Des cellules souches pluripotentes induites évitent la cécité chez les rats

, Partager

Une collaboration entre l’University of California, Santa Barbara (UCSB) et l’University College of London (UCL) a montré récemment qu’il était possible de préserver la vision chez des rats atteints de cécité provoquée par une dégénérescence maculaire d’origine génétique.

La stratégie thérapeutique mise en place par les équipes de recherche fait appel aux cellules souches pluripotentes induites (iPS) [1]. Le phénomène de dégénérescence maculaire observé touche les cellules RPE (Retinal Pigmented Epithelial), cellules constituant l’épithélium pigmentaire, situé sous la rétine. Ces cellules "nourrissent" les photorécepteurs (cônes et bâtonnets), qui sont à la base du mécanisme de la vision. La mutation génétique présente dans la lignée de rats étudiée provoque la dégénérescence de ces cellules et, par conséquent, celle des photorécepteurs. Cette maladie dégénérative se présente sous deux formes, appelées respectivement "humide" et "sèche". Dans le premier cas, des micro-saignements sous la rétine provoquent son décollement et l’endommagement de la vision. Dans le second cas, le plus répandu (85% des personnes souffrant de dégénérescence maculaire souffrent de cette version de la pathologie [2]), c’est la dégénérescence directe des cellules de la rétine qui provoque la perte d’acuité visuelle.

L’équipe de recherche basée à UCSB, menée par Dennis Clegg, a utilisé des cellules souches pluripotentes induites pour recréer des cellules RPE, qui ont ensuite été greffées dans la rétine de rats touchés par la mutation, par l’équipe à UCL, menée par Pete Coffey. L’étude a montré que lorsque cette opération était réalisée avant la dégénérescence des photorécepteurs, la vision était conservée. Ce résultat est extrêmement encourageant et ouvre des perspectives pour le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Cette étude laisse espérer que l’on pourrait traiter les personnes atteintes de dégénérescence maculaire "sèche" par une approche similaire. L’utilisation des cellules souches iPS dans le cadre de la médecine régénérative n’en est cependant qu’à ses débuts et de nombreux tests cliniques sont nécessaires pour s’assurer de l’innocuité de traitements basés sur cette méthode. Le Pr. Coffey mettait encore récemment en garde les familles britanniques contre certaines approches présentées comme "remèdes miracles" [3].

[1] Les cellules souches pluripotentes induites sont une catégorie de cellules souches pluripotentes découverte en 2007. La grande majorité des cellules d’un organisme adulte sont des cellules dites "différenciées" : elles ont évolué pour jouer un rôle particulier au sein d’un organe précis. Une cellule de foie ne peut donc pas, en temps normal, donner un neurone par division cellulaire. Il a été montré en 2007 qu’en forçant l’expression de certains gènes, il était possible de faire "régresser" une cellule différenciée au stade de cellule souche pluripotente, ce terme signifiant que la cellule peut évoluer en n’importe quel type de cellule différenciée. Il est donc en théorie possible de prélever des cellules chez un patient, de les transformer en cellules souches pluripotentes induites puis de les faire évoluer en un type de cellule différencié donné afin de remplacer des cellules endommagées. Cette technique présente deux avantages principaux : la greffe a moins de risque d’être rejetée puisque les cellules greffées proviennent du patient lui-même et l’utilisation de cellules différenciées pose moins de problèmes éthiques que le recours aux cellules souches embryonnaires.

Source :


- Adult cells turned stem cell, Teisha Rowland, The Santa Barbara Independant, 12/12/2009, http://www.independent.com/news/2009/dec/12/adult-cells-turned-stem-cell/
- UCSB,UCL Scientists Rescue Visual Function in Rats Using Induced Pluripotent Stem Cells, University of California, Santa Barbara Press Release, 03/12/2009, http://www.ia.ucsb.edu/pa/display.aspx?pkey=2141

Pour en savoir plus, contacts :


- Sur Dennis Clegg : http://convergence.ucsb.edu/article/question-answer-dennis-clegg
- Sur les cellules souches : http://stemcells.nih.gov/info/basics/basics10.asp
- [2] Site du National Eye’s Institute : http://www.nei.nih.gov/health/maculardegen/armd_facts.asp
- [3] http://www.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/health/child_health/article6823372.ece
Code brève
ADIT : 61813

Rédacteur :

Thomas Biedermann, deputy-sdv.mst@consulfrance-losangeles.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….