Doctorants aux Etats-Unis : peuvent mieux faire

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Le Council of Graduate School a publié le 16 juillet dernier les résultats préliminaires d’une enquête, le Ph.D. Completion Project (financé par Pfizer et la Fondation Ford), qui vise à comprendre pourquoi certains doctorants finissent leur thèse rapidement tandis que d’autres avancent plus lentement ou ne finissent jamais. Vingt-neuf universités, y publiques et privées, ont participé à cette enquête. Le but final est d’identifier des stratégies pour que plus de candidats obtiennent leur doctorat dans les meilleurs délais.

Les résultats de l’enquête mettent l’accent sur le fait que le financement est le facteur le plus déterminant pour la longueur d’une recherche doctorale. 80% des nouveaux diplômés l’ont classé au premier rang parmi les facteurs qui ont joué un rôle à cet égard. Par ailleurs, 63% ont mis en avant la qualité du tutorat par leur directeur de thèse ou par un tuteur, 60% le soutien familial, 39% la qualité du programme de l’école doctorale, enfin 30% ont cité la qualité de conseils professionnels.

L’enquête a également confirmé, à la suite des études précédentes, que les doctorants en sciences humaines et sociales sont ceux qui prennent le plus leur temps. Alors que plus de la moitié des doctorants en science physique, en biologie ou en ingénierie ont conclu leur doctorat après six ou sept ans, les doctorants en sciences sociales ne sont que 40% à avoir conclu au bout de 7 ans, tandis que les doctorants en lettres ne sont que 29% à avoir fait de même.

Quelle que soit la discipline, l’asymptote se situe à moins 60% de réussite pour les thèses entamées (57% en moyenne au bout de 10 ans). Le taux de réussite est un peu plus élevé en ingénierie et en sciences de la vie (près de 65%) qu’en sciences physiques, mathématique ou sciences sociales (environ 55%), les humanités fermant la marche avec moins de 50%. On ne constate pas de vraie différence public-privé.

La durée d’ensemble des études doctorales elle-même (souvent 6 à 10 ans) est une autre illustration du rôle du financement : une thèse est souvent une thèse réalisée à temps partiel (et son achèvement dépend souvent d’une retraite estivale organisée par l’université). Ce financement lui-même a des sources variables suivant les disciplines :
- en sciences de la vie 79% des thésards bénéficient d’une bourse,
- en humanités (81%), sciences physiques et mathématiques (74%) et sciences sociales (70%) ce sont les postes d’assistants qui reviennent le plus souvent,
- en ingénierie, un temps partiel de chercheur (75%) est la réponse dominante.

Le fait d’exercer un travail d’assistant (teaching assistant) est largement considéré comme allongeant la durée d’une thèse, ce qui pourrait expliquer la plus longue durée (et le plus fort taux d’échec) en SHS, nonobstant les meilleurs résultats en sciences physiques et mathématiques. Il faut noter qu’un doctorant donné combine le plus souvent plusieurs de ces financements pour pouvoir conduire sa thèse.

Enfin, le recours à des prêts est une modalité classique. On peut noter qu’environ 20% des doctorants en science ont un encours de prêt de plus 35.000 dollars, contre 35% voire 38% pour leurs collègues en sciences sociales et en humanités.

Source :


- Why and When Ph.D. Students Finish, Inside Higher Education, 17 juillet 2007 : http://insidehighered.com/news/2007/07/17/phd
- Ph.D. Completion Project : http://www.phdcompletion.org/resources/index.asp

Rédacteur :

Kim Rinehimer, assistant-stic.mst@ambafrance-us.org - Jean-Philippe Lagrange, attache-stic.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….