour participer aux septième et huitième forums sino-américains des nouveaux leaders en science spatiale, lesquels seront dédiés à l’astronomie et l’astrophysique ainsi qu’à la physique spatiale et solaire et se tiendront respectivement les 23-24 janvier 2018 à Canton et les 12-13 juillet 2018 à Pasadena.
Cet événement a été initié en 2014 afin d’offrir des opportunités à des jeunes scientifiques des deux pays de discuter de leurs activités de recherche.

Poursuite du recours aux Soyouz pour le transport des astronautes vers l’ISS après 2019 ?
Cf. Station Spatiale Internationale et vol habité en orbite basse

Sécurité et Défense

De futures restrictions pour l’Air Force dans son soutien au développement de nouveaux lanceurs ?
Space News, 27 juin 2017
Une version non définitive du National Defense Authorization Act (NDAA) pour l’année 2018, en discussion au Congrès, instaure des limitations quant à la nature du soutien de l’Air Force pour le développement de systèmes de transport spatiaux dans le cadre du programme Evolved Expendable Launch Vehicle. L’Air Force aurait l’obligation de limiter son soutien aux nouveaux moteurs, leur intégration au sein de lanceurs et aux moyens connexes nécessaires pour soutenir les lancements en lien avec la sécurité nationale, à l’exclusion du développement de nouveaux engins de lancement. Le texte précise que le financement de systèmes de propulsion (tels que les moteurs de premier étage) resterait permis, alors que le financement d’un étage supérieur, d’un booster d’appoint ou d’infrastructures en lien avec ces éléments, deviendrait prohibé. Concrètement, ce texte, s’il était définitivement adopté, permettrait la poursuite du financement du développement de l’AR1 d’Aerojet Rocketdyne mais limiterait le soutien que l’Air Force pourrait apporter au développement du lanceur Vulcan d’ULA. Le DoD aurait exprimé son désaccord sur ces clauses, estimant qu’elles l’obligeraient à mettre un terme aux développements en cours et à se reposer entièrement sur le Delta 4 d’ULA et le Falcon 9 de SpaceX.
A noter qu’un rapport indépendant remis récemment à la Chambre aurait conclu qu’en dépit des problèmes récemment rencontrés (perte d’un bloc d’équipements de puissance lors d’un essai au sol en mai derniers), Blue Origin serait plus avancé dans le développement de son nouveau moteur BE-4 qu’à Aerojet Rocketdyne ne le serait avec son moteur AR1
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-11.

L’avion spatial XS-1 développé conjointement par la DARPA et Boeing
Spaceflight now, 13 juin 2017
L’avion suborbital réutilisable XS-1 ou Experimental Spaceplane, aussi appelé Phantom Express par Boeing, développé conjointement par Boeing et la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) pourrait être lancé et atterrir de Cap Canaveral en 2020. Boeing, qui n’a pas précisé combien il investissait en propre sur ce programme conjoint, a remporté en mai dernier un contrat de 146 M$ face à ses concurrents Northrop Grumman et Masten Space Systems pour concevoir et tester le véhicule (phases 2 et 3).
Le XS-1 est conçu pour décoller verticalement, sans équipage, larguer un premier étage consommable destiné à placer en orbite terrestre basse des satellites pesant jusqu’ 1360 kg, avant de revenir se poser pour entretien et réutilisation. Véhicule hybride entre un lanceur conventionnel et un avion traditionnel, le XS-1 est destiné à réduire les coûts de lancement d’un facteur dix et à pallier à l’attente précédant l’obtention d’un lancement pour fournir un service de lancement à la demande. Le Département de la Défense envisage effectivement le recours au XS-1 en cas de nécessité de remplacer un satellite commercial ou miliaire perdu, avec un préavis de seulement quelques jours, avec des coûts d’exploitation réduits à 5 M$ par vol.
Boeing étant revenu sur son choix initial de faire appel à Blue Origin pour la propulsion du XS-1, le XS-1 devrait être équipé d’un unique moteur AR-22 d’Aerojet Rocketdyne fonctionnant à l’oxygène et à l’hydrogène liquide, lesquels seront conçus au centre spatial Stennis de la NASA à partir des anciens moteurs équipant les navettes spatiales. L’AR-22 sera testé avec dix mises à feu en dix jours jours afin de vérifier sa préparation aux vols d’essais.
La Phase 2 du programme XS-1 comprend la conception, la construction et les essais d’un véhicule de démonstration technologique jusqu’en 2019. La Phase 3 devrait comprendre 12 à 15 vols d’essais, aujourd’hui prévus pour 2020. L’objectif final étant de voler dix fois sur dix jours consécutifs, d’abord sans charge utile et à des vitesses allant jusqu’à Mach 5. Les vols d’essais suivants devront permettre d’atteindre des vitesses allant jusqu’à Mach 10 et placer en orbite terrestre basse une charge utile de démonstration d’une masse pesant entre 400 et 1360 kg.
La DARPA envisage de communiquer certaines données obtenues par les essais du XS-1 à d’autres sociétés de lancement intéressées par les concepts du programme XS-1.
L’avion spatial X-37B de l’U.S. Air Force, de design similaire au the XS-1 mais aux fonctions différentes, est également construit par Boeing.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-12.

Une Atlas V 551 d’ULA pour le lancement de la mission STP-3 de l’Air Force
Spacenews, 29 juin 2017
Spaceflight now, 30 juin 2017
Spaceflight Insider, 1er juillet 2017

L’Air Force a passé un contrat de 191 M$ (dont 185 M$ seront fournis via les financements destinés aux acquisitions spatiales de l’année fiscale 2017) avec United Launch Alliance (ULA) pour la mission géostationnaire Space Test Program-3 (STP-3), le lancement devant être assuré en juin 2019 par une Atlas V de configuration 551 depuis le complexe de lancement 41 de Ia station de l’Air Force à Cap Canaveral
La mission STP-3 prévoit la mise en orbite du véhicule spatial Space Test Program Satellite 6 (STPSat-6) qui emportera le système expérimental de détection d’explosion nucléaire Space and Atmospheric Burst Reporting System-3 (SABRS-3) de la National Nuclear Security Administration ainsi que le système de démonstration de relais de communications laser (LCRD) de la NASA, ainsi qu’un adaptateur (integrated propulsive EELV Secondary Payload Adapter ou ESPA) sur lequel, pourront être fixés jusqu’à six charges utiles secondaires, dont le détail sera révélé un an avant le lancement.
Ce contrat entre dans le cadre de la stratégie d’acquisition de phase 1A de l’Air Force, visant à encourager la concurrence pour le programme Evolved Expendable Launch Vehicle (EELV) de l’Air Force et qui devrait couvrir jusqu’à 15 appels d’offres de lancement jusqu’en 2019 (STP-3 constituant le troisième), date à laquelle le Département de la Défense espère pouvoir bénéficier de plusieurs fournisseurs de services de lancement. SpaceX et ULA sont les deux seules sociétés certifiées pour les lancements de classe EELV à ce jour. SpaceX, qui a proposé un lancement pour la mission STP-3 via son lanceur Falcon Heavy, lequel n’a pas reçu à ce stade de certification pour procéder à des lancements pour le compte de la Défense et dont le premier vol n’a pas encore eu lieu, n’a pas été retenu.
Pour mémoire, ULA avait lancé la première mission Space Test Program en mars 2007, laquelle constituait la première mission du programme EELV ainsi que le premier vol d’une fusée Atlas V.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°16-21.

Lanceurs et Lancements

Grâce à SpaceX, les Etats-Unis en tête du nombre de lancements dans le monde pour le 1er semestre 2017
Parabolic Arc, 29 juin 2017
Le secteur privé américain a effectué 13 (9 pour SpaceX, 3 pour Atlas V et 1 pour Delta 4) des 39 lancements réussis effectués dans le monde durant le premier semestre 2017. Ce premier semestre a également vu le premier lancement, soldé par un échec, de la fusée américano-néo-zélandaise Rocket Lab (deux autres lancements se sont soldés par un échec total ou partiel).
L’Europe se place quant à elle en quatrième position après la Russie et la Chine avec 5 lancements (4 par Ariane V et 1 par Vega).
Note connexe précédemment publiée : Lancements américains en 2016.

Succès du lancement par un Falcon 9 d’un satellite géostationnaire bulgare et de la récupération du premier étage du lanceur
AmericaSpace, 23 juin 2017
Space News, 23 juin 2017

SpaceX a lancé avec succès depuis le pas de tir 39A de Cap Canaveral le 23 juin le satellite géostationnaire de quatre tonnes BulgariaSat et est parvenu à récupérer le premier étage du lanceur sur une plate-forme flottante située dans l’océan Atlantique. Il s’agissait du deuxième lancement avec un Falcon réutilisant un premier étage déjà employé (en l’occurrence en janvier dernier pour le lancement d’une grappe de satellites Iridium NEXT), la première réutilisation ayant eu lieu en mars dans le cadre du lancement du satellite SES-10.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-07.

Succès du lancement de dix satellites Iridium NEXT supplémentaires et de la récupération du premier étage du lanceur
Space News, 25 juin 2017
Spaceflight Insider, 25 juin 2017
Spaceflight Now, 25 juin 2017

Le 25 juin SpaceX a lancé avec succès depuis le pas de tir de Vandenberg en Californie une grappe de dix satellites Iridium NEXT et est parvenu à récupérer le premier étage du lanceur sur une plate-forme flottante située dans l’océan Pacifique. Le lanceur Falcon 9 utilisé était équipé d’un premier étage non-réutilisé.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-04.

Le point sur les évolutions du Falcon 9, le Falcon Heavy et la réutilisation des boosters
Space News, 27 juin 2017
Gwynne Shotwell, présidente et CEO de SpaceX a annoncé le 22 juin que la version Block 5 du lanceur Falcon 9 succèderait fin 2017 à la version Block 4s, laquelle devrait effectuer son vol inaugural sous peu. La version Block 5 devrait être utilisable une douzaine de fois, sans reconditionnement, alors que l’actuelle version 3S n’est prévue que pour deux ou trois vols. Bien que la version Block 5s ait été qualifiée de version ultime du lanceur Falcon 9, Gwynne Shotwell a laissé entendre que le moteur Raptor pourrait être utilisé pour une version ultérieure.
Gwynne Shotwell a également précisé qu’un premier vol de démonstration sans charge utile du Falcon Heavy était prévu dans le courant de cette année, suivi par le lancement d’un satellite géostationnaire de télécommunications d’Arabsat puis du satellite STP-2 de l’Air Force, les deux vols étant prévus en début d’année 2018. Le début des vols du Falcon Heavy est conditionné à la remise à niveau du pas de tir 40 de Cap Canaveral (annoncée dans le courant de l’été), après l’explosion d’un Falcon 9 en septembre dernier. Une fois cette opération achevée, les lancements du Falcon 9 seront alors transférés vers le pas de tir 40, laissant le champ libre au Falcon Heavy pour ses lancements depuis le pas de tir 39A.
SpaceX pourrait lancer un total de cinq ou six lanceurs Falcon 9 avec des premiers étages « éprouvés en vol » (deux lancements de ce type en date du 27 juin, avec SES-10 en mars et BulgariaSat-1 le 23 juin). Le lancement d’un minimum de trois premiers étages éprouvés en vol avec le lanceur Falcon et de deux boosters d’appoint avec le lanceur Falcon Heavy, permettrait à SpaceX de faire mieux que son objectif initial de lancer six boosters éprouvés en vol en 2017.
Gwynne Shotwell a souligné que SpaceX devrait produire plus de vingt lanceurs en 2017 contre six il y a trois ans.

Projet de construction d’une usine de fabrication de BE-4 de Blue Origin en Alabama
Parabolic Arc, 26 juin 2017
Space News, 27 juin

Blue Origin prévoit de fabriquer ses moteurs BE-4 dans une nouvelle usine de production à Huntsville, en Alabama (Cummings Research Park, deuxième parc de recherche le plus grand des Etats-Unis). Cette usine devrait représenter un investissement propre de 200 M$, soutenu par des aides de l’Etat d’Alabama de près de 50 M$.
La construction du site serait lancée dès que le contrat de fourniture de moteurs BE-4 aura été notifié par ULA (United Launch Alliance) pour son lanceur Vulcan (deux BE-4 par lanceur).
Le BE-4 est également en lice pour équiper le futur lanceur réutilisable New Glenn de Blue Origin (sept BE-4 nécessaires pour le premier étage ainsi qu’un BE-4U optimisé pour un fonctionnement sous vide pour le second étage). Le développement du moteur BE-4, conçu pour des missions commerciales et gouvernementales et actuellement en cours d’essais, a débuté en 2011.
Huntsville, également surnommée Rocket City, héberge également le Marshall Space Flight Center de la NASA, près de 300 sociétés privée des secteurs de l’aérospatial et de la défense, ainsi que l’université d’Alabama à Huntsville, laquelle est classée quatorzième parmi les entités recevant des financements de la NASA pour la recherche.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-03.

De futures restrictions pour l’Air Force dans son soutien au développement de nouveaux lanceurs ?
Cf. Sécurité et Défense

Une Atlas V 551 d’ULA pour le lancement de la mission STP-3 de l’Air Force
Cf. Sécurité et Défense

Levée de fonds de 21 M$ pour Vector
Cf. Secteur privé

Station Spatiale Internationale et vol habité en orbite basse

Fin de la mission de ravitaillement en fret de l’ISS par Orbital ATK (SS John Glenn)
Aerospace Technology, 13 juin 2017
Orbital ATK a conclu avec succès la septième mission de ravitaillement en fret de l’ISS avec six semaines d’avance, via son vaisseau Cygnus, parti en avril dernier pour l’ISS depuis la base de l’Air Force à Cap Canaveral dans le cadre du contrat Commercial Resupply Services (CRS-1) passé avec la NASA. Il s’agissait de la quatrième mission de fret effectuée par Orbital ATK en un peu plus d’un an.
Lors du trajet retour, le vaisseau Cygnus a conduit l’étude Spacecraft Fire Experiment-III (Saffire-III) conçue par le Glenn Research Centre de la NASA portant sur le comportement des feux de grande échelle en microgravité. Le véhicule a également procédé au largage de quatre cubesats et a engagé une expérience destinée à analyser les phénomènes associés à la rentrée atmosphérique.

Poursuite du recours aux Soyouz pour le transport des astronautes vers l’ISS après 2019 ?
Spaceflight Insider, 23uin 2017
Alors que le programme Commercial Crew Program, pour lequel ont été sélectionnées les sociétés SpaceX et Boeing, devrait aujourd’hui nominalement permettre le transport d’astronautes depuis le sol américain vers l’ISS à partir de 2018 (la date-objectif initiale était de 2015) et après l’annonce récente par le Government Accountability Office (GAO) que la certification des capsules habitées n’aurait vraisemblablement pas lieu avant la deuxième partie de l’année 2018, l’agence russe TASS, mentionne la possibilité que les Etats-Unis recourent au lanceur Soyouz jusqu’en 2019, voire même au-delà, via la société Boeing.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-02.

La future station spatiale d’Axiom Space ambitionne d’être, au-delà d’une destination pour chercheurs et touristes, une véritable usine en orbite
Space.com, 5 juin 2017
La société Axiom Space, basée à Houston, ambitionne de placer en orbite les premiers éléments de sa station spatiale en 2020. Sept membres d’équipages pourraient être hébergés à bord des deux premiers éléments de la station rattachés à l’ISS, la société envisageant d’envoyer environ six modules jusqu’en 2024 pour un coût total de construction, de lancement et d’assemblage, estimé entre 1,5 et 1,8 Md$. Ses modules métalliques rigides seraient construits par Thales Alenia Space. La station Axiom se désolidariserait de la station spatiale juste avant son dé-commissionnement, aujourd’hui entrevu entre 2024 et 2028.
La station devrait servir de base habitée de recherche pour les astronautes dans le cadre de missions de deux mois soutenues par des Etats, ainsi que de destination touristique pour des particuliers (séjours de dix jours factures plusieurs dizaines de millions de dollars). Les premiers entraînements pour ces vols touristiques pourraient débuter cette année.
La société entend également générer des revenus via de la publicité sur ses modules et du parrainage d’équipements de laboratoire de sociétés biomédicales.
Cette première station spatiale privée est destinée à devenir par la suite un centre de fabrication dans l’espace. Axiom Space estime en effet que d’ici 2027, la fabrication dans l’espace devrait permettre de générer davantage de revenus que tous les autres secteurs réunis. Axiom envisage en particulier d’imprimer des centaines de turbines et d’alliages spécialisés. Certains clients pourraient construire et déployer des petits satellites, à un coût bien plus bas que celui lié à la fabrication et au lancement d’un satellite depuis la Terre. Axiom est en outre en discussion avec la société californienne Made In Space, à l’origine de la construction des deux imprimantes 3D à bord de l’ISS et qui est également en discussion avec la société Bigelow Aerospace, basée à Las Vegas, laquelle prévoit de lancer ses propres stations spatiales, en orbite terrestre basse, lunaire, et sur la lune.
Michael Suffredini, PDG d’Axiom Space, a été responsable du programme de l’ISS de la NASA pendant dix ans.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-03.

Contrat entre Nanoracks et la NASA pour le projet Ixion de conversion d’un étage supérieur de lanceur en habitat
Site de Nanoracks, 12 juin
La NASA a signé avec NanoRacks un contrat pour l’étude conceptuelle du module habitable Ixion dans le cadre du programme NextSTEP-2. Ixion constitue l’unique programme financé par la NASA se focalisant sur la reconversion des étages supérieurs de lanceurs en habitat rattaché à la station, en l’occurrence un étage supérieur de lanceur Centaur.

Télécommunications

Inauguration de la ligne d’assemblage de OneWeb Satellites à Toulouse
Satellite Today, 27 juin 2017
Parabolic Arc, 28 juin

OneWeb Satellites, la joint-venture entre OneWeb et Airbus Defence and Space, a inauguré sa ligne d’assemblage à Toulouse destinée aux essais et à l’intégration des premiers satellites de la future constellation Oneweb qui devraient être lancés dans un peu plus de neuf mois. Cette ligne doit permettre de valider les méthodes de production et servir de base pour l’usine de Oneweb située près du Kennedy Space Center.
En plus de la production des 900 satellites de communication de la constellation en orbite basse de Oneweb, OneWeb Satellites devrait fournir des versions sur mesure de satellites, plateformes et technologies à Airbus pour des ventes à d’autres opérateurs commerciaux et gouvernementaux.
Articles connexes précédemment publiés : Bulletin d’actualité Espace n°17-01 et Bulletin d’actualité Espace n°17-13.

Oneweb se voit octroyer l’accès au marché américain
Spacenews, 23 juin 2017
Parabolic Arc, 23 juin 2017

La Federal Communications Commission (FCC) a accepté une demande de Oneweb déposée l’année dernière visant à obtenir l’accès au marché américain des satellites, étant entendu que les problématiques d’interférences et de débris devraient être suivies avec la plus grande attention.
Cet accord devrait ouvrir la voie à l’agrément par la FCC d’autres nouveaux systèmes satellitaires en orbite non-géostationnaire offrant des services fixes par satellite (FSS) de nouvelle génération. Pour mémoire, onze demandes d’agrément pour des projets de constellations comprenant jusqu’à 4000 satellites ont été déposés auprès de la FCC, cette dernière ayant indiqué espérer donner son accord à « beaucoup d’autres constellations » afin de favoriser la concurrence.
OneWeb prévoit de lancer les premiers satellites de sa constellation l’année prochaine sur des Soyouz via Arianespace pour un début d’exploitation en 2019.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-06.

Succès du déploiement de la deuxième grappe de dix satellites Iridium NEXT
Space News, 25 juin 2017
Spaceflight Insider, 25 juin 2017
Spaceflight Now, 25 juin 2017

Après un premier lancement en janvier dernier (initialement prévu en septembre 2016) SpaceX a lancé avec succès le 25 juin depuis le pas de tir de Vandenberg en Californie (le lancement était initialement prévu en avril) une deuxième grappe de dix satellites Iridium NEXT. Le prochain lancement d’une grappe de satellites Iridium NEXT est prévu cet automne.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-04.

Observation de la Terre

CrunchFund soutient l’hyperspectral haute résolution
Cf. Secteur privé

Tourisme spatial

Space for Humanity recherche 10 000 astronautes-citoyens
Spacenews, 29 juin 2017
L’organisation à but non lucratif Space for Humanity, qui s’est fixé pour objectif d’envoyer 10 000 personnes d’origines sociales diverses dans l’espace afin qu’ils partagent leur expérience de vol une fois revenues sur Terre, a lancé des appels à candidature sur son site Internet.
L’organisation envisage de recourir pour ses vols au ballon en haute altitude de la société World View Enterprises ou au véhicule suborbital New Shepard de Blue Origin.
Dylan Taylor, investisseur providentiel de l’industrie spatiale et chroniqueur chez Spacenews, ainsi qu’un groupe de donneurs dont l’identité n’a pas été rendue publique, prévoirait de fournir à Space for Humanity un financement initial de 10 M$ sur deux ans.

Lune

Partenariat entre Astrobotic et ATLAS pour des communications laser pour des missions lunaires
Parabolic Arc, 22 juin 2017
Astrobotic et ATLAS Space Operations ont annoncé lors du salon du Bourget avoir conclu un partenariat afin d’emporter le premier terminal de communications laser lors de la prochaine mission d’Astrobotic vers la lune, portant à onze le total des accords passés pour la mission d’Astrobotic.
Via ce partenariat, Astrobotic ambitionne de fournir jusqu’à un gigabit de données par seconde à ses clients, ce qui serait de nature à permettre d’augmenter notablement les capacités des charges utiles, de réaliser des vidéos haute définition et des expériences de réalité virtuelle depuis la lune.

Exploration et Sciences de l’Univers

Fin de la mission ARM avec maintien des activités sur quelques éléments clefs
Spacenews, 14 juin 2017
Le directeur du programme Asteroid Redirect Mission (ARM) a indiqué lors d’une réunion du Small Bodies Assessment Group (SBAG) le 13 juin, que la NASA mettait fin à ce programme lancé en 2013, tout en veillant à préserver plusieurs éléments clefs susceptibles d’être utilisés pour dans le cadre d’autres missions, telles que le système de propulsion électrique solaire, qui pourrait équiper le véhicule Deep Space Gateway en orbite cislunaire au début des années 2020, ou les technologies en lien avec la recherche de corps géocroiseurs ou avec la protection contre les astéroïdes susceptibles d’entrer en collision avec la Terre.
Note connexe précédemment publiée : Requête budgétaire présidentielle pour la NASA relative à l’année fiscale 2018 : Proposition de baisse de 2,9 %.

Recentrage de Planetary Resources sur l’exploitation minière des astéroïdes
Parabolic Arc, 14 juin 2017
Alors que Planetary Resources avait annoncé en juin 2016 avoir recueilli un montant de 21,2 M$ (series A) destinés à son projet de constellation Ceres d’observation de la Terre, la société envisagerait désormais de se focaliser à nouveau sur les seules missions vers les astéroïdes, comme prévu initialement, antérieurement à ses projets de télédétection.
Cette décision pourrait être à rapprocher du principal bailleur de fonds de la société, le Luxembourg, très entreprenant dans le domaine de l’extraction de minerais sur les astéroïdes et qui a annoncé en novembre dernier vouloir investir 28 M$ dans Planetary Resources.
Deux satellites Arkyd-6 de Planetary Resources destinés à la recherche d’astéroïdes riches en ressources seraient actuellement en préparation, la première mission de prospection d’astéroïde étant prévue pour la deuxième moitié de l’année 2020.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°16-24.

La fondation B612 relance un projet de traque d’astéroïdes
Spacenews, 20 juin 2017
La B612 Foundation, une organisation à but non lucratif basée en Californie, a annoncée son intention de lancer un petit satellite en orbite solaire (Sentinel) destiné à suivre les millions d’astéroïdes géocroiseurs d’un diamètre compris entre environ 20 et 140 mètres, ce qui constituerait la première mission privée en espace lointain. Le lancement du satellite, qui pourrait à terme être intégré à une constellation comprenant entre 5 et 10 satellites, serait précédé du lancement d’un satellite de démonstration technologique en orbite terrestre basse.
Ce projet fait suite à un projet de satellite plus gros destiné à suivre les astéroïdes géocroiseurs de plus de 140 m de diamètre susceptibles de menacer la Terre, d’un coût de 450 M$, pour lequel la NASA avait retiré son soutien en automne 2015, du fait du faible état d’avancement du projet.
A noter que d’autres projets de télescopes, tels le Large Synoptic Survey Telescope (LSST) actuellement en cours de construction au Chili (entrée en service au début de la décennie 2020) ou le satellite infrarouge Near Earth Object Camera (NEOCam), s’il se concrétise, devraient permettre la détection d’astéroïdes plus massif.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°15-04.

Secteur privé

Levée de fonds de 21 M$ pour Vector
Space News, 30 juin 2017
Parabolic Arc, 27 juin 2017

La société Vector de lancement de petits satellites a annoncé avoir levé auprès de Sequoia Capital, une société de capital-risque basée dans la Silicon Valley, avec la participation de sociétés telles que Shasta Ventures et Lightspeed, un montant de 21 M$ dans le cadre d’un appel de fonds (series A). Cette levée de fonds fait suite à un tour de table de 4,5 M$ clos en avril dernier, la société ayant par ailleurs obtenu dans le passé un financement global de 2,25 M$ au travers de la DARPA et du programme Small Business Innovation Research de la NASA.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-10.

Fermeture de l’usine de production de SSTL-US dans le Colorado
Spacenews, 30 juin 2017
Le fabricant britannique de petits satellites Surrey Satellite Technology (SSTL) a décidé de fermer l’usine de production de sa filiale aux Etats-Unis SST-US, créée en 2008 dans la banlieue de Denver dans le Colorado, afin de centraliser la production au Royaume-Uni pour faire face à la concurrence. Une équipe commerciale restera sur place afin d’achever les projets en cours aux Etats-Unis.

Rachat de Inthinc par Orbcomm
Spacenews, 13 juin 2017
En rachetant le fournisseur américain de télématique pour véhicule Inthinc pour une valeur estimée à 35 M$, l’opérateur de satellites Orbcomm a procédé à sa dixième acquisition depuis 2012, susceptible de lui offrir une porte d’entrée dans le marché de la gestion des flottes de véhicules. Cette stratégie d’acquisition serait à rapprocher de son évolution de la connectivité par satellite machine-to-machine (M2M) vers le marché plus inclusif de l’Internet des objets.
L’accord d’acquisition inclurait 25 M$ optionnels supplémentaires selon la capacité d’Inthinc à atteindre certains objectifs en matière de chiffre d’affaires.
Pour mémoire, Orbcomm a achevé la construction et procédé au lancement de sa constellation de deuxième génération en orbite terrestre basse, comprenant seize satellites, en décembre 2015.

CrunchFund soutient l’hyperspectral haute résolution
Satellite Today, 26 juin 2017
Spacenews, 27 juin 2017

La société californienne basée à San Francisco de capitaux d’amorçage CrunchFund figure, aux côtés notamment de la société chinoise Tencent, parmi les sociétés ayant contribué à la levée de fonds (series A) d’un montant de 27 M$ pour Satellogic, une société argentine qui exploite une constellation fournissant des données hyper-spectrales de haute résolution notamment destinée au géo-renseignement.
Depuis le décommissionnement de l’instrument Hyperion de la NASA en mars dernier, Satellogic se déclare l’unique fournisseur d’imagerie hyperspectrale à haute résolution du monde.

Recentrage de Planetary Resources sur l’exploitation minière des astéroïdes
Cf. Exploration et Sciences de l’Univers

Maintenance en orbite

Succès de la revue de conception préliminaire du satellite MEV-1 de service en orbite d’Orbital ATK
Parabolic Arc, 22 juin 2017
Orbital ATK a annoncé avoir conduit avec succès la revue de conception préliminaire du système de rendez-vous, d’opérations de proximité et d’amarrage (RPOD) destinée à permettre la détection, la poursuite, puis l’approche finale vers un satellite client. Les développements du RPOD ont été effectués en collaboration avec plusieurs centres de la NASA dans le cadre du Collaboration for Commercial Space Capabilities Space Act Agreement (SAA) établi en 2014.
La commercialisation des activités de service en orbite sera menée par la société Space Logistics LLC, filiale en propriété exclusive d’Orbital ATK, en utilisant le satellite MEV-1 (Mission Extension Vehicule) utilisant la plate-forme GEOStar TM de la société, équipée d’un RPOD. Le satellite MEV-1 devrait effectuer de nombreux accostages durant sa durée de vie nominale estimée à quinze années. Son lancement est prévu pour 2018 avec une première mission de service en orbite devant permettre une extension de cinq années de la durée de vie d’un satellite Intelsat dans le courant du deuxième trimestre de l’année 2019.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°16-26.

MDA relance un service de commercialisation de services d’entretien et de réparation en orbite
PR Newswire, 28 juin 2017
Space News, 29 juin 2017

Six ans après que MDA (qui n’avait alors pas encore acquis SSL) a abandonné une initiative similaire, SSL MDA Holdings Inc. a annoncé la création de la société américaine Space Infrastructure Services LLC (SIS) destinée à fournir des services d’entretien et de réparation en orbite. Cette dernière sera détenue en majorité par Finance Technology Leverage LLC (FTL), une société dont le siège est situé à San Francisco, aux côtés de plusieurs autres sociétés américaines, SSL MDA Holdings en possédant une participation minoritaire.
La société SSL basée en Californie développe sous contrats les plates-formes des satellites d’entretien et de réparation en orbite Restore-L de la NASA et Robotic Servicing of Geosynchronous Satellites (RSGS) de la Darpa, cette dernière, dont le lancement est prévu pour 20121 avec une durée de vie nominale de quinze années, étant également destinée à fournir des services commerciaux pour SIS, les clients institutionnels américains devant accéder aux services à coût réduit. Le premier client commercial du service pourrait être SES.
Pour mémoire, Orbital ATK a saisi la justice en février dernier à propos du contrat passé par la DARPA à SSL, estimant que le RSGS dupliquait les activités financées en propre qu’elle avait menées et créait une compétition illégitime. L’issue de cette action est attendue prochainement.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-03.

Technologie

Premiers essais en orbite du panneau solaire déployable ROSA de la NASA
The Space Reporter, 21 juin 2017
La NASA a effectué avec succès le déploiement du Roll Out Solar Array (ROSA), un panneau solaire moins lourd que les panneaux solaires traditionnels. Le développement de ROSA entre dans le cadre du Solar Electric Propulsion Project du Space Technology Mission Directorate de la NASA et vise à fournir de la propulsion électrique pour les missions de longue distance, notamment vers la lune et Mars.

Facilitation du processus d’attribution à l’industrie de licences d’exploitation de technologies développées par la NASA
PRnewswire, 20 juin 2017
La NASA a mis en œuvre le système Automated Technology Licensing Application System (ATLAS) destiné à rationaliser le processus d’attribution de licences d’exploitation de ses brevets technologiques et par là même de faciliter les transferts de technologie vers l’industrie, 1400 brevets de la NASA étant prêts à y être transférer.
Cf Fin de la mission ARM avec maintien des activités sur quelques éléments clefs

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Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique
Service spatial – Bureau du CNES