Départ inattendu de l’administrateur par intérim de la NASA

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Résumé

Annonce du départ à la retraite de l’actuel administrateur par intérim de la NASA, entré à l’agence comme ingénieur d’essai de propulsion il y a quelques trente années. Alors que l’administration soutient fortement le domaine spatial et a amorcé des évolutions importantes dans ce domaine, le Sénat maintient sa position face au blocage de la nomination de Jim Bridenstine (républicain, Oklahoma), proposée par l’administration.

Le 12 mars, l’administrateur par intérim de la NASA Robert Lightfoot a annoncé à ses équipes son départ à la retraite à compter du 30 avril 2018. R. Lightfoot avait pris ses fonctions le 20 janvier 2017, à la suite de la démission de Charles Bolden, dans le cadre du changement de l’administration américaine après les élections présidentielles ayant amené Donald Trump à la magistrature suprême.

Un administrateur par intérim entré à la NASA comme ingénieur d’essai de propulsion

R. Lightfoot a intégré le Marshall Space Flight Center en 1989, en tant qu’ingénieur d’essai en propulsion. Il a ensuite rejoint le Stennis Space Center, devenant responsable de la direction des essais de propulsion en 2002. Il a ensuite passé deux ans au siège de la NASA en tant que vice-administrateur associé en charge du programme de la navette. Il est retourné au Marshall Space Flight Center en 2005 pour en occuper le poste de directeur adjoint, puis de directeur, entre 2009 et 2012, date à laquelle il est devenu administrateur associé de la NASA jusqu’à sa nomination comme administrateur par intérim.

Un temps fort du spatial américain

Durant son mandat de responsable de la NASA par intérim de 406 jours, une durée qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’agence, R. Lihghtfoot aura participé aux deux premières réunions du National Space Council (restauré en juin 2017) conduites par le vice-président Mike Pence et aura porté la requête budgétaire présidentielle pour l’année fiscale 2019 (octobre 2019 – septembre 2020), qui traduit une première étape dans la réorientation de la politique américaine de l’administration Trump, exprimée au travers de la Space Policy Directive 1 promulguée le 11 décembre 2017, avec notamment le souhait de :

  • mettre un terme au financement public direct de la station spatiale internationale en 2025 et d’en transférer l’exploitation au secteur privé ;
  • développer une infrastructure cis-lunaire (Lunar Orbital Platform-Gateway ou LOP-G) et de mettre en œuvre un retour de l’être humain sur la lune, prélude à des missions habitées vers Mars, voire au-delà.

La proposition de nomination du candidat de l’administration Jim Bridenstine toujours bloquée au Sénat

Cette annonce surprise de l’administrateur par intérim intervient alors que le Sénat apparait toujours opposé à la candidature proposée par l’administration Trump le 2 septembre 2017. Le camp démocrate au Sénat (49 voix) fait en effet bloc pour rejeter la candidature de Jim Bridenstine (républicain, Oklahoma). Le camp républicain, majoritaire, pourrait en cas de passage au vote, ne pas réunir le nombre nécessaire de voix pour assurer la nomination de Jim Bridenstine, du fait de :

  • l’opposition de Marco Rubio (républicain, Floride) ;
  • et de la non-disponibilité de deux sénateurs pour participer à un vote, pour des raisons de santé : John McCain (Arizona) et Thad Cocran (Mississipi).

Dans ce contexte, le Vacancies Reform Act pourrait conduire l’administration à nommer directement un nouvel administrateur par intérim, pour une prise de poste le 30 avril 2018. Si une option en interne était privilégiée, le choix pourrait se porter sur Steve Jurczyk, tout récemment nommé numéro trois par intérim de la NASA (Acting Associate Administrator) et jusqu’alors administrateur associé en charge de la direction des missions de technologies spatiales. A noter que le poste d’administrateur adjoint (numéro deux de la NASA) est aujourd’hui vacant (poste par occupé par intérim par Lesa Roe du 20 janvier 2017 au 30 septembre 2017).