Coal-imateur

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L’ONG Appalachian Voices (Caroline du Nord) et plusieurs autres organisations citoyennes de Virginie, Virginie de l’Ouest, Kentucky et Tennessee, ont lancé un site web permettant de visualiser les dommages environnementaux associés à l’extraction du charbon dans les Appalaches et de connecter l’énergie électrique consommée en un lieu donné du territoire des Etats-Unis à une ou des centrales utilisant du charbon extrait par les méthodes de "strip mining" ou de "mountaintop removal" (MTR).

Le site, basé sur un croisement de Google Earth et des bases de données de production et de distribution électriques, permet d’identifier les connections à partir de l’entrée d’un code postal. Les régions de l’est des Etats-Unis sont principalement concernées puisque les centrales thermiques y sont majoritairement alimentées par le charbon appalachien. On apprend ainsi que l’Ambassade de France à Washington est en partie alimentée par de l’électricité produite à partir de la mine de Glen Alum Mountain, en Virginie de l’Ouest…

En dépit de leur déclin relatif, les Appalaches apportent une contribution toujours considérable à l’industrie charbonnière des Etats-Unis. Le charbon est exploité dans 8 Etats de la chaîne appalachienne, dont 3 dominent nettement : la Virginie de l’Ouest, le Kentucky (est) et la Pennsylvanie, qui représentent respectivement 13%, 8% et 6% de la production américaine et près des deux-tiers de la production de la région appalachienne. A noter que le Kentucky est à cheval sur le bassin intérieur et représente au total 10,5% de la production américaine. Virginie de l’Ouest et Kentucky sont donc les deuxième et troisième Etats producteurs : près d’un quart du charbon américain en provient.

Une partie importante des exploitations de la zone appalachienne est encore souterraine, comme l’a rappelé l’accident de la mine de Sago (WV) le 2 janvier 2006. Cependant, depuis le début des années 70, les exploitations de surface prennent une part croissante, notamment grâce à l’introduction d’un concept d’exploitation nouveau : le Moutain Top Removal (MTR). Cette méthode consiste à décapiter les reliefs pour exploiter les bancs de charbon subhorizontaux. Les terrains stériles sont dégagés à l’explosif puis le charbon, une fois mis à nu, est récupéré par des engins de travaux publics. Il en résulte de très faibles coûts d’exploitation, en raison notamment de la faible quantité de main d’oeuvre nécessaire. Les stériles, en très grand volume, sont déversés dans les fonds de vallée.

La méthode MTR, peu coûteuse et très efficace du point de vue industriel, pose d’importants problèmes environnementaux, parmi lesquels : destruction de la forêt et du paysage, contamination des eaux, production de poussières (roche, charbon), bruit et chocs (explosions), inondations et glissements de terrain associés aux barrages de stériles. La réhabilitation des espaces exploités est très imparfaite, car les opérateurs miniers ne reconstituent pas les sols et la forêt ne peut s’y réinstaller. Vue du ciel, cette partie des Appalaches apparaît donc comme une traînée de larges cavités (mines en activité) et de plaques enherbées (anciennes mines) sur plus de 800 kilomètres. L’emprise foncière des mines de charbon est considérable et la perte de valeur des propriétés privées du fait de la proximité des mines vulnérabilise encore davantage les rares espaces encore préservés entre les concessions.

Source :

http://www.ilovemountains.org/mc/

Pour en savoir plus, contacts :

Photographies aériennes de sites miniers des Appalaches : http://www.ohvec.org/galleries/mountaintop_removal/007/
Code brève
ADIT : 52039

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….