Du nom de pollution, le bruit s’honore…

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Un nombre croissant de publications scientifiques est consacré aux effets adverses du bruit sur la santé. Les scientifiques découvrent progressivement que l’exposition chronique des populations aux bruits divers de l’environnement (trafic automobile et aérien, travaux, jardinage, voisinage) est susceptible de provoquer des dommages sanitaires très divers. Aux Etats-Unis, de nombreux experts et associations réclament la reconnaissance du bruit comme pollution à part entière par les autorités fédérales.

La perte d’acuité auditive n’est qu’un effet parmi d’autres de l’exposition au bruit. Celle-ci peut provoquer des réactions hormonales, comme la production de protéines de stress, même à faible niveau sonore et pendant le sommeil. Par ailleurs, plusieurs études démontrent l’effet du bruit sur le développement cognitif et même sur la sociabilité et la générosité. Certains de ces effets sont irréversibles.

En dépit de ces constats, la production de bruit et la contamination de l’environnement qui en résulte bénéficient d’une grande indulgence des autorités américaines. Il faut dire qu’aux Etats-Unis, l’organisme de contrôle du bruit, l’Office of Noise Abatement and Control (ONAC, branche de l’Environmental Protection Agency, EPA) a disparu en 1982 par extinction de son budget. Depuis lors, des subventions sont accordées par l’EPA au titre de la lutte contre le bruit. Mais le décret de création de l’ONAC n’a jamais été abrogé. De ce fait, les Etats ne se sont pas vraiment appropriés la lutte contre le bruit et la police rechigne à verbaliser les excès de pollution sonore.

Comme le montrent les données de l’US Census Bureau, le bruit affecte un nombre croissant d’américains. L’American Housing Survey de 2005 montrait que 22,5% de la population vivait en présence de bruits de circulation, 9,2% jugeaient dérangeant ce contexte sonore et 3,1%, si dérangeant qu’elles souhaitaient déménager. Selon les experts, l’amélioration de la qualité de l’environnement sonore aux Etats-Unis passe par l’adoption de réglementations fédérales ou locales contraignantes ou la réautorisation de l’ONAC.

Source :


- http://www.alternet.org/environment/52077/
- Noise pollution : a modern plague. Goines L, Hagler L., South Med J 2007 ;100(3):287-94 : http://www.thefreelibrary.com/Noise+pollution :+a+modern+plague-a0161610863
(texte intégral, format HTML)

Pour en savoir plus, contacts :


- http://www.census.gov/hhes/www/housing/ahs/05dtchrt/05adtchrt/tab3-8.html
- Noise Free America : http://www.noisefree.org/
- Noise Off : http://www.noiseoff.org/
- Noise Pollution Clearinghouse : http://www.nonoise.org/
- Noise : A Health Problem, USEPA, Office of Noise Abatement and Control, Washington, 1978 http://www.nonoise.org/library/epahlth/epahlth.htm
- La disparition de l’ONAC, conséquences : http://home.netvista.net/hpb/epaonac3.html
Code brève
ADIT : 43163

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….