Gordon Research Conference sur les cellules gliales : qualité de la recherche française à l’honneur

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Cette année, avait lieu à Ventura, Californie, la 8ème édition de la Gordon Research Conference consacrée aux cellules gliales. Ces conférences très prestigieuses réunissent les meilleurs chercheurs mondiaux dans un domaine donné.

Les cellules gliales sont, à côté des neurones, les autres éléments cellulaires du cerveau. Il faut se rappeler que c’est seulement vers la fin du 19ème siècle qu’a été admise l’existence des neurones, grâce[ aux travaux de Santiago Ramon y Cajal, qui s’appuyait sur une innovation technique mise au point par le médecin et pathologiste italien Camillo Golgi. Cette découverte leur a valu à tous les deux le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1906. Pendant plusieurs décennies, les neuroscientifiques se sont consacrés quasi-exclusivement à l’étude des neurones, considérés comme les composants « nobles » du cerveau. Les cellules gliales étaient connues également de très longue date mais considérées comme de simples cellules de support. On sait maintenant qu’elles sont impliquées de façon importante dans la plupart des processus cérébraux et sont même considérées comme de possibles cibles thérapeutiques. Une des raisons pour le relatif manque d’intérêt pour les cellules gliales était le manque d’outils spécifiques permettant de comprendre leurs fonctions, alors que les outils pour l’étude des neurones avaient connu un développement considérable.

Il existe néanmoins depuis longtemps une recherche de grande qualité sur les cellules gliales en France, qui aborde la plupart des facettes de la biologie de ces cellules. En est témoin la très bonne représentation de la recherche française à Ventura cette année avec : Serge Charpak et Etienne Audinat (Université Paris-Descartes), Stéphane Oliet (Neurocentre Magendie, Bordeaux), Sonia Garel (Ecole Normale Supérieure) et Gilles Bonvento (CEA-MIRCEN), ainsi que plusieurs jeunes chercheurs post-doctorants actuellement aux Etats-Unis ou au Canada après une thèse en France.

Les récents progrès techniques, notamment dans le domaine de la génétique et de l’imagerie, permettent maintenant des études mécanistiques détaillées du rôle des cellules gliales. A signaler particulièrement les travaux du groupe de Baljit Khakh (UCLA) qui a démontré ce rôle en utilisant des souris génétiquement modifiées chez lesquelles l’activité des cellules gliales peut être sélectivement inhibée.


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Image : ©Inserm - Des astrocytes (cellules gliales) en culture