De la recherche fondamentale aux essais cliniques en un an : émergence d’une nouvelle thérapie potentielle contre les syndromes myéloprolifératifs

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Un partenariat unique entre l’industrie et la recherche académique a conduit en tout juste un an le médicament candidat le plus prometteur pour les syndromes myéloprolifératifs (SMP), aux essais cliniques.

Un syndrome myeloprolifératif est une maladie caractérisée par une production anormale de certains types de cellules sanguines dans la moelle osseuse. Il s’agit d’une prolifération clonale des cellules souches hématopoïétiques uniquement myéloïdes qui conservent une capacité de différenciation.

En 2006, C. Jamieson, M.D. Ph.D, Assistant Professor of Medicine, de l’University of California San Diego, et Directeur du Stem Cell Research du Moores UCSD Cancer Center, montrait qu’une mutation du gène codant pour la protéine JAK2 chez les patients atteints du SMP appelé maladie de Vaquez, donnait la possibilité aux cellules de passer outre le processus qui régule normalement la production des globules rouges.

La présente étude menée par Jamieson, et financée par le CIRM (California Institute for Regenerative Medicine) a mis en évidence un inhibiteur capable de stopper la prolifération non contrôlée des cellules sanguines. Une étude parallèle menée à la Harvard Medical School par D. Gary Gilliland, Ph.D, M.D., a démontré des résultats similaires.

Dans l’étude de Jamieson, les scientifiques ont transféré des cellules souches sanguines du cordon ombilical, génétiquement manipulées pour contenir le gène JAK2 muté, dans des souris immunodéfiscientes afin de vérifier si la surexpression d’un seul gène pouvait conduire, ou du moins initier, la maladie. Les souris ainsi traitées ont développé une maladie similaire à la maladie de Vaquez. Ces résultats ont été confirmés par l’injection de cellules de patients malades dans ces mêmes souris. Les scientifiques ont démontré ainsi que la mutation de JAK2 est nécessaire et suffisante pour déclencher la maladie.

Dans l’idée que bloquer l’effet de la mutation pourrait empêcher la production excessive des cellules sanguines, et avec la contribution majeure de Jason Gotlib de la Stanford University et Ayalew Tefferi du Mayo Clinic, TargeGen a développé un inhibiteur de JAK2. Dans les modèles animaux, cet inhibiteur bloque la surexpression du gène et rétablit la production normale des globules rouges. Cet inhibiteur étant spécifique de JAK2, les effets secondaires sont mineurs.

Les essais pré-cliniques ont confirmé le potentiel thérapeutique de cet inhibiteur. Des essais cliniques sont actuellement en cours dans plusieurs centres de recherche majeurs dans tous les Etats-Unis.

Source :


- Stem cell research leads to potential new therapy for rare blood disorder, EurekAlert, 07/04/2008 : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2008-04/uoc--scr040108.php
- From bench to bedside in one year : stem cell research leads to potential new therapy for rare blood disorder, Debra Kain, UCSD News Center, 07/04/2008 : http://ucsdnews.ucsd.edu/newsrel/health/04-08RareBloodDisorder.asp

Pour en savoir plus, contacts :


- Sur les syndromes myéloprolifératifs : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_my%C3%A9loprolif%C3%A9ratif
- Sur C Jamieson : http://hem-onc.ucsd.edu/Default.aspx?tabid=1&mid=344&ctl=ResearchSummary&ItemId=35
- Sur D. Gary Gilliland : http://www.hms.harvard.edu/dms/bbs/fac/gilliland.html
- Sur les deux études en question : http://www.cancercell.org/content/article/abstract?uid=PIIS1535610808000573 - http://www.cancercell.org/content/article/abstract?uid=PIIS1535610808000457
Code brève
ADIT : 53946

Rédacteur :

Camille Arnaud, deputy-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org - Mireille Guyader, attache-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….