Cancer du sein : forte capacité migratoire des cellules à un stade précoce

, Partager

Des chercheurs du Salk Institute for Biological Studies, La Jolla, Californie, ont montré que des cellules à fortes capacités migratoires sont présentes au niveau des tumeurs précoces du sein en absence totale de métastases.

Cette étude repose sur l’utilisation d’un modèle expérimental reproduisant les canaux des glandes mammaires, dans lequel les cellules humaines isolées de tissu mammaire sont cultivées sur une matrice tri-dimensionnelle qui mime leur environnement naturel. Les cellules développent ainsi spontanément des acini, structures creuses ressemblant à de petits canaux lactaires. Après activation de la voie ERK1/2 MAP kinase, une cascade de signalisation connue pour être fréquemment activée au cours du développement tumoral, les scientifiques ont analysé en temps réel le mouvement des cellules cancéreuses par imagerie. Ils ont pu ainsi montrer que les cellules tumorales, bien que non invasives à ce stade, peuvent longer les canaux lactaires et permettre le développement de nouvelles tumeurs dans le même sein. Les cellules tumorales pourraient donc acquérir des capacités migratoires à un stade très précoce et il est probable que l’acquisition de la mobilité accélère le processus d’invasion.

La plupart des tumeurs du sein sont détectées à des stades précoces lorsqu’elles sont encore petites et confinées. Dans ce cas, les cellules tumorales n’ont pas encore envahi les tissus environnants et restent le long des canaux. Ces tumeurs sont appelées carcinomes ductaux in situ (CDIS). Le traitement standard de ceux-ci se fait par lumpectomie (ablation de la tumeur et du tissu environnant). Approximativement 16% des patients atteints de carcinomes ductaux in situ et traités uniquement par lumpectomie, rechutent 5 ans après. Une thérapie secondaire par rayon gamma est appliquée seulement en fonction de la taille atteinte par la la tumeur.

Cette étude suggère que si les CDIS contiennent des cellules à fortes capacités migratoires, les patients présentent un risque accentué de rechute. Dans ce cas, l’utilisation de la radiothérapie devrait se faire indépendamment de la taille de la tumeur. L’arrivée de l’imagerie cellulaire en temps réel permet aujourd’hui de marquer les cellules qui se déplacent dans les tissus et d’en apprendre beaucoup sur leur comportement. La prochaine étape sera d’identifier des marqueurs de mobilité des cellules cancéreuses qui aideront les oncologues à diagnostiquer les patients à hauts risques de métastases.

Source :


- Breast Cancer Cells Have To Learn To Walk Before They Can Run, Salk Institute Press release, 08/01/2008 : http://www.salk.edu/news/news_press_details.php?id=194
- Breast Cancer Cells Have To Learn To Walk Before They Can Run, Science Daily, 07/01/2008 : http://www.sciencedaily.com/releases/2007/12/071231091455.htm
- Breast Cancer Cells Have To Learn To Walk Before They Can Run, EurekAlert, 31/12/2007 : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2007-12/si-bcc122607.php

Pour en savoir plus, contacts :


- Real-Time Imaging Reveals That Non Invasive Mammary Epithelial Acini Can Contain Motile Cells, Pearson and Hunter, J Cell Biol.2007 Dec.31 : http://www.jcb.org/cgi/content/abstract/179/7/1555
- Sur le carcinome ductal in situ : http://en.wikipedia.org/wiki/Ductal_carcinoma
Code brève
ADIT : 52662

Rédacteur :

Camille Arnaud, deputy-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org - Mireille Guyader, attache-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….