Classement de Shanghai 2016 : les Universités américaines toujours en tête

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L’Academic Ranking of World Universities (ARWU) de Shanghai, connu sous le nom de classement de Shanghai, a publié ses résultats annuels le 15 août 2016 [1]. Proposé depuis 2003 par une agence émanant de l’université Jiao-Tong de Shanghai (Chine), initialement pour classer les universités chinoises par rapport aux universités mondiales, le classement de Shanghai est rapidement devenu une référence mondiale, notamment pour l’attractivité des universités vis-à-vis des étudiants. Il classe les universités de recherche (qui développent non seulement des activités de formation supérieure, mais aussi de recherche) selon quatre critères et six indicateurs :

- la qualité de la formation (quality of education) : nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les anciens élèves ;
- la qualité académique (quality of faculty) : nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les chercheurs et nombre de chercheurs cités dans les revues de haut niveau dans 21 domaines ;
- les résultats scientifiques (research outputs) : nombre d’articles publiés dans Nature et Science et nombre d’articles indexés dans Science citation index-expanded et Social science citation Index ;
- la performance rapportée au nombre de chercheurs (per capita performance) : les précédents résultats pondérés par le nombre de chercheurs à temps plein de l’établissement.

Cette année, 15 universités américaines se placent dans le Top 20, il y en avait 16 en 2015. Harvard et Stanford occupent toujours les deux premières places, suivies par Berkeley qui gagne une place par rapport à l’an passé. En revanche, le MIT passe de la troisième à la 5ème position, derrière l’université britannique de Cambridge. Princeton garde la 6ème place. L’autre grande université anglaise, Oxford, passe de la 10ème place en 2015 à la 7ème place cette année, devant Caltech, Columbia, l’université de Chicago, Yale, l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), Cornell, l’université de Californie à San Diego (UCSD), l’université de Washington à Seattle, l’université Johns Hopkins, et l’université de Pennsylvanie, qui conservent leurs positions relatives. C’est l’université de Californie à San Francisco (21ème place) qui sort de ce Top 20 en 2016, tandis que l’Université de Tokyo y fait son entrée. Outre les deux universités britanniques, la troisième université européenne de cette liste est l’Institut de Technologie de Zurich (ETH-Zurich) en Suisse. Le leader français, l’Université Pierre et Marie Curie, se place au 39ème rang, perdant 3 places, mais comme en 2015, 22 établissements français figurent dans le Top 500 mondial.

Les universités américaines dominent également les classements par disciplines. Dans le Top 10, on compte 10 universités américaines en Informatique, en Economie et en Sciences sociales ; 9 en Ingénierie ; 8 en Biologie, en Sciences médicales en Physique et en Chimie ; 7 en Science (sciences fondamentales) ; 5 en Mathématiques. Dans cette dernière discipline, les établissements français se distinguent, avec l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) à la 5ème place, et l’université Paris Sud à Orsay à la 10ème place, confirmant l’excellence française en mathématiques.

Le succès indiscutable et durable des universités américaines dans ce classement peut s’expliquer par différents facteurs, tels que la richesse économique des États-Unis, leur démographie, leur tradition philanthropique, leur politique d’immigration qui, dès avant la Seconde Guerre mondiale, a accueilli un grand nombre de scientifiques étrangers éminents, notamment des Européens fuyant leur pays d’origine. On peut également mentionner la politique de recrutement des étudiants et des professeurs, très concurrentielle, la structure juridique qui rend les présidents et doyens d’université responsables devant un conseil d’administration, et la très grande autonomie dont jouissent ces universités. Mais l’un des facteurs-clé de cette réussite est le rôle décisif joué par le réseau des anciens élèves. En effet le contrôle de la gestion est confié à un conseil d’administration composé dans une proportion plus ou moins large d’anciens élèves ou alumni (le plus souvent supérieure à 50%). Ce dispositif permet d’assurer à ces universités autonomie, vision et financements généreux.

Il existe également d’autres classements, comme les Times Higher World University Rankings créés entre 2004 et 2009 par le magazine Times Higher Education (THE), ou le U-Multirank créé en 2014 à l’initiative de la Commission européenne, qui prennent en compte d’autres critères que les performances de recherche, comme la réputation des universités. D’une façon générale, ces classements constituent des éléments d’information intéressants mais leur influence est à relativiser.


Rédactrice :
- Minh-Hà Pham, Conseillère pour la Science et la Technologie , Washinton, DC, conseiller@ambascience-usa.org