Etudes génomiques, les singes à la loupe

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Un consortium international mené par George Weinstock du "Baylor College of Medicine" à Houston vient de publier le génome du singe rhésus et de le comparer aux génomes de primates déjà existants (homme et chimpanzé).

Le singe rhésus est un macaque typique, de petite taille (60 cm pour 3 à 6 kilogrammes). Son adaptation relativement facile à la vie captive et sa petite taille l’ont rendu très utilisé par les scientifiques. Ainsi, de nombreuses expériences psychologiques furent menées dans les années 50, il fut également envoyé dans l’espace par la NASA. En janvier 2000, le Rhésus devint le premier primate cloné et un an plus tard, il fut le premier primate transgénique. ANDi, le singe concerné, porte ainsi des gènes étrangers issus de méduse.

Du fait de sa réponse au "Simian Immunodefiency Virus" (SIV), il s’agit du modèle le plus étudié pour comprendre l’infection par le HIV. Le rhésus est également très utilisé pour la recherche en neurosciences, biologie du comportement, endocrinologie et cardiologie.
Les scientifiques ont calculé que l’homme, le chimpanzé et le macaque ont 93% d’identité mais ont quelques différences significatives au sein de leurs gènes. 200 gènes clés nous différenciant des différents primates semblent avoir été identifiés.
Ce programme de séquençage nommé "Rhesus Macaque Genome Sequence" est financé par le "National Human Genome Research Institute" (NHGRI), l’un des 27 départements des NIH. En plus du séquençage du génome du chimpanzé, cette découverte publiée dans le journal Science offre un autre point d’appui pour améliorer la compréhension de la biologie humaine.

Dans un second article publié dans le journal PNAS, les scientifiques ont comparé les "vitesses d’évolution" des génomes de l’homme et du chimpanzé. L’équipe de Jianzhi Zhang a recherché des marques génétiques preuves de l’adaptation des ces deux espèces.
Les chercheurs ont comparé 14.000 gènes dans les deux génomes qui comportent approximativement le même nombre de bases. Ils ont identifié 154 mutations de gènes humains qui ont été sélectionnés positivement contre 233 chez le chimpanzé.

Pourquoi cette différence ? Selon Zhang, il semble que les populations humaines soient longtemps restées relativement faibles en nombre. Une forte sélection a donc produit de nombreux changements adaptatifs chez le plus grand de deux groupes.
Selon Ajit Varki de l’Université de Californie à San Diego, cet article est très intéressant, mais se limite aux mutations ponctuelles sans tenir compte d’autres modifications du patrimoine génétique (expression génétique, duplication, inactivation, conversion…).

Les deux articles apportent de nouveaux éléments de réponse sur la divergence de l’évolution du génome.

Source :


- http://www.nih.gov/news/pr/apr2007/nhgri-12.htm
- "Evolutionary and biomedical insights from the rhesus macaque genome." Rhesus Macaque Genome Sequencing and Analysis Consortium 2007 Science. 316(5822) pp222-34.
http://sciencenow.sciencemag.org/cgi/content/full/2007/416/1
- "More genes underwent positive selection in chimpanzee evolution than in human evolution." Bakewell, M. A. 2007. Proc Natl Acad Sci USA, in press.

Rédacteur :

Brice Obadia deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org - Hedi Haddada attache-sdv.mst@ambafrance-us.org - Sophia Gray assistant-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….