Etats-Unis Espace n°472

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1. POLITIQUE SPATIALE

Une controverse nommée Charles Bolden

L’avenir de la NASA est décidément au centre de nombreuses discussions : outre le problème épineux du vote de son budget pour l’année 2011, l’agence spatiale américaine subit également les controverses liées à son administrateur, Charles Bolden. Ce dernier, dont on parle beaucoup mais qu’on voit, finalement, peu en ce moment, semble en effet paradoxalement chercher à se faire le plus discret possible vis-à-vis des médias, alors même que la NASA se trouve mise sous le feu des projecteurs, tant son actualité – ou plus exactement, son futur – est une question sensible, dans un contexte compliqué de changement de majorité post élections à la Chambre des Représentants et de vote du budget fédéral de 2011.

Déjà source de certaines polémiques lors de sa nomination en mai 2009, l’ancien astronaute devenant alors le premier afro-américain à diriger l’agence spatiale américaine, à l’image de la personne responsable de sa nomination, qui n’est autre que le Président Obama, Charles Bolden avait pourtant réussi à acquérir un soutien quasi unanime de la part des citoyens et politiciens américains. Vétéran du Vietnam, ancien major-général du corps des Marines de l’armée américaine, multi-médaillé et multi-diplômé, ayant enfin à son actif quatre missions à bord de la navette spatiale, nul ne peut nier au Major General Charles Bolden sa connaissance parfaite du domaine spatial. Son parcours le hisse ainsi à un statut de héros national, capable de mettre en œuvre les ambitions spatiales des Etats-Unis.

Mais diriger une agence qui représente plus de 17 milliards de dollars par an – et presque 18000 employés répartis sur 10 centres – n’est pas chose simple, et, le contexte de restructuration n’aidant pas, le Général Bolden accumule gaffes et autres maladresses qui tendent progressivement à le décrédibiliser. On se souvient par exemple de la polémique suscitée par ses propos lors d’une interview donnée à la chaîne Al Jazeera, où il déclarait clairement que l’une des missions prioritaires de la NASA était de porter assistance au monde musulman. En outre, ses absences à répétition alors même que la NASA traverse des moments critiques lui sont vivement reprochées : on lui comptabilise en effet une quinzaine de déplacements internationaux en à peine 1 an et demi, et ce, que ce soit au moment d’un lancement de navette spatiale ou, pire, au moment précis où le Congrès entreprend de mettre à mal la politique spatiale du Président Obama. Son dernier voyage, en Chine, a d’autant plus suscité la controverse parmi les républicains, par ailleurs vainqueurs aux élections de mi-mandat, qui ne voient pas d’un bon œil l’éventualité d’une coopération spatiale avec le pays communiste. Pour continuer, Charles Bolden a récemment été blâmé sur son manquement à l’éthique, en raison d’une consultation auprès de l’entreprise Marathon Oil Corportation au sujet d’un programme de biocarburants de la NASA, cette dernière affaire impliquant en plus un problème de conflit d’intérêts de sa part, le Général détenant un effet un million de dollars d’actions au sein de cette entreprise. Ces nombreux dérapages, ajoutés aux tensions avec la Maison Blanche dues à des divergences notables d’objectifs depuis la présentation du programme spatial d’Obama, ont poussé l’administrateur général de la NASA à s’effacer considérablement devant les médias, préférant se contenter de lire des discours, déléguer les prises de paroles à sa seconde, Lori Garver, et réserver les siennes aux seuls employés de son agence, comme lors de sa visite au Marshall Space Flight Center fin novembre. S’il prétend ne pas tenir rigueur de toutes ces critiques acerbes, son recul volontaire semble montrer le contraire, et quoi qu’il en soit, l’image du héros infaillible s’estompe…

Toutefois, en dépit de certaines rumeurs concernant l’avenir incertain de Charles Bolden à la tête de la NASA, il convient de rappeler que ce poste ne peut pas être remis en question directement par le Congrès : nommé par le Président des Etats-Unis avant d’être confirmé par le Sénat, il ne peut, une fois installé à son poste et à moins d’avoir commis une grave infraction, n’être révoqué que par le Président en personne. Reste à savoir si le Président Obama jugera cette accumulation de petits manquements comme une « grave infraction », mais aussi si le contexte de renouvellement politique se propagera jusqu’au poste d’administrateur de la NASA, ou encore si, au contraire, l’affaiblissement du Président Obama redonnera le blason du Général.

Sources :
- Chron.com, 15/10/10, "Stormy skies for NASA’s chief"
- Orlando Sentinel, 18/10/10, "Critics question Charlie Bolden’s focus on NASA’s new vision"
- Spacepolitics.com, 20/11/10, "Bolden discusses NASA’s budget, China trip, and blogs he doesn’t read"

2. SCIENCES

Une bactérie présente une nouvelle forme de vie

Les chercheurs de la NASA viennent de faire une découverte des plus surprenantes, qui remet en question la biologie telle que nous la concevions jusqu’à présent.

La NASA a en effet annoncé, lors d’une conférence du 2 décembre dernier, avoir découvert une bactérie capable de survivre dans un environnement riche en arsenic, un poison pourtant nocif pour l’ensemble des êtres vivants.

Cette révélation est le fruit de l’exploration du lac Mono, un bassin volcanique en Californie, caractérisé par une salinité et alcalinité élevée, et, surtout, par des niveaux élevés d’arsenic. Or, en plaçant des bactéries GFAJ-1 dans ce milieu, rempli d’arsenic mais également dénué de tout phosphore, les chercheurs se sont aperçus que celles ci survivent, et, au-delà, se développent et se reproduisent. Lorsque l’on sait que le phosphore fait partie des six éléments chimiques établis par la communauté scientifique comme étant essentiels à la vie des organismes vivants, on comprend l’ampleur d’une telle découverte et la redéfinition du concept d’ « habitabilité » qui en découle. En effet, dans le cas présent, cette fameuse bactérie substitue l’arsenic au phosphore.

Selon la NASA, la découverte de cette biochimie alternative fait vraiment reculer les frontières du vivant et pourrait impliquer que les probabilités d’une « vie extraterrestre » soient, non pas assurées, mais du moins multipliées, dans des endroits semblables à Titan ou Mars. Certaines formes de vie pourraient en effet peut-être être présentes sur des planètes que l’on croyait auparavant si chargées en éléments chimiques nocifs qu’aucune vie n’y semblait possible. Certes, de pareilles idées ne demeurent pour l’instant que des spéculations, mais il n’en reste pas moins que, selon Ed Weiler, administrateur associé de la NASA à la Direction des Sciences de la mission au siège de l’agence à Washington, « la définition de la vie s’est étendue ».

Si cette étude représente bel et bien une réelle avancée scientifique, pour des domaines tels que l’évolution de la Terre, la chimie organique, l’atténuation des maladies ou encore la microbiologie, le buzz médiatique qu’elle a suscité est peut-être plus considérable encore. D’un côté, la NASA montre ainsi qu’elle a toujours un rôle scientifique à jouer, rôle actuellement sous-estimé à cause des enjeux politiques dont l’agence est au cœur, mais d’autre part, l’emballement provoqué par des annonces hâtives et exagérées d’une présence extraterrestre s’est rapidement soldé par une relative déception.

Sources :
- NASA, 02/12/10, "Discovery of ’arsenic-bug’ expands definition of life"
- Spacepolicyonline.com, 02/12/10, "NASA announces discovery of life that thrives on arsenic"
- Spacedaily.com, 02/12/10, "US space agency finds new form of life… on Earth"

3. TECHNOLOGIE

La NASA développe un programme pour anticiper les tempêtes solaires

Les prévisions scientifiques sont formelles : l’année 2013 verra le cycle solaire, en plein changement en ce moment même, atteindre son pic d’activité. L’éventualité d’une tempête solaire susceptible de causer des dégâts considérables pour l’ensemble de la technologie humaine est alors sérieusement à prendre en compte. Un tel évènement pourrait provoquer des coupures des services média, GPS, internet, télévision, électricité, etc. On se rappelle par exemple de la célèbre tempête Carrington Event en 1859, qui avait à l’époque particulièrement affecté les opérateurs télégraphiques, ou, plus récemment, de celles de 1989 au Québec, puis de 2003 dans différents pays comme l’Afrique du Sud et la Suède, causant de très longues coupures du courant. Sans imaginer un scénario catastrophe pour 2013, on peut inévitablement s’attendre à des éjections de masse coronale relativement nombreuses, envoyant des milliards de tonnes de particules chargées en électricité en direction de la Terre et pouvant, suite à l’interaction avec le champ magnétique terrestre, considérablement endommager les transformateurs électriques. Les coûts d’un tel phénomène pourraient se chiffrer jusqu’à 2 000 milliards de dollars, affectant l’économie américaine pendant une période de 4 à 10 ans.

Afin de se préparer à cette période de forte activité solaire et de protéger le réseau électrique, la NASA est en train de développer un projet de prévention poussée, en association avec l’Institut de Recherche sur le Courant Electrique. Le but est de développer, grâce aux satellites et sondes spatiales fournissant des images 3D, un système d’observation en temps réel du Soleil capable d’évaluer l’impact potentiel des tempêtes solaires, en prédisant le moment et le lieu d’un potentiel incident. Le programme, intitulé « Solar Shield » (bouclier ou écran solaire), part de prévisions à long terme (de 24h à 48h) avant d’affiner de plus en plus précisément les informations, jusqu’à ce qu’un satellite de surveillance météorologique (« Advanced Composition Explorer ») fournisse aux équipes scientifiques, 30 minutes seulement avant la collision, des indications exactes sur la vitesse, la densité, ou encore le champ magnétique des éjections de masse coronale. Celles-ci seraient de ce fait en mesure de se préparer à la collision, par exemple en désactivant du réseau les transformateurs en question et en redistribuant les lignes de courant.

Ce programme, mené par le professeur Antti Pulkkinen et son équipe au Community Coordinated Modeling Center (CCMC) du centre spatial Goddard de la NASA, n’est pour l’instant qu’expérimental et doit encore être amélioré, d’autant plus qu’une prédiction erronée ne serait pas sans conséquences. Outre les conséquences économiques, une erreur d’appréciation enclencherait des coupures électriques non-négligeables, provoquant alors ce qu’elle cherchait à justement éviter.

Sources :
- NASA Science, 26/10/10, "Solar Shied protecting the north american power grid"
- Space.com, 08/11/10, "NASA solar shield to protect power grids from sun storms

4. TOURISME SPATIAL

La capsule Dragon de SpaceX, autorisée et aussitôt envoyée dans l’espace

Le rôle joué par les entreprises commerciales dans le secteur spatial franchit aujourd’hui une nouvelle étape décisive. Le bureau des transports commerciaux dans l’espace de l’agence gouvernementale américaine Federal Aviation Administration (FAA) vient en effet d’accorder, le 22 novembre dernier, une licence à la compagnie aérospatiale SpaceX, valable un an, permettant à cette dernière d’envoyer une capsule spatiale en orbite basse, avant – chose plus exceptionnelle encore – de la faire rentrer dans l’atmosphère avant de la récupérer à la surface de la Terre. C’est la première fois qu’une licence de la sorte est délivrée, performance d’autant plus remarquable qu’on ne la retrouve que parmi six pays ou agences du monde, en l’occurrence les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon, l’Inde, et l’Union Européenne.

La compagnie américaine, spécialisée dans le domaine des lanceurs, s’est s’empressée de mettre en application cette nouvelle autorisation, en envoyant dans l’espace le 8 décembre dernier le véhicule spatial Dragon, propulsée par la fusée Falcon 9, depuis la station de Cape Canaveral en Floride. Le vol était initialement prévu pour le 7 décembre mais avait été repoussé en raison de deux fissures détectées dans une soudure.

Le vol s’est finalement déroulé sans problème : la capsule a réalisé plus de deux tours de la Terre en orbite, en effectuant de multiples tests et manœuvres pendant environ 4 heures, se déplaçant à une vitesse de 27 000 km/h, avant d’effectuer une rentrée atmosphérique et d’amerrir dans le Pacifique. Le fondateur et actuel directeur général de la start-up spatiale, Elon Musk, ne trouvait plus ses mots pour décrire ce qu’il venait d’accomplir. Cet entrepreneur d’origine sud-africaine a fait fortune dans le payement en ligne en fondant Paypal, lui permettant d’investir ses fonds personnels dans le développement de fusées « low-cost » et de voitures électriques de luxe. En arrivant à développer rapidement et avec une équipe réduite toute une gamme de systèmes spatiaux, le jeune milliardaire, réputé proche d’Hollywood et de la Maison Blanche, fait figure d’extra-terrestre dans le domaine spatial américain, où conservatisme est souvent considéré comme synonyme de fiabilité. Il n’a donc pas que des supporters au sein les entreprises historiques ou dans les rangs du Congrès, mais peut compter sur le soutien du Président américain.

Cette mission fait suite à un vol d’essai du lanceur Falcon 9 fructueux en juin, et représente la première des trois missions prévues dans le cadre du programme COTS (Commercial Orbital Transportation Services – services de transport orbital commercial), qui a pour but de développer les initiatives privées pour l’accès à l’orbite basse. La NASA a également passé un contrat de transport de fret vers la station spatiale internationale (ISS) avec la société SpaceX, pour prendre la relève des navettes spatiales qui effectueront leurs derniers vols en 2011. Ce contrat stipule l’envoi vers le laboratoire spatial de 12 capsules par SpaceX, et ce pour un montant total de 1,6 milliards de dollars.

A terme, SpaceX a pour ambition d’étendre son activité au vol habité, la capsule Dragon étant d’ailleurs d’ores et déjà conçue pour accueillir 7 personnes ainsi que du matériel. Pour l’instant, la mise en valeur du secteur privé, notamment dans le cadre des trajets vers l’ISS, se confirme progressivement, conformément à la nouvelle politique spatiale voulue par le Président Obama et suivie par la NASA.

Sources :
- SpaceX, 22/11/10, "FAA awards SpaceX first ever commercial license to re-enter spacecraft from orbit"
- Fastcompany.com, 24/11/10, "What does SpaceX’s commercial license for spacecraft reentry mean for space travel ?"
- Space-travel.com, 08/12/12, "SpaceX Dragon does two orbits before Pacific Splashing"

5. EXPLORATION

Tergiversions à propos du lancement de la capsule Orion prévu pour 2013

Quel sera le devenir d’Orion ? Telle est la question que se pose aujourd’hui le secteur spatial, aux vues des incertitudes actuelles de la politique spatiale américaine. Le lancement de la capsule habitée Orion, à l’étude chez la firme Lockheed Martin, se voit tiraillé entre d’une part, la ferme volonté de l’entreprise américaine de mener le projet à terme, et d’autre part, les réalités financières de la NASA, en proie à des réductions budgétaires.

A l’origine, le projet de la capsule Orion visait à regagner la Lune, dans le cadre de l’ambitieux programme Constellation. Malgré l’abandon de celui-ci par le président Obama en février dernier, au profit d’autres objectifs tels que le développement d’un lanceur lourd ou la privatisation de l’accès à l’orbite basse, le véhicule spatial Orion semblait avoir été épargné, en évoluant simplement vers un rôle de véhicule de secours des équipages (Crew Rescue Vehicle) de la Station Spatiale Internationale, avant qu’il ne soit repêché par le Congrès américain.

L’objectif de Lockheed Martin est donc à présent le lancement de la capsule, propulsée par une fusée Delta IV, qui décollerait à Cape Canaveral en 2013, pour se déplacer en orbite jusqu’à plus de 17 000 kilomètres de la Terre avant d’effectuer une entrée atmosphérique et d’amerrir dans l’océan Pacifique. Un tel vol permettrait d‘effectuer les tests préalables à un lancement (puis un retour) habité vers la Lune ou des astéroïdes dès 2016 – soit 10 ans plus tôt que les précédentes expectatives du Président.

Pour cela, Lockheed Martin Space Systems est entrée en négociation avec United Launch Alliance (ULA) pour acheter un exemplaire du lanceur Delta IV, futur porteur de la capsule. La question majeure à ce jour reste celle de la responsabilité de ce vol d’essai. Autrement dit, il reste à déterminer si Lockheed Martin prendra à sa charge la totalité du programme, ou si la NASA interviendra dans le processus, en le finançant et en assumant ainsi une partie des risques liés à un tel projet.

Car la nouvelle majorité républicaine semble réticente à poursuivre ce projet, et les parlementaires américains devraient accorder la possibilité de revenir sur des programmes auparavant déclarés intangibles, à l’instar de la capsule Orion. La NASA a ainsi annoncé le 19 novembre que le vol d’essai d’Orion pourrait être réexaminé. Mais dans un contexte de débats politiques et de retardements répétitifs du vote du budget définitif de la NASA, Lockheed Martin dit ne pas pouvoir se permettre d’attendre la fin des tergiversions à rallonge pour entamer le processus et avance alors les frais relatifs à la mission. Lockheed Martin semble prête à passer en force pour lancer Orion, reste à savoir si la NASA sera en mesure de reprendre le flambeau.

Sources :
- Space News, 26/11/10, "Lockheed reserved Delta 4 for2013 Orion flight"
- Florida Today, 25/11/10, "Lockheed plans Orion test flight"
- Nasaspaceflight.com, 12/12/10, "Orion forefront test flight manned debut evaluations"

6. EN BREF

Aller simple vers la planète rouge
S’il est une qualité que l’on ne pourra nier à Dirk Schulze-Makuch et Paul Davies, chercheurs appartenant respectivement aux universités de Washington et d’Arizona, c’est bien le culot : ces deux scientifiques réfléchissent en effet à la possibilité d’envoyer des hommes sur Mars… et de les y laisser. Puisque le principal obstacle à l’exploration de la planète Mars reste d’ordre financier, la suppression du billet de retour vers la Terre réduirait considérablement – de presque 80% selon eux – les coûts de la mission. Celle-ci serait par conséquent plus facile, ou du moins plus rapide, à réaliser. Si cette solution semble justifiable en termes économiques, en particulier dans le contexte de réduction budgétaire que traversent les Etats-Unis, on peut douter, d’un point de vue éthique, de la plausibilité d’un tel voyage à sens unique. Ces scientifiques, d’ailleurs soutenus par l’astronaute Buzz Aldrin, coéquipier de Neil Armstrong lors de la mission Apollo 11 en 1969, affirment pourtant qu’en fournissant de la nourriture et des médicaments en quantité suffisante à des sexagénaires volontaires, entrainés, et en bonne santé, la vie sur Mars serait tout à fait envisageable. D’autant plus qu’une telle expérience, inédite, apporterait inévitablement la gloire à ces nouveaux habitants et, par la même occasion, un nouveau souffle de prestige aux Etats-Unis. Leurs arguments sont ainsi confirmés par l’abondance des demandes de candidature, ce qui démontre bien la pertinence d’une telle proposition, qui devrait peut-être être étudiée de plus près encore.

La technologie humaine s’exporte au-delà du system solaire
La sonde Voyager 1, lancée de la Terre il y a 33 ans, s’approche de la limite du système solaire. Elle aurait en effet dépassé l’héliopause, considérée comme la limite de notre système planétaire. Cette région est parcourue de vents solaires qui tendent à s’uniformiser en formant une couronne en rotation à 115 unités astronomiques du soleil – 115 fois la distance Terre-Soleil. Les mesures de la sonde Voyager 1 semblent montrer que cette zone a été atteinte depuis 6 mois, mais des analyses complémentaires permettront de l’affirmer avec certitude ; on croyait en effet que la sonde n’atteindrait pas la limite du système solaire avant quelques années. Les deux sondes Voyager vont alors poursuivre leur fuite dans l’espace interstellaire, et leurs signaux devraient nous parvenir pendant encore 10 ou 15 ans. Mais leur mission ne s’arrêtera pas car elles contiennent des disques de cuivre où sont gravées des images de la Terre, de la musique, ainsi que des sons de la nature et des messages de salutation dans différentes langues. Lorsque le soleil s’éteindra dans quelque 5 milliards d’années, en engloutissant son voisinage, ces deux sondes resteront peut-être les seuls témoins physiques de la technologie humaine.

7. MISE A JOUR

Présence à bord de l’ISS en ce moment :
- Scott Kelly (Commandant, Etats-Unis)
- Alexander Kaleri (Ingénieur de vol, Russie)
- Oleg Skripochka (Ingénieur de vol, Russie)
- Dmitry Kondratyev (Ingénieur de vol, Russie)
- Paolo Nespoli (Ingénieur de vol, Italie)
- Catherine Coleman (Ingénieur de vol, Etats-Unis)

Lancements effectués depuis début novembre :
- 01/10/2010 : Lanceur chinois Long March 3C avec l’orbiteur lunaire Chang’e 2 – Xichang – Chine – SUCCES
- 05/10/2010 : Lanceur chinois Long March 4B avec deux satellites de recherche Shijian – Taiyuan – Chine – SUCCES
- 07/10/2010 : Lanceur russe Soyouz avec la capsule habitée emportant trois membres de l’expédition 25 de la Station Spatiale Internationale – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 14/10/2010 : Lanceur russe Proton avec le satellite de diffusion radio XM 5 – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 19/10/2010 : Lanceur russe Soyouz avec le satellite de communication Globalstar – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 27/10/2010 : Lanceur russe Soyouz avec le 40e cargo de ravitaillement Progress à destination de la Station Spatiale Internationale (ISS) – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 28/10/2010 : Lanceur européen Ariane 5 avec le satellite de communication W3B et le satellite de diffusion télévisuelle BSAT 3b – Centre Spatial Guyanais – France – SUCCES
- 31/10/2010 : Lanceur chinois Long March 3A avec un satellite de navigation Beidou – Xichang – Chine – SUCCES
- 01/11/2010 : Lanceur russe Soyouz avec le satellite militaire Meridian – Cosmodrome de Plesetsk – Russie – SUCCES
- 04/11/2010 : Lanceur chinois Long March 4C le satellite météorologique Fengyun 3B – Taiyuan – Chine – SUCCES
- 05/11/2010 : Lanceur américain Delta 2 avec le satellite d’imagerie radar COSMO-SkyMed 4 – Base aérienne Vandenberg – Californie – SUCCES
- 14/11/2010 : Lanceur russe Proton avec le satellite de communication SkyTerra 1 – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 19/11/2010 : Lanceur américain Minotaur 4 avec un groupe de satellites de test – Base de lancement de Kodiak – Alaska – SUCCES
- 21/11/2010 : Lanceur américain Delta 4-Heavy avec un satellite espion – Cap Canaveral – Floride – SUCCES
- 24/11/2010 : Lanceur chinois Long March 3A avec le satellite de communication Chinasat 20A – Xichang – Chine – SUCCES
- 26/11/2010 : Lanceur européen Ariane 5 avec les satellites de communication Intelsat 17 et HYLAS 1 – Centre Spatial Guyanais – France – SUCCES
- 05/12/2010 : Lanceur russe Proton avec trois satellites la constellation de navigation Glonass – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – ECHEC
- 08/12/2010 : Lanceur américain Falcon 9 avec la capsule Dragon C1, vol de démonstration – Cap Canaveral – Floride – SUCCES
- 15/12/2010 : Lanceur russe Soyouz avec la capsule habitée emportant trois membres de l’expédition 26 de la Station Spatiale Internationale – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan – SUCCES
- 17/12/2010 : Lanceur chinois Long March 3A avec un satellite de navigation Beidou – Xichang – Chine – SUCCES

Lancements prévus jusqu’à fin janvier :
- A définir : Lanceur indien GSLV avec le satellite de communications GSAT 5 – Centre Spatial Satish Dhawan – Inde
- 25/12/2010 : Lanceur Russe Zenit 3F avec le satellite météorologique Electro-L1 – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan
- 28/12/2010 : Lanceur européen Ariane 5 avec les satellites de communication Hispasat 1E et Koreasat 6 – Centre Spatial Guyanais – France
- 28/12/2010 : Lanceur russe Soyouz avec un satellite la constellation de navigation Glonass K – Cosmodrome de Plesetsk – Russie
- Fin décembre 2010 : Lanceur russe Proton avec le satellite de communication KA-SAT – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan
- Janvier 2011 : Lanceur indien PSLV avec le satellite d’observation Reourcesat 2 – Centre Spatial Satish Dhawan – Inde
- 11/01/2011 : Lanceur américain Delta 4-Heavy avec un satellite espion – Base aérienne Vandenberg – Californie
- 20/01/2011 : Lanceur japonais H-2B avec le cargo de ravitaillement de l’ISS HTV 2 – Centre Spatiale de Tanegashima – Japon
- 28/01/2011 : Lanceur russe Soyouz avec le 41e cargo de ravitaillement Progress à destination de la Station Spatiale Internationale (ISS) – Cosmodrome de Baïkonour – Kazakhstan

Source :
Spaceflight Now, 20/12/2010

D’après Aerospace America, AFP, AIA, Analytical Graphics, AP, Associated Press, Astroexpo.com, Aviation Week & Space Technology, Bloomsberg, Boeing, boursorama.com, Caltechn, DARPA, Defense News, Denver Post, Developmentgateway.org, DigitalGlobe, FAA, Floridatoday, Forecast International, Houston Chronicle, Institute for Astronomy, Internetweek.com, ILS, ITAR TASS, Jonathan’s Space Report, Lockheed Martin, NASA, New York Times, The Observer, Orbital Science Corporation, PanAmSat, Pentagon, Planetary Society, Reuters, Russian Space Agency, Satnews.com, Space.com, Spacedaily.com, Spaceflightnow.com, Spacetoday.net, Space News, Thuraya Satellite Communication, University of Arizona, UPI, USA Today, USAF, Washington Post


Etats-Unis Espace est une synthèse de presse mensuelle de l’actualité spatiale américaine. Elle est préparée par le bureau du CNES à Washington et réalisée par David Regad, Nelly Rouvrais et Emmanuel de Lipkowski de la Mission Scientifique de l’Ambassade de France.

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