Congress Wars : Un Nouvel Espoir
Elections de mi-mandat : Les scientifiques à l’assaut du Congrès.

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Encouragés par les attaques menées par le gouvernement de Donal Trump, de nombreux scientifiques ont décidé de se porter candidat aux prochaines élections. Ainsi, pour l’instant, 60 scientifiques seront candidats aux élections de mi-mandat au niveau fédéral et 200 au niveau local. Tous les domaines de la recherche sont représentés, de la biologie et de la médecine, à la géologie et la chimie.
Il s’agit pour la plupart de nouveaux venus dans le monde de la politique, même si certains sont déjà des vétérans. Randy Wadkins par exemple a passé un an au sein de l’équipe de Steve Cohen, membre du Congrès, dans le cadre du programme « Science & Technology Policy Fellowships » de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), entre autres éditrice de la revue « Science ».

Des organismes accompagnent et encouragent les chercheurs dans leur démarche

Ce programme, qui a sponsorisé plus de 3000 chercheurs et ingénieurs depuis 1973, permet aux scientifiques d’intégrer l’équipe d’un membre du Congrès pendant 1 an afin qu’ils apprennent les rouages de l’administration et apportent conseils et rigueur scientifique au processus législatif. L’AAAS finance grâce à ses partenaires privés le travail du scientifique durant son détachement. Malgré l’existence de ce type de programmes, les processus électifs restent difficiles d’accès pour les scientifiques.

L’arrivée de ces nouvelles candidatures est soutenue par le groupe d’influence « 314 Action » (en référence au nombre Pi).
314 Action milite pour renforcer le rôle des sciences dans la création des politiques publiques et encourage les scientifiques à s’impliquer dans la vie publique. Son action est multiple : soutien et financement de campagnes électorales, formation des scientifiques et des étudiants au militantisme et à la politique, pression sur les membres du gouvernement.
314 Action accompagne ainsi l’élection d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes, n’ayant pas construit leur parcours autour d’une carrière en politique et mettant les faits scientifiques au cœur de leur prise de décision.

Actuellement, seul un membre du Congrès sur 535 a fait carrière dans la recherche, Bill Foster, docteur en physique, membre du panel scientifique du Congrès et ardent défenseur de l’importance des sciences dans les processus législatifs. En parallèle, en France, environ 6 députés sur 577 ont fait carrière dans la recherche scientifique et environ 4 sur 577 lors de la précédente législature.

L’influence du gouvernement va t’elle changer le visage du congrès ?

Les scientifiques ne sont en effet pas les seuls à réagir face aux attaques successives du gouvernement. Le dernier décompte montre que deux fois plus de femmes ont décidé de se présenter en 2018 par rapport à 2016. Le groupe d’influence démocrate EMILY’s List, acteur historique de la promotion des femmes en politique a ainsi du agrandir ses locaux et recruter du personnel pour faire face à cette augmentation historique de leur activité. On peut ainsi espérer voir le Congrès devenir un peu plus paritaire (actuellement, seuls 19.3% des membres du Congrès sont des femmes).


Rédateur
- Xavier Arrom, Stagiaire pour la Science et la Technologie, Ambassade de France à Washington DC, stagiaire-envt@ambascience-usa.org