Des lignées de cellules souches dérivées à partir d’un ovocytes non fécondés

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En collaboration avec une équipe russe, des chercheurs du Lifeline Cell Technology de Walkersville, Maryland sont parvenus pour la première fois à dériver des lignées de cellules souches à partir d’un ovocyte non fécondé. Devant le potentiel des cellules souches et les difficultés réglementaires et éthiques rencontrées, les chercheurs américains tentent de proposer des solutions alternatives capables de contourner la polémique liée à la destruction des embryons humains pour établir des lignées de cellules souches embryonnaires humaines.

Pour répondre à ces problèmes et créer des lignées compatibles avec les patients, les scientifiques tentent d’utiliser le clonage thérapeutique en intégrant l’ADN prélevé chez le patient dans des embryons non fécondés. Cependant, si cette méthode marche dans la théorie, aucune équipe de recherche n’est parvenue à réaliser cette expérience.

Cette nouvelle étude emprunte la voie de la parthénogenèse. Les chercheurs stimulent un gamète femelle pour qu’il débute un développement embryonnaire. Ce développement ne peut bien entendu pas aboutir à un embryon viable mais suffit pour produire des lignées de cellules souches (il va de soi que ce protocole n’est valable que pour la femme).

Dans une publication parue dans le journal Cloning and Stem Cells, Jeffrey Janus, président de Lifeline et auteur de l’étude, déclare avoir dérivé 6 nouvelles lignées cellulaires provenant de 5 patientes différentes. Ces lignées cellulaires présentent une morphologie typique de cellules souches embryonnaires humaines et expriment les marqueurs appropriés. Une étude caryotypique complète a été effectuée ; une seule lignée présente des anormalités.

Kent Vrana de l’Université de l’Etat de Pennsylvanie, qui a réalisé un travail comparable chez le singe, qualifie cette découverte de "belle avancée". Selon elle, cette étude apporte un outil supplémentaire en plus du clonage thérapeutique pour établir de nouvelles lignées cellulaire utilisable pour les recherches.

George Daley, chercheur reconnu sur cette thématique au Harvard Stem Cell Institute se demande si les cellules souches dérivées sont aussi "performantes" que les cellules souches dérivées d’embryons fécondés. Il s’interroge notamment sur les effets que pourraient entraînés l’absence d’une contribution masculine. En effet, l’ADN des spermatozoïdes présente des marqueurs moléculaires qui diffèrent de ceux présent sur l’ovocyte non fécondés. Ces marqueurs masculins sont notamment connus pour moduler l’activité de certains gènes.

D’un point de vue éthique, cette solution lève encore quelques objections. Si Ronald Green, responsable d’éthique au Dartmouth College estime que cette voie est acceptable pour produire des lignées de cellules souches, le Révérend Tad Pacholczyk du National Catholic Bioethics Center de Philadelphie est plus critique. Il estime que si ces cellules peuvent se développer en tant qu’embryon pendant quelques heures, ils sont à part entière des êtres humains et ne doivent donc pas être utilisés pour cette recherche.

Source :


- http://www.liebertonline.com/doi/pdfplus/10.1089/clo.2007.0033
- http://www.lifelinecelltech.com/#
- http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/n/a/2007/06/28/national/a010728D58.DTL

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray assistant-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….