Consortium sur la création de communautés américaines d’innovation

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Les Etats-Unis se targuent d’être les leaders incontestés de l’innovation. Capables d’attirer les meilleurs talents étrangers, de financer des projets scientifiques toujours plus avant-gardistes et de produire des richesses significatives grâce à la commercialisation de leurs découvertes, ils sont actuellement en proie à une singulière interrogation : celle de la pertinence de leur modèle face à la mondialisation.

Les Etats-Unis sont considérés par la communauté internationale comme les pionniers en matière d’innovation. En 1951 à Palo Alto, ils étaient les premiers à créer un "research park", équivalent de nos pôles de compétitivité ; 30 années plus tard, ils étaient les premiers à légiférer sur la commercialisation des produits de recherche issus des centres académiques ainsi que sur une réforme des brevets destinée à faciliter les partenariats publics-privés. Ces incitations on eu pour effet de créer une dynamique autour du transfert de technologies et de la commercialisation des produits de recherche propulsant le système d’innovation des Etats-Unis à la tête des pays occidentaux.

La majeure partie de ces incitations était destinée à faciliter et encourager des actions qui émergeaient déjà et non à donner un cadre directif. Cette attitude très libérale s’est avérée payante puisqu’elle ne servait que de support à une dynamique entrepreneuriale très ancrée dans la culture américaine. Mais cela était sans compter sur les économies émergentes qui se positionnent sur des créneaux similaires grâce des politiques nationales agressives. C’est le message qu’un consortium composé de professionnels du transfert de technologies, professionnels du développement économique et chercheurs fédéraux a voulu faire passer : les Etats-Unis ne pourront garder leur leadership en matière d’innovation sans une politique fédérale cohérente.

C’est pourquoi ils appellent à la création de zones économiques américaines. Ces zones incluraient les universités, les "esearch parks", les laboratoires fédéraux et les incubateurs d’entreprises. L’idée principale prônée par ce consortium est de développer une vraie stratégie au niveau fédéral plutôt qu’un interventionnisme directif contraignant. Au centre de l’action du Gouvernement fédéral : la prospective et le soutien des écosystèmes locaux d’innovation dans le cadre d’une politique concertée. Les propositions concrètes avancées pour appuyer cette volonté de création de "communautés d’innovation" sont :
- Mettre en place un plan de découpage des zones technologiques identifiées et déterminer des zones fédérales d’innovation sur les domaines stratégiques des Etats-Unis : énergie, changement climatique, sécurité nationale,
- Pérenniser la notion de "cluster" en facilitant la collaboration entre universités, laboratoires fédéraux, acteurs du privé,
- Redéfinir une politique fiscale incitative à destination de ces zones afin de favoriser l’installation d’entreprises et remettre au goût du jour la notion de crédit impôt recherche,
- Privilégier l’allocation de bourses fédérales (SBIR, STTR,…) à des projets collaboratifs au sein de ces zones,
- Développer les relations internationales de ces zones prioritaires entre autres par l’accueil de sociétés en émergence au sein des incubateurs américains (concept de "soft landing"),
- Créer une fondation fédérale technologique, basée sur les modèles des fondations des universités pour favoriser la recherche transdisciplinaire.

La date de sortie de ce texte n’est pas un hasard. Il est destiné à alerter la nouvelle administration sur la perte de vitesse des Etats-Unis en matière d’innovation. Même s’il paraît assez surprenant de prôner une certaine forme d’interventionnisme fédéral, les Etats-Unis ont bel et bien une forte politique fédérale plus souvent assimilée à une administration peu flexible et loin des réalités. C’est là tout l’enjeu de cette proposition : doter les Etats-Unis d’une stratégie claire et concrète en matière d’innovation dans le but d’optimiser les ressources du pays, à savoir sa capacité de formation, de recherche et de commercialisation encore inégalée.

Source :

"The Power of Place : A National Strategy for Building America’s Communities of Innovation" Association of University Research Parks - Le rapport : http://www.aurp.net/meet/The_Power_of_Place.pdf - La présentation : http://www.aurp.net/meet/power_of_place.cfm

Pour en savoir plus, contacts :


- The Council on Competitiveness, http://www.compete.org/
- The National Association of Seed and Venture Funds, http://www.nasvf.org/
- The National Business Incubator Association, http://www.nbia.org/
- The National Council of Entrepreneurial Tech Transfer, http://ncet2.org/
- The State Science and Technology Institute, http://www.ssti.org/
Code brève
ADIT : 56605

Rédacteur :

Aline Charpentier, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….