Fiche CURIE+ : Introduction

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Les Etats-Unis sont un acteur de premier plan pour la recherche et le développement technologique (R&D).

La gouvernance de la recherche reste fondamentalement différente de celle de la France, en l’absence de ministère de la recherche unique : les départements et agences se répartissent l’effort de recherche, coordonnés depuis le Congrès et la Maison Blanche (Office of Science and Technology Policy, OSTP). Deux grandes agences de moyens, la National Science Foundation (NSF) et les National Institutes of Health (NIH), occupent une place centrale dans la recherche fédérale américaine. Il n’existe pas non plus d’organisme d’évaluation unique, ce travail étant partagé entre les organes généralistes du Congrès, l’OSTP et l’organe statistique de la NSF (c.f. partie I).

L’investissement annuel dans la R&D représente 499,3 milliards en 2015, partagé entre l’Etat fédéral (23%), les entreprises (69%), les organisations à but non lucratif (4%), l’enseignement supérieur (3%) et les gouvernements locaux (<1%), soit 2,79% du PIB. Près de 6,3 millions d’emplois concernent les sciences et l’ingénierie, dans une société valorisant fortement le doctorat. L’égalité de genre reste problématique dans le secteur des sciences et de l’ingénierie, où l’on observe même certaines régressions (c.f. partie II).

La recherche s’effectue fréquemment au sein des administrations fédérales, soit directement dans ses différents départements et agences (NASA, DARPA, NOAA, NIST…), soit dans des centres gouvernementaux (FFRDC), comme le Fermilab ou le Lawrence Berkeley National Laboratory, administrés en partenariat public-privé avec des organismes à but non lucratif. Si la part mondiale de la recherche américaine tend à se réduire, particulièrement en mathématiques, en chimie et dans les sciences pour l’ingénieur, les Etats-Unis conservent une place prépondérante dans les secteurs des sciences humaines, de la santé et de la biologie (c.f. partie III).

Les universités de recherche américaines, minoritaires parmi les établissements d’enseignement supérieur américain, concentrent et coordonnent une grande part de l’effort de recherche américain, particulièrement au service de la recherche fondamentale. Elles ont pour caractéristique de réunir des élèves de tous niveaux, des laboratoires au fonctionnement très individualisé (dirigés par leur « principal investigator ») ainsi que de grands centres hospitaliers. Depuis le Bayh-Dohl Act, elles occupent une place croissante dans le transfert de technologie (c.f. partie IV).

En outre, les entreprises prennent de plus en plus d’importance dans l’effort de R&D américain, dans un contexte où l’investissement fédéral tend à se réduire. Cette place découle toutefois d’importantes politiques incitatives : contrats fédéraux (parfois spécifiquement destinés aux PME), crédits d’impôts, ou « initiatives présidentielles » en partenariat public privé (c.f. partie V).

Enfin, la place de la recherche américaine au niveau mondial lui donne un fort rayonnement, facilitant la coopération scientifique. Avec la montée en puissance des nouveaux pays industrialisés (NPI), de nouveaux partenaires émergent : la Chine est désormais le premier partenaire scientifique des Etats-Unis. La taille du secteur de la R&D américain réduit toutefois l’attrait de la collaboration internationale : on note une faible mobilité externe, et un pourcentage de co-publications scientifiques modéré. Par plusieurs accords et programmes, la France et l’Union Européenne ont développé une forte politique de collaboration scientifique avec les Etats-Unis (c.f. partie VI).