De Berkeley à Cornell, l’étendard de la querelle est Brandy

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Une nouvelle étude apporte un élément supplémentaire au débat entourant les bénéfices environnementaux de la substitution de l’éthanol aux carburants conventionnels. Publiée par un groupe de chercheurs de UC Berkeley sous la direction de Alex Farrell, elle tend à démontrer que la production de l’éthanol produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme au cours de son cycle de vie.
Ce débat agite depuis plus de dix ans la communauté scientifique et de nombreux articles contestant le bénéfice énergétique global de la production d’éthanol ont été publiés, notamment sous la plume de David Pimentel de l’Université Cornell. Selon ces articles, le bilan énergétique net de la production d’éthanol est négatif. Mais le Dr Farrel et ses collègues contestent la notion "d’énergie nette", qui ne tient pas compte des sous-produits de la fabrication de l’éthanol. Une analyse plus exhaustive du cycle de vie, affirment-il, permet d’estimer un gain global de 20%.
En revanche, l’étude ne tranche pas sur le bilan du biocarburant en termes de gaz à effet de serre. Plusieurs composés carbonés et nitrés, de potentiel de réchauffement variés sont en effet impliqués sous forme minérale et organique dans le cycle de production de l’éthanol. Selon les auteurs, les modèles permettant d’effectuer un bilan de GES ne sont pas encore au point.
Y compris au niveau du débat scientifique, adversaires et défenseurs de l’éthanol se soupçonnent mutuellement de servir des intérêts corporatistes. Le lobby fermier pour les partisans et le lobby pétrolier pour les sceptiques…
L’éthanol est principalement produit à partir de maïs, par fermentation des sucres issus de l’amidon. De nouvelles technologies permettant de transformer la cellulose sont en cours de développement. Il existe actuellement 94 usines de production d’éthanol aux Etats-Unis et 30 installations nouvelles sont en construction. La production annuelle est de l’ordre de 4 milliards de gallons, soit environ 15 millions de m3 d’équivalent-gasoline. Cette quantité correspond à 10 jours de consommation en carburants des Etats-Unis et mobilise plus de 10% de la production américaine de maïs.

Source :


- E-newspaper : http://www.latimes.com/business/la-fi-ethanol27jan27,0,7578069.story?coll=la-headlines-business
- Article original : A.E. Farrell et al., Ethanol Can Contribute to Energy and Environmental Goals, Science, Vol. 311. no. 5760, pp. 506 - 508 - http://rael.berkeley.edu/EBAMM/FarrellEthanolScience012706.pdf
- Compléments sur le modèle utilisé (EBAMM) : http://rael.berkeley.edu/EBAMM/
Ethanol industry outlook 2005 : http://www.ethanolrfa.org/objects/pdf/outlook2005.pdf
- Les sceptiques.
(1) David Pimentel (Cornell) : http://www.news.cornell.edu/stories/July05/ethanol.toocostly.ssl.html
(2) Tad Padzek (UC Berkeley) :
http://petroleum.berkeley.edu/papers/patzek/CRPS416-Patzek-Web.pdf
(3) Pimentel et Taszek :
http://www.springerlink.com/(wuzd2l45ymjtud55k5afns45)/app/home/contribution.asp ?referrer=parent&backto=issue,6,6 ;journal,3,46 ;linkingpublicationresults,1:105547,1
- Science et lobbies, un exemple… - http://www.ncga.com/ethanol/debunking/

Rédacteur :

Philippe Jamet, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr
Claire Notin, adjoint.sciences@consulfrance-chicago.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….