Bulletin d’actualité Espace n°19-31

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Personalia

L’Exécutif propose au Sénat la candidature de Barbara Barrett pour prendre les rênes de l’U.S. Air Force
Space News, 9 septembre 2019
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-20.

Janet Kavandi, Directrice du Glenn Research Center, et George Morrow, Directeur par intérim du Goddard Space Flight Center, quittent la NASA
Space Policy Online, Space News, 12 septembre 2019

Janet Kavandi devient Vice-Présidente des Systèmes Spatiaux chez Sierra Nevada Corporation
Parabolic Arc, 16 septembre 2019

International

Artemis relance le débat international sur l’exploitation des ressources spatiales
Space News, 7 septembre 2019
Anticipant de possibles réactions de la communauté internationale dans l’implémentation des programmes Artemis et CLPS, le sous-comité “Réglementation et Politiques” du Comité Consultatif de la NASA, réuni le 5 septembre, recommande à l’agence de collaborer avec d’autres entités fédérales pour proposer un ensemble de principes et lignes directrices permettant de cadrer l’utilisation des ressources spatiales. Ces propositions seraient alignées sur l’architecture réglementaire américaine et les traités internationaux ratifiés par les Etats-Unis. Cet ensemble serait ensuite présenté aux Nations-Unies en tant que position officielle américaine.
Parmi les principes évoqués, la NASA propose d’informer les Nations-Unies de toute activité d’extraction de ressources spatiales de façon systématique.
Ces recommandations s’inscrivent dans un contexte de renouvellement des débats internationaux au sujet de l’extraction et de l’exploitation des ressources spatiales. Un groupe de travail dédié piloté par le Comité des Nations Unies pour l’Utilisation Pacifique de l’Espace Extra-Atmosphérique (COPUOS) sera prochainement mis en place. Celui-ci pourrait être le point de départ d’un futur traité international.

Sécurité et Défense

La Commission d’Appropriation du Sénat (SAC) approuve son projet budgétaire pour la Défense
Space News, 12 septembre 2019
Space News, 10 septembre 2019

La SAC a approuvé le projet de loi budgétaire pour la défense (National Defense Authorization Act – NDAA) pour l’exercice 2020 (S.2474 [budget total 695 Md$]).
Le projet inclut notamment pour le domaine spatial :

  • 72,4 M$ pour la mise en place de la Space Force (53,8 M$ dédiés aux études, soutiens contractuels et analyses pour la mise sur pied de l’entité ; 8,6 M$ pour des transferts d’effectifs ; 9,9 M$ pour le recrutement de 65 employés à temps plein) ;
  • 70,6 M$ pour le U.S. Space Command (USSPACECOM) ;
  • 44,7 M$ pour la Space Development Agency ;
  • 22 M$ pour le nouveau programme « Tactically Responsive Space Launch » visant à mettre à profit les innovations du secteur privé en soutien aux programmes de lancements rapides de l’U.S. Air Force ;
  • 108 M$ pour le test d’un ensemble de capteurs en orbite dédié au suivi des menaces balistiques et hypersoniques (« Hypersonic and Ballistic Tracking Space Sensor ») ;
  • 536 M$ supplémentaires par rapport à la requête budgétaire pour le programme de système satellitaire de détection de missiles hypersoniques Next-Generation Overhead Persistent Infrared (Next-Gen OPIR).
  • 1,2 Md$ pour le programme NSSL (National Security Space Launch) de l’U.S. Air Force.

La SAC a également chargé le Pentagone de rédiger un rapport relatif à la mise en place d’un couloir aérien ou d’une zone de test à l’intérieur du territoire américain pour mener des tests de lancements et de véhicules hypersoniques.
Par ailleurs, elle a annoncé qu’elle s’opposera aux dispositions relatives aux règles de compétition dans le cadre du programme National Security Space Launch (NSSL) introduites par la commission des Forces Armées de la Chambre (proposition d’un fond de 500 M$ mis à la disposition de SpaceX en cas de sélection pour la Phase 2 du programme).
A noter que la Commission des Appropriations de la Chambre (HAC) a de son côté alloué dans son projet de loi budgétaire pour l’exercice 2020 un montant de 15 M$ pour étudier de façon approfondie la Space Force, en précisant cependant que ce montant n’avait pas vocation à représenter une quelconque approbation de la Chambre au projet de l’U.S. Space Force.
Les budgets alloués à l’U.S. Space Force et à la Space Development Agency seront les points majeurs débattus dans le cadre de la conférence d’appropriation conjointe Chambre-Sénat à venir.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-22.

Protection des infrastructures spatiales : les Etats-Unis pourraient prendre exemple sur la France
Space News, 9 septembre 2019
Dans le contexte de l’établissement d’un commandement de l’espace intégré à l’Armée de l’Air, le gouvernement français envisage de déployer d’ici 2023 des satellites « gardes du corps » destinés à protéger certaines infrastructures spatiales critiques contre des menaces robotiques. Certains observateurs américains estiment que les Etats-Unis devraient s’intéresser de près à cette initiative menée par la France, laquelle est alignée avec les principes de politique de défense spatiale promulgués par les Etats-Unis.

Barbara Barrett envisage une posture militaire américaine forte dans l’espace
Space News, 12 septembre 2019
Dans le cadre d’une audition de la Commission des Forces Armées du Sénat (SASC), Barbara Barrett, candidate de l’Exécutif au poste de Secrétaire à l’U.S. Air Force, s’est montrée partisante de la Space Force et d’une posture militaire américaine forte dans l’espace. Barbara Barrett a indiqué que la Chine et la Russie étaient les menaces les plus préoccupantes pour la domination spatiale américaine, estimant que ces pays développaient activement leurs capacités spatiales de communication, de navigation et de renseignement tout en développant simultanément des technologies de neutralisation d’objets spatiaux.
Baraba Barrett s’est également positionnée en faveur de l’établissement d’un nouveau poste en charge de l’ensemble des acquisitions spatiales au sein de l’U.S. Air Force : le Principal Assistant to the Secretary of the Air Force for Space Acquisition and Integration.
La Commission des Forces Armées du Sénat a indiqué qu’elle soutiendrait la candidature de Barbara Barrett lors du vote du Sénat en plénière.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-20.

USSPACECOM : le Général Raymond plaide pour des satellites capables de se défendre
Space News, 17 septembre 2019
Le Général Raymond, en charge du onzième commandement interarmées de combat des forces armées américaines depuis le 29 août, a déclaré souhaiter réduire les délais d’acquisition de satellites, diversifier leur architecture et les mettre en réseau pour dissuader toute agression.
Déclarant que l’espace n’est plus un "benign environment" mais un "warfighting domain", le Général Raymond ambitionne également un changement de paradigme dans la surveillance de l’espace (SSA) afin de recueillir d’avantage d’informations via une collaboration plus performante aussi bien avec les services alliés de renseignement spatial que les entités privées.

Le Département de la Défense octroie un contrat de 738,5 M$ à Iridium pour la poursuite de services de communications satellitaires
Space News, ViaSatellite, 16 septembre 2019
Le nouveau contrat Enhanced Mobile Satellite Services (EMSS) passé avec l’U.S. Defense Information Systems Agency (DISA) devrait permettre à Iridium de poursuivre le remboursement des 1,8 Md$ (solde restant de 1,63 Md$) que l’entreprise a emprunté à BPI France pour financer sa constellation Iridium Next (pleinement opérationnelle depuis le mois de février).
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-16.

L’U.S. Air Force s’associe à Ball Aerospace et Microsoft pour un prototype de logiciel de traitement de données satellitaires
Parabolic Arc, 17 septembre 2019
L’U.S. Air Force s’associe à Ball Aerospace et Microsoft pour démontrer de nouvelles capacités de traitement de données infonuagiques en téléchargement simultané depuis plusieurs constellations satellitaires en orbite basse, en soutien au projet CASINO de l’U.S. Air Force’s Space and Missile Systems Center (Commercially Augmented Space Inter Networked Operations).
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-16.

Vector perd le contrat ASLON-45 au profit d’Aevum
Space News, 9 septembre 2019
Parabolic Arc, 10 septembre 2019
Suite aux difficultés financières rencontrées cet été par Vector, l’Air Force Space and Missile Systems Center a appliqué une procédure d’acquisition simplifiée de la “Federal Acquisition Regulation“ pour attribuer le contrat Agile Small Launch Operational Normalizer-45 (ASLON-45) du programme Small Rocket Program-Orbital (SRP-O) à Aevum.
Le contrat prévoit le lancement d’un ensemble de cubesats (3U et plus) en orbite basse d’ici fin 2021. Ce sera la première mission du lanceur développé par Aevum depuis le Cecil Air and Space Port à Jacksonville (Floride).
Pour mémoire, l’USAF a octroyé à Aevum un contrat Small Business Innovation Research (SBIR) en août 2019 dans le cadre de son programme de développement de systèmes de lancement autonome de petits satellites.

Lancements

SpaceX prévoit 24 lancements dédiés à sa constellation Starlink en 2020
Space News, 10 septembre 2019
Ces lancements viendraient en supplément de ceux déjà prévus pour ses clients, auxquels SpaceX donnera la priorité.
A noter que pour 2019, SpaceX avait annoncé 24 lancements en début d’année pour un total de 18 effectivement réalisés (incluant les 8 prochains tirs prévus d’ici la fin d’année).
L’entreprise n’a pas précisé quelle(s) configuration(s) du lanceur Falcon serai(en)t utilisée(s) pour ces 24 missions.
Pour mémoire, la constellation Starlink devrait pouvoir assurer une couverture partielle avec 400 satellites et être économiquement viable avec 1 000.

Lancements à venir

DateMissionOrbiteLanceurCompagnieSite
25 septembre Soyouz MS-15 (61S) (transport d’équipage) ISS Soyouz FG Roscosmos Baïkonour (Kazakhstan)
Septembre Neitron (14F01) GTO Soyouz-2-1a Fregat-M Roscosmos Plesetsk (Russie)
Septembre ATL-1
Noor-1A & 1B
LEO Electron KS Rocket Lab Onenuia Station (Nouvelle-Zélande)
Septembre Flock Cubesats LEO Electron KS Rocket Lab Onenuia Station (Nouvelle-Zélande)
Septembre Outernet
ISILaunch Cubesats
LEO Electron KS Rocket Lab Onenuia Station (Nouvelle-Zélande)
28 octobre Starliner F1 (CST-100 F1) LEO Atlas V N22 NASA Cap Canaveral

Lanceurs

Avec un marché commercial incertain, les sociétés de lanceurs misent sur les contrats institutionnels
Space News, 10 septembre 2019
Dans le cadre de la World Satellite Business Week organisée par Euroconsult à Paris, des représentants des grandes sociétés de services de lancement (Arianespace, Blue Origin, SpaceX, ULA…) ont fait part de leurs vues sur l’évolution du marché des satellites et des lanceurs.
Les sociétés américaines Blue Origin, SpaceX, ULA et Northrop Grumman sont toutes en concurrence sur la Phase 2 du programme National Security Space Launch (NSSL) de l’U.S. Air Force. Ce programme vise à octroyer 34 lancements au profit de la Défense à deux prestataires, avec un ratio de répartition des lancements de 40/60.
Dans ce contexte, ces sociétés ont été interrogées au sujet des conséquences liées à une non-sélection par l’U.S. Air Force :

  • ULA a pour sa part reconnu que cela aurait un impact significatif sur l’avenir de l’entreprise, mais demeure confiant que son lanceur Vulcan sera parmi les deux finalistes ;
  • Blue Origin semblait peu inquiet de ne pas être sélectionné et a indiqué disposer des financements nécessaires pour imposer le New Glenn sur le marché (faisant référence aux injections massives de capitaux privés en provenance de Jeff Bezos) ;
  • SpaceX s’est positionné à l’intersection d’ULA et de Blue Origin, indiquant s’intéresser de près au marché de la Défense tout en précisant que son business model n’en dépendait pas.

Les représentants des sociétés ont également fait part de leurs incertitudes vis-à-vis du marché des satellites géostationnaires, estimant que l’âge d’or des commandes de 20 à 25 géostationnaires des années précédentes était révolu. Ils ont unanimement noté une tendance au développement de petits satellites géostationnaires de quelques centaines de kilos et de systèmes de télécommunications alternatifs de type constellations en orbite basse.

Accord entre Relativity Space et Momentus pour un lancement en 2021
Parabolic Arc, Space News, 11 septembre 2019
Le contrat concerne le lancement en 2021 par un Terran 1 du remorqueur Vigoride « Extended » de Momentus capable de transférer une charge utile de 350 kg (avec une option pour cinq lancements supplémentaires). Cette entente permet à Relativity Space de proposer l’accès à l’orbite géostationnaire à des petites charges utiles.
Pour mémoire, Relativity Space projette d’effectuer des essais de lancement du Terran 1 fin 2020, mais également de construire des pas de tir sur le LC-16 de Cap Canaveral et sur la base militaire de Vandenberg (Californie). Quant à Momentus, trois missions de Vigoride sont prévues en 2020 dont deux visant un transfert sur une orbite héliosynchrone depuis l’ISS.
Pour rappel, Relativity Space développe et construit le lanceur de petite taille Terran 1 capable de placer des charges utiles d’environ une tonne en orbites basse et moyenne pour un coût d’environ 10M$. Momentus quant à lui fournit la gamme de remorqueurs Vigoride permettant de transférer des charges utiles en orbite géostationnaire depuis une orbite basse.

Vols Suborbitaux

Le processus d’entrée en bourse de Virgin Galactic se poursuit
Parabolic Arc, 10 septembre 2019
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-25.

Spatioports

Blue Origin a commencé la construction du futur pas de tir du New Glenn en Floride
Nasa Spaceflight, 11 septembre 2019
Le futur pas de tir du New Glenn est construit sur la zone LC-36 (anciennement dédiée aux lanceurs Atlas) louée par la compagnie Spaceport Florida. Les travaux sont en cours pour le bâtiment d’intégration horizontale, le château d’eau, les mâts paratonnerres et les parcs de réservoirs. Le premier vol du New Glenn y est prévu en 2021.
Blue Origin construit également l’usine dédiée à la production des moteurs du New Glenn en Alabama, ainsi que celle dédiée au reconditionnement des premiers étages près du Kennedy Space Center.

Télécommunications

SES choisit SpaceX pour le lancement de sept satellites de sa constellation O3b mPower en 2021
Parabolic Arc, Space News, 9 septembre 2019
Après avoir étudié les offres de la JAXA (lanceur H3) et d’Arianespace (lanceurs Ariane 6 et Soyuz), SES s’est finalement tourné vers SpaceX pour lancer en orbite terrestre moyenne (MEO) les sept satellites de sa constellation O3b mPower sur une Falcon 9 (deux lancements prévus). Ces satellites seront capables de délivrer un service haut-débit à faible latence pour assurer des services de télécommunication, de stockage de données infonuagiques et de communications mobiles.
Le système O3b est actuellement la seule constellation non-géostationnaire capable de fournir des services de télécommunication avec une vitesse de connectivité équivalente à celle de la fibre dans presque 50 pays.
Pour mémoire, les vingt premiers satellites MEO de la constellation O3b ont été lancés par Arianespace (5 lancements Soyuz depuis le Centre Spatial Guyanais). SpaceX a été choisi par SES à cinq reprises pour placer ses satellites en orbite géostationnaire avec des Falcon 9.

SpaceX souhaite tripler le nombre de plans orbitaux de sa constellation Starlink
Space News, 7 septembre 2019
SpaceX a déposé une requête auprès de la Federal Communications Commission (FCC) afin d’augmenter le nombre de plans orbitaux de 24 à 72. Selon la société, cela permettrait d’accélérer le déploiement des satellites de sa constellation en bande Ka et Ku à 550 km d’altitude tout en diminuant le nombre de lancements nécessaires. SpaceX assure également que ce changement n’induira pas d’interférences ni de débris supplémentaires.
Après avoir lancé ses 60 premiers satellites le 23 mai, la société estime avoir encore besoin de six lancements pour délivrer un service partiel (entre trois et sept lancements pour déployer Starlink sont prévus pour 2019).

OneWeb fournira un service Internet par satellite haut débit sur la totalité de l’Arctique
Parabolic Arc, 4 septembre 2019
La société serait ainsi le premier fournisseur à couvrir l’ensemble des territoires au-dessus du 60ème parallèle avait des capacités inégalées (375 Gbps). Aujourd’hui, 48% de la zone est dépourvue de fourniture haut débit.
OneWeb prévoit une mise en service fin 2020 avec à terme une couverture 24h/24 en 2021.

Protocole d’accord signé entre Iridium et OneWeb pour une offre de service combinée
Space News, Parabolic Arc, 17 septembre 2019
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-29.

Orby TV choisit Eutelsat pour son service de télédiffusion par satellite
Satellite Today, 13 septembre 2019
Le nouveau venu dans les fournisseurs télévisuels aux Etats-Unis Orby TV a choisi Eutelsat pour distribuer son service de télévision par satellites dans les 48 états continentaux des Etats-Unis via le satellite EUTELSAT 117 West A.

Météorologie Spatiale Civile et Militaire

La NOAA devrait solliciter le secteur privé pour développer sa future génération de satellites d’observation
Département du Commerce, 16 septembre 2019
Le National Environmental Satellite, Data, and Information Service (NESDIS) de la NOAA a l’intention de publier deux BAA (Broad Agency Announcements) fin septembre pour solliciter les entreprises sur de nouveaux concepts d’instruments, d’engins spatiaux et de modèles économiques afin de remplacer ses gammes JPSS et GOES-R à horizon 2030 :

  • Instrument and architecture concepts for remote sensing capabilities in geostationary and extended orbits : concepts d’instruments et de missions assurant la continuité des capacités actuellement proposées par GOES-R, SWFO, DSCOVR, et d’autres satellites d’observation du Soleil ;
  • Instrument and architecture concepts for small satellites focused on sounding (SounderSat) in Low Earth Orbit (LEO) as part of a disaggregated LEO constellation : systèmes permettant de développer une architecture globale, plus flexible et plus perfectionnée en orbite basse terrestre, tout en étant capable d’être opérationnelle plus rapidement.

Lune et cis-lunaire

Artemis : état des lieux
Space Policy Online, Space, 11 septembre 2019
Dans le cadre du symposium annuel Wernher von Braun à Huntsville (Alabama), la NASA a fait le point sur l’état d’avancement du programme de retour des astronautes américains sur la Lune en 2024, Artemis.

  • la version 2024 de la Gateway se composera d’un module de puissance et de propulsion (PPE) développé par Maxar Technologies (lancement prévu en 2022 par un lanceur commercial) et d’un module habité (Habitation and Logistics Outpost [HALO]) développé par Northrop Grumman (lancement prévu en 2023 par un lanceur commercial) ;
  • les alunisseurs (Human Landing System – HLS) seront développés en partenariats publics-privés sous la supervision du Marshall Space Flight Center. Ils appartiendront aux entreprises sélectionnées pour le développement (le cadre contractuel de la NASA pour les services d’alunissage sera similaire à celui des capsules Cygnus et Dragon pour le ravitaillement de la Station) ;
  • les équipages disposeront de nouvelles combinaisons spatiales modulables et adaptables à d’autres corps stellaires. La durée des missions à la surface de la Lune serait de 4 à 6 jours ;
  • la NASA vise le deuxième semestre 2024 pour un premier alunissage habité ;
  • la NASA a réitéré que la Gateway pourrait faire office de prototype pour un système de transport vers Mars.

La NASA avance à un rythme soutenu pour maintenir la date cible de 2024 en dépit du fait qu’à ce jour ni le programme, ni l’amendement budgétaire associé à Artemis n’ont été approuvés par le Congrès (l’exercice fiscal 2019 se terminant le 30 septembre). D’aucuns estiment qu’une Continuing Resolution est de plus en plus probable, ce qui le cas échéant pourrait impacter fortement le calendrier du programme.

La NASA va envoyer un cubesat en éclaireur autour de la Lune
Parabolic Arc, 13 septembre 2019
Moon Daily, Satellite Today, Space News, 16 septembre 2019
Conçu par Advanced Space et Tyvak, le cubesat 12U Cislunar Autonomous Positioning System Technology Operations and Navigation Experiment (CAPSTONE) devrait être le premier engin spatial à suivre une « near-rectilinear halo orbit » (NRHO) autour de la Lune (trajectoire choisie pour la Gateway du programme Artemis).
L’objectif de sa mission sera de récolter des données pour :

  • démontrer les services automatiques de navigation entre engins spatiaux ;
  • vérifier les caractéristiques de la NRHO, notamment pour la Gateway ;
  • tester l’insertion sur la NRHO ;
  • tester l’emport de charges multiples vers la Lune ;
  • valider l’utilisation opérationnelle des cubesats au-delà de l’orbite basse terrestre ;
  • démontrer la capacité de livraison rapide d’une mission cubesat commerciale au-delà de l’orbite basse terrestre.

Cette mission pionnière, lauréate de la Phase III du programme Small Business Innovation Research (SBIR-contrat de 13,7 M$), pourrait être lancée dès décembre 2020.

Le module gonflable de Bigelow vers la Lune ?
NASA Spaceflight, Space, 13 septembre 2019
Dans le cadre du programme Next Space Technologies for Exploration Partnerships (NextSTEP) initié en 2016, quatre astronautes de la NASA ont séjourné sur Terre pendant deux semaines dans un prototype module gonflable Mars Transporter Testing Unit B330, fabriqué par Bigelow Aerospace et ULA.
Bigelow ne cache pas ses ambitions de voir son B330 sélectionné pour être amarré à la Gateway, dont la construction doit commencer en 2022, mais surtout pour devenir un module de transport lors des futures missions vers Mars. La société affirme qu’elle peut assembler un premier B330 en 42 mois.

Mars

Retour d’échantillons martiens
Spaceflight Now, 16 septembre 2019
Le 26 avril 2018, la NASA et l’ESA ont signé une déclaration d’intention pour explorer conjointement diverses options pour une mission martienne de retour d’échantillons. Presque 18 mois plus tard, deux échéances majeures devraient déterminer si les deux agences pourront officiellement lancer les développements en lien avec la mission.
Du côté de la NASA est attendu le vote du budget 2020 prévu théoriquement pour le 30 septembre. La requête budgétaire présidentielle pour l’exercice 2020 prévoit un montant de 109 M$ pour des futures missions martiennes, incluant le retour d’échantillons (50M$ étaient déjà identifiés dans le budget 2019 pour le retour d’échantillons). Cependant, cette requête est en cours de discussion au niveau du Congrès et le spectre d’une Continuous Resolution plane dangereusement au-dessus du budget.
Sans avoir communiqué de chiffres officiels, des membres de la NASA situent le coût du programme entre 2,5 et 3 Md$ pour la contribution américaine.
De l’autre côté de l’Atlantique, le retour d’échantillons devrait faire partie des décisions programmatiques et budgétaires prises dans le cadre de la Conférence Ministérielle de Séville les 27 et 28 novembre.
Pour mémoire, la NASA prévoirait de lancer depuis les Etats-Unis un atterrisseur contenant :

  • une astromobile développée par l’ESA, chargée de récolter les échantillons extraits du sol par le rover Mars 2020 développé par la NASA ;
  • un véhicule d’ascension permettant de placer ces échantillons en orbite martienne.

Pour sa part, l’ESA lancerait depuis Kourou :

  • un véhicule spatial européen « Earth Return Orbiter » chargé de récupérer les échantillons en orbite martienne après une manœuvre de rendez-vous avec le véhicule d’ascension puis de retourner sur Terre ;
  • une capsule de rentrée atmosphérique américaine.

En terme d’alignement planétaire, la NASA considère que 2026 pourrait constituer une première date cible adéquate (deux autres créneaux sont possibles entre 2026 et 2029). Avec un départ en 2026, la NASA estime un retour possible des échantillons en 2031.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°19-08.

Exploration Habitée

Les surcoûts des programmes SLS/Orion de la NASA atteignent un seuil critique
Aerospace America, 13 septembre 2019
Suite à la récente controverse entre la NASA et le GAO sur la sous-estimation des coûts des programmes SLS/Orion, la NASA a indiqué qu’elle transmettrait au GAO une nouvelle estimation de coûts du programme d’ici le 30 septembre. S’il s’avère que la nouvelle estimation projette des surcoûts de plus de 30 % (le GAO avait estimé 29 % dans son rapport), la NASA devra faire ré-approuver le programme par le Congrès. Cette action pourrait toutefois être retardée en attendant la nomination du nouveau Assistant Administrator for Human Exploration and Operations.

Secteur Privé

Boeing dévoile sa nouvelle plateforme satellitaire 702X et se positionne sur le marché des petits satellites géostationnaires
Space News, 9 septembre 2019
Satellite Today, 9 septembre 2019
La nouvelle plateforme 702X est dérivée des plateformes 702 « Small Power » et « Medium Power » utilisées pour les satellites en orbite moyenne. Elle permettrait de fournir des solutions avec des petits satellites en orbite géostationnaire avec les caractéristiques suivantes :

  • masse de 1 900 kg à vide, soit moitié moins que la classe de satellites actuelle ;
  • capacité de 1 térabit ;
  • durée de vie de 15 ans ;
  • possibilité de lancement par grappe de 3 sur une Falcon 9.

Les premières livraisons sont attendues d’ici trois ans.

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Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique
Service spatial – Bureau du CNES

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