Capital-risque et gouvernement fédéral : une complémentarité qui conditionne la relance et le leadership technologique américain

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Tout comme la majorité du grand public, les analystes s’accordent à penser que la reprise économique s’accompagnera de ruptures technologiques qui transformeront certaines industries et créeront de l’emploi. Cette création d’activité s’exprimera certes au sein des grandes entreprises mais aussi grâce à l’entrepreneuriat. Lors de la dernière enquête de la fondation Kauffman, 79% des personnes interrogées affirmaient que les entrepreneurs formaient un groupe social plus important pour la création d’emplois que les industriels ou encore le Gouvernement fédéral.

Lorsque l’on parle d’entreprenariat, et plus particulièrement d’entreprenariat technologique, on songe immédiatement au domaine du capital-risque qui soutient les entreprises innovantes depuis plus de 45 ans. Avec ses milliards de dollars investis chaque année (plus de 30 milliards en 2007), le secteur du capital-risque a contribué à la création et à la croissance de nombreuses entreprises. Actuellement, les entreprises financées par du capital-risque représentent 18% du PIB américain et emploient un américain sur 10.

Sans l’industrie du capital-risque, ce sont des pans entiers de l’économie américaine qui n’existeraient pas : le marché des biotechnologies, l’économie de l’Internet, les industries du logiciel, des semi-conducteurs et de l’ordinateur personnel. Toutes ces technologies ont non seulement dynamisé l’économie américaine mais aussi transformé la vie quotidienne des acteurs économiques. Mais, en temps de crise économique, les sociétés de capital-risque non seulement sont beaucoup plus frileuses dans leurs investissements mais ont aussi tendance à réduire leurs activités en se consacrant davantage à la gestion de leur portefeuille. Dans ce contexte, l’émergence de nouveaux moteurs technologiques est sinon entravée, du moins freinée. C’était sans compter sur l’intervention de l’Etat fédéral et du plan de relance. En effet, une des priorités du gouvernement fédéral est de faire en sorte que les Etats-Unis reprennent la tête de la course aux solutions pour les nouveaux enjeux planétaires. Il s’agit entre autres, des technologies propres (énergie, recyclage,…) pour lesquelles l’Etat fédéral a injecté 37 milliards de dollars en prêts, crédits d’impôts, ainsi que de la gestion des systèmes d’informations dans le domaine médical qui obtiennent une "enveloppe stimulante" de 19 milliards de dollars.

Ces facilités devraient dans un premier temps permettre à des start-ups américaines de maintenir leurs activités sur le territoire américain au lieu de délocaliser pour rester compétitives. L’autre effet de ce soutien fédéral est que la relance de ces jeunes industries contribue à les rendre plus attractives pour les sociétés de capital-risque. En effet, ce type de soutien fédéral diminue la prise de risque et offre la possibilité d’un retour sur investissement plus élevé. Au total, et c’est le souhait des parties, le double effet des mesures fédérales et de la reprise des activités de capital-risque est susceptible d’enclencher un cercle vertueux capable de faire émerger de nouvelles activités économiques aux Etats-Unis. Avec un bémol cependant : celui du financement de la recherche. De l’avis général des parties prenantes, il n’y aura pas de révolution technologique (et la création d’emploi qui l’accompagne) sans un soutien marqué en faveur de la recherche fondamentale. Sur ce point, la nouvelle Administration a pris l’option de rompre avec la baisse tendancielle des crédits fédéraux à la recherche : à la faveur du plan de relance, le financement fédéral de la recherche passe de 58 à 75 milliards, envoyant du même coup un signal fort à toute l’économie de l’innovation.

Au final, pour les experts, c’est la complémentarité des actions de l’Etat fédéral et de l’industrie du capital-risque qui importe, surtout si les Etats-Unis veulent relancer leur économie par la croissance technologique et maintenir leur leadership en matière d’économie de l’innovation.

Source :

"Venture industry and government together will grow the economy", XConomy, Tom Crotty, Michael Greeley, Paul Maeder, and Terry McGuire, 26/03/09 - http://www.xconomy.com/boston/2009/03/26/venture-industry-and-government-together-will-grow-the-economy/

Pour en savoir plus, contacts :


- "Hospitals’ Electronic Wasteland", Emily Singer, 25/03/09, Technology Review - http://www.technologyreview.com/biomedicine/22346/page1/
- "Americans Want Government Stimulus for Small Businesses and Entrepreneurship, Reveals New Survey from Kauffman Foundation", Barbara Pruitt, 17/03/09, Kauffman Foundation - http://www.kauffman.org/Entrepreneurship_and_Economic_Recovery.aspx
Code brève
ADIT : 58518

Rédacteur :

Aline Charpentier, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….