Détection de cancers à l’aide d’un composant microfluidique implantable

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Les technologies permettant la détection précoce de cancers par l’intermédiaire de biomarqueurs sont destinées à avoir un fort impact dans la recherche contre le cancer et dans les soins cliniques des patients. Les techniques actuelles qui permettent de détecter la présence de biomarqueurs sont limitées par le fait que les échantillons doivent être constamment prélevés et faciles d’accès, ceci afin de connaître le niveau de développement de la tumeur cancéreuse en temps réel.

Une nouvelle technique, connue sous le nom de "implanted magnetic sensing", a été développée par Michael Cima et Robert Langer, tous deux chercheurs au MIT-Harvard Center of Cancer Nanotechnology Excellence (Cambridge, MA), afin de contrôler le développement des tumeurs et la progression de la chimiothérapie chez les patients atteints d’un cancer. Elle utilise les propriétés de détection d’interrupteurs à relaxation magnétique (Magnetic Relaxation Switches : MRS). Les MRS sont des nanoparticules magnétiques qui diminuent le temps de relaxation transverse (T2) de l’eau en présence d’un métabolite. Ces MRS sont renfermés dans une multitude de réservoirs, réalisés en PDMS, qui disposent chacun de membranes semi perméables contenant des pores de 10 nanomètres permettant aux métabolites de pénétrer les réservoirs tout en empêchant la diffusion des MRS. Des anticorps spécifiques d’une molécule cible sont attachés à la surface de ces nanoparticules, et lorsque les molécules cibles sont présentes elles se fixent aux particules et provoquent leur agglutination. La détection de cette agglutination est effectuée par imagerie par résonance magnétique.

Les chercheurs du MIT ont validé leur technique en développant un implant contenant des anticorps reconnaissant la gonadotrophine ß humaine (hCG-ß), biomarqueur soluble spécifiquement présent dans les cancers des ovaires et des testicules. Des tests réalisés in vitro ont montré que cet implant peut détecter la présence du biomarqueur, le hCG-ß, à l’intérieur du corps du patient. Il peut être maintenu pour une longue période de temps et peut être implanté directement au sein de la tumeur, permettant ainsi aux chercheurs d’observer plus directement ce qui s’y passe. La démonstration de la faisabilité de ce prototype est une première étape dans le développement de détecteurs implantables permettant la détection de biomarqueurs in vivo, le prochain objectif de cette équipe étant que chaque réservoir formant l’implant détecte un biomarqueur différent.

Source :


- Implantable microfluidic device could detect cancer markers , Nanotech News, National Cancer Institute Octobre 2007 : http://nano.cancer.gov/news_center/2007/oct/nanotech_news_2007-10-31c.asp -
- Publication parue dans Lab on Chip : "Multi-reservoir device for detecting a soluble cancer biomarker" - Karen D. Daniel, Grace Y. Kim, Christophoros C. Vassiliou, Farzad Jalali-Yazdi, Robert Langerad and Michael J. Cima- http://www.rsc.org/Publishing/Journals/LC/article.asp?doi=b705143c

Pour en savoir plus, contacts :

"Combattre le Cancer à l’aide des Nanotechnologies : l’effort américain" - Romaric Fayol, Roland Herino - Dossier Science Physique de l’Ambassade de France aux Etats-Unis - http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/2007/smm07_069.htm
Code brève
ADIT : 51917

Rédacteur :

Romaric Fayol - deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….