Etats-Unis Espace n°475

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Retrouver 
l’indépendance,
 le
 dilemme 
américain

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Neil Armstrong sur la Lune

Dans
 un 
climat
 économique 
morose,
 entre coupes
 budgétaires,
 abandon
 du
 programme
 Constellation,
 mise
 à
 l’arrêt
 de
 la
 navette
 spatiale
 et
 concurrence
 mondiale
 de
 plus
 en
 plus
 virulente,
 le
 leadership
 spatial
 américain
 semble
 ne
 jamais
 avoir 
été
autant
 remis
 en 
question.


Les
 Américains
 sont
 en
 effet
 dépendant
 de
 la
 fusée
 russe
 Soyouz
 pour
 le
 transport

 de
 leurs
 astronautes
 vers
 et
 depuis
 la
 Station 
Spatiale
 Internationale.


Le
 choix
 stratégique
 de
 l’administration
 Obama

L’Agence
 spatiale
 américaine
 a
 décidé
 de
 miser
 sur
 l’initiative
 privée
 au
 moyen
 du
 Commercial
 Crew
 Developement
 Plan
 (CCDev),
 plan
 d’investissement
 destiné
 à
 laisser
 aux
 sociétés
 pirvées
 le
 soin

d’assurer
 le
 
 retour
 « 
américain
 des
 Américains
 »
 à
 l’orbite
 basse.
 
 L’objectif
 des
 sociétés
 privées
 est
 donc
 de
 se
 substituer
 au
 plus
 vite
 à
 Soyouz
 dont
 l’usage
 coûtera
 chaque
 année
 plus
 de
 400
 millions 
de
 dollars 
à 
la
 NASA.
 Elon
 Musk,
 PDG
 de
 Space
 X
 (l’une
 des
 quatre
 sociétés
 sélectionnées
 pour
 le
 CCDev)
 a
 donc
 déclaré
 devant
 le
 Congrès
 mercredi
 26
 octobre
 que
 la
 capsule
 habitable
 Dragon
 et
 le
 lanceur
 Falcon
 9
 seraient
prêts 
d’ici 
2014.

Ainsi
 la
 stratégie
 de
 la
 Nasa
 est
 de
 se
 consacrer
 au
 développement
 d’un
 lanceur
 lourd,
 le
 SLS
 (Space
 Launch
 System)
 et
 dans
 le
 même
 temps
 de
 mettre
 l’accent
 sur
 la
 recherche
 fondamentale,
 tout
 cela
 dans
 le
 but
 d’ouvrir
 de
 nouvelles
 perspectives
à
l’exploration
spatiale.


La
 tension
 entre
 le
 Congrès
 américain
 et 
la
 NASA

A

 l’abandon
 du 
programme
 Constellation,
 la Chambre des représentants
 (à
 majorité 
Républicaine)
 avait
 manifesté
 son
 désaccord
 avec
 la
 nouvelle
 ligne
 politique
 de 
la 
NASA.

Jeudi
 22
 Septembre,
 le
 légendaire
 Neil
 Armstrong,
 de
 sensibilité
 républicaine,
 exprimait
 devant
 le
 Congrès
 ses
 réserves
 quant
 à 
l’annonce
 du
 développement
 du
 nouveau
 lanceur
 lourd
 américain.
 Pour
 lui,
 ce
 projet
 manque
 de
 vision.
 Aucune
 mission
 précise
 n’est
 effectivement

prévue.
 Eugene
 Cernan,
 le
 dernier
 homme
 à
 avoir
 marché
 sur
 la
 Lune,
 présent
 le
 même
 jour,
 déclarait
 que
 l’Amérique
 a
 besoin
 de
 rêver,
 l’Espace
 fait
 rêver…L’Amérique
 a
 besoin
 à
 court
 terme
 de
 grands
 accomplissements
 quitte
 à
 « 
sortir
 la
 navette
 spatiale
 de
 nos
 musées
 »
 (Eugene
 Cernan).
 
 Or,
 la
 politique
 actuelle
 de
 la
 NASA
 privilégie
 la
 recherche
 scientifique
 aux
 grands
 accomplissements
 à
 forte
 potée
 symbolique.

A
 l’heure
 actuelle,
 tout
 l’enjeu
 pour
 la
 NASA
 est
 d’obtenir
 du
 Congrès
 une
 enveloppe
 budgétaire
 suffisante
 pour
 la
 troisième
 édition
 du
 CCDev
 (800
 millions
 d’USD),
 entreprise
 qui
 n’est
 pas
 gagnée
 d’avance…


T.K.



Liberty
 à 
l’assaut
 du
 Congrès 
américain

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projet Liberty


Alors
 que
 les
 débats
 font
 rage
 aux
 Etats‐Unis
 quant
 au
 futur
 du programme 
spatial
 des
 vols
 habités,
 le
 consortium
 ATK
 /
 Astrium
 s’est
 rendu
 au
 Congrès
 le
 26
 octobre
 2011
 pour
 défendre
 son
 projet
 Liberty,
 visant
 à
 doter
 le
 pays
 d’un
 lanceur
 apte
 aux
 vols
 habités.
 Malgré
 son

échec
 à
 l’appel
 d’offre
 CCDev‐2,
 Liberty
 demeure
 en
 course
 pour
 la
 phase
 3
 du
 contrat,
 sans
 toutefois
 être
 subventionné
 par
 la
 NASA.
 Celle‐ci
 a
 en
 effet
 décidé
 de
 privilégier
 le
 financement
 des
 capsules

habités
 et
 non
 des
 lanceurs.
 Lors
 de
 l’audition
 au
 Congrès,
 ATK
 s’en
 est
 officiellement
 plaint,
 arguant
 que
 le
 développement
 d’un
 lanceur
 qualifié
 pour
 le
 transport
 d’êtres
 humains
 se
 révèle
 être
 bien
 plus
 complexe
 que
 celui
 d’une
 capsule,
 dont
 les
 technologies
 sont

actuellement
maîtrisées.


Le
 favori
 doit 
toujours
 convaincre

Si
 Liberty
 n’a
 pas
 obtenu
 de
 financement
 pour
 son
 lanceur,
 tel
 n’est
 pas
 le
 cas
 de
 son
 concurrent 
Space
X 
avec
 son
 projet
 de
 capsule
 Dragon
 (fret
 puis
 habitée)
 lancée
 par
 une
 Falcon
 9,
 qui
 fait
 figure
 de
 favoris

dans
 la
 compétition.
 Malgré
 la
 très
 grande
 ambition
 de
 la
 compagnie
 (lanceur
 réutilisable,
 voyage
 vers
 Mars,
 etc.),
 beaucoup
 reste
 à
 faire.
 La
 Falcon
 9
 n’a
 volé
 que
 deux
 fois
 et
 est
 toujours
 en
 cours
 de
qualification.
 Si
 Liberty
 n’a
 jamais
 volé,
 ses
 deux
 composants,
 le
 SRB
 d’ATK
 et
 l’EPC
 d’Astrium,
 ont
 tous
 deux
 volés
 des
 dizaines
 de
 fois,
 tout
 en
 étant
 d’office
 qualifiés
 pour
 le
 vol
 habité
 (reste
 cependant
 à
 qualifier
 l’assemblage
 des
 deux).



Un
 duel
 serré

C’est
 justement
 ce
 qui
 différencie
 Liberty
 de
 son
 autre
 concurrent,
 peut
 être
 le
 plus
 sérieux,
 l’Atlas
 V
 de
 l’alliance
 ULA.
 En
 effet,
 bien
 que
 ce
 lanceur
 soit
 réputé
 pour
 sa
 grande
 fiabilité
 (il
 est,
 fait
 notable,
 le
 seul
 lanceur
 occidental
 apte
 au
 lancement
 de
 charges
 nucléaires),
 il
 lui
 reste
 à
 acquérir
 la
 capacité
 de
 lancement
 de
 capsules
 habitées.


Même
 si
 les
 représentants
 des
 deux
 consortiums
 ont
 tous
 deux
 insisté
 sur
 le
 fait
 que
 leurs
 lanceurs
 respectifs
 seront
 capables
 de
 porter
 toutes
 les
 vaisseaux
 retenues
 pour
 le
 CCDev‐2,
 l’avantage
 est
 néanmoins
 à
 ULA.
 En
 effet,
 elle
 a
 signé
 un
 accord
 avec
 trois
 concepteurs
 de 
véhicules
 spatiaux 
habités
(Sierra
 Nevada,
 Blue
 Origin,
 and
 Boeing)
 afin
 de
 faire
 d’Atlas
 V
 leur
 lanceur
 privilégié.
 Cependant,
 Liberty
 a
 le
 mérite
 d’avoir
 été
 reconnue
 comme
 dix
 fois
 plus
 sûr
 que
 la
 navette
 spatiale,
 ce
 qui
 constitue
 un
 argument
 de
 vente 
non
 négligeable.

 On
 le
 voit,
 les
 deux
 industriels
 sont
 presque
 au
 coude‐à‐coude,
 avec
 chacun
 ses
 avantages
 et
 inconvénients.
 En
 terme
 de
 calendrier,
 ULA
 comme
 ATK/Astrium
 tablent
 sur
 un
 premier
 vol
 d’ici
 à
 2014,
 suivi
 d’une
 mise
 en
 service
 opérationnelle
 l’année
 suivante.
 Néanmoins,
 tous
 deux

s’accordent
 à
 dire
 que
 ce
 calendrier
 ne
 sera
 tenable
 que
 si
 la
 NASA
 leur
 octroie
 une
 part
 des
 financements
 prévus
 pour
 le
 CCDev.


Affaire
 à 
suivre…


E.M.

En
 Bref…

Un
 labo 
de 
la 
NASA 
à 
disposition…

Le
 Centre
 Spatial
 Goddard
 de
 la
 NASA
 abrite
 de
 nombreuses
 activités,

notamment
 un
 laboratoire
 d’analyse
 astrobiologique
 (laboratoire
 d’analyse
 de
 poussière 
de
 météorite).


Le
 but
 principal
 de
 ce
 laboratoire
 est
 l’étude
 d’échantillons
 de
 météorite
 aidant
 à
 comprendre
 l’origine
 de
 l’univers
 et
 de
 notre
 galaxie.
 Comment
 notre
 galaxie
 a
 t’elle
 pu
 passer
 d’une
 masse
 informe
 à
 la
 variété
 d’éléments
 que
 l’on
 connaît
 actuellement
 ?
 Grande
 question…


Pour
 ce
 faire,
 le
 laboratoire
 dispose
 d’un
 panel
 de
 matériel
 extrêmement

sophistiqué
 allant
 du
 spectrophotomètre
 de 
masse
 aux
 détecteurs
 de fluorescence.
 La
 bonne
 nouvelle
 est
 que
 les
 chercheurs
 du
 labo
 ont
 déclaré
 être
 prêts
 à
 travailler
 avec
 nos
 scientifiques
 français
 mais
 aussi

à
 mettre 
leur 
matériel
 à 
disposition.

Plus
 d’informations
 sur
 leurs
 matériels
 et

les 
contacts 
utiles :

 cliquez ici

Un
 projet
 français
 ambitieux


Sébastien
 Leprince
 est
 le
 jeune
 PDG
 d’Imagin’Labs
,
 une
 société
 américaine
 porteuse
 d’un
 projet
 développé
 dans
 les
 labos
 du
 Caltech.

Ce
 projet
 a
 pour
 but
 le
 suivi
 continu
 de
 notre
 environnement
 à
 partir
 d’imagerie
 satellitaire,
 et
 s’appuie
 sur
 une
 technique
 avancée
 d’analyse
 d’image
,
 l’analyse
 sub‐ pixelique
 (Cosi‐Corr).
 Avec
 une
 telle
 technologie
 il
 est
 possible
 d’estimer
 des
 déplacements
 inter‐images
 avec
 une
 précision
 bien
 en‐dessous
 de
 la
 taille
 d’un
 pixel.



Ne
 se
 bornant
 pas
 à
 l’analyse
 d’images
 d’archive,
 la
 technologie
 Cosi‐Corr
 ambitionne
 en
 partenariat
 avec
 le
 JPL(Jet
 Propulsion
 Laboratory)
 d’analyser
 les
 images
 fournies
 par
 un
 satellite
 optique
 en
 orbite
 geostationnaire
 (en
 projet).
 Ces
 images
 permettraient
 de
 visualiser
 le
 déplacement
 physique
 des
 ondes
 sismiques !
 Cela
 va
 sans
 dire,
 une
 fois

abouti,
 ce
 projet
 sera
 d’envergure
 internationale.


La
 technologie
 Cosi‐Corr
 pourrait
 être
 commercialisée
 pour
 le
 domaine
 de
 l’agriculture,
 ou
 encore
 de
 la
 gestion
 des
 gisements
 pétroliers
 ou
 la
 prevention
 et
 la
 gestion
 des
 catastrophes 
naturelles.

Information
 à
 ne
 pas
 négliger,
 M.Leprince
 est
 à
 la
 recherche
 de
 partenariat
 avec
 les
 PME
 de 
l’Aerospace 
Valley…