Greentown Labs – l’incubateur CleanTech de la région de Boston s’agrandit !

, Partager

Le Massachusetts, et plus particulièrement la région de Boston est, entre autres, un bassin d’incubateurs sur la côte Est des Etats-Unis. Même si une grande partie d’entre eux accueillent des entreprises de biotechnologie en mettant à disposition des laboratoires équipés de matériel de pointe, cette région favorise de plus en plus le développement d’entreprises d’autres domaines technologiques. Greentown Labs, né en 2010 dans un entrepôt de quelques mètres carrés, est le premier incubateur de cette région à avoir proposé une structure permettant le développement d’entreprises dans le domaine des technologies propres. Nous avons décrit lors d’un précédent article [1] le succès de cet incubateur qui a déménagé en 2011 pour atteindre un espace de travail et de conception de 300 m², puis en 2013 afin de multiplier cette surface par dix. En 2018, a eu lieu la dernière phase d’expansion de Greentown Labs à Somerville dans un bâtiment de 10 000 m². Place à la description de ce nouvel environnement de travail, adossé à de nouvelles stratégies.

Hall d’entrée de Greentown Labs
[Hall d’entrée de Greentown Labs - Crédit : Consulat de France de Boston]
Hall d’entrée de Greentown Labs

Greentown Labs est, à ce jour, implanté dans une ancienne industrie métallurgique datant des années 1850. L’âme de cette époque subsiste par ses poutres en acier apparentes et ses poulies d’origine, auxquelles s’ajoute un esprit contemporain par la prédominance de bois et des couleurs de l’enseigne que sont le vert citron et le bleu sarcelle. Il ne laisse pas indifférent les nouveaux arrivants puisque le hall d’entrée possède une allure d’amphithéâtre en bois, d’une capacité de 500 personnes. C’est dans cet espace qu’ont lieu plusieurs évènements de Greentown Labs dont le plus connu reste « EnergyBar ! », qui permet à ses startups membres de présenter leurs expériences.
Ce même étage se compose d’une salle de conception dont plusieurs instruments et équipements (matériel électronique, laboratoire informatique, imprimante 3D …) sont en libre-service et d’un laboratoire humide en cours de construction, une première chez Greentown Labs. Ce nouveau laboratoire permettra d’attirer les startups de technologies propres utilisant des produits chimiques, biologiques, notamment celles travaillant dans le stockage de l’énergie ou les produits chimiques biosourcés. Les deux étages supérieurs de ce même bâtiment sont exclusivement dédiés à l’espace bureaux disposé en open-space favorisant l’esprit de « la communauté des technologies propres », devenu la devise de Greentown Labs.

La nouvelle implantation de Greentown Labs permet d’incuber 70 startups et possède une capacité d’accueil de plus de 100 entreprises. Les membres doivent s’acquitter d’un loyer mensuel s’élevant à 530 dollars par mois et par bureau et avoir une capacité à produire des produits manufacturés dans les technologies propres, plutôt que des logiciels ou des services. La définition de la "technologie propre" de Greentown Labs semble plus large, une conséquence probable de leur agrandissement.
Greentown Labs ne prend pas de participation au capital des startups qu’il accueille et ne réalise pas de profit, il s’apparente à une association à but non lucratif (pour le système fiscal américain, c’est une C-corporation).
L’autre source de financement de Greentown Labs provient des 54 sponsors, dont deux grandes sociétés sont françaises, Saint-Gobain qui a contribué à la rénovation des anciens bâtiments industriels en fournissant pour 1 M$ de matériaux de hautes technologies et Air Liquide qui est un contributeur important des nouveaux laboratoires de chimie et de matériaux. Même si Greentown Labs n’investit pas directement dans les startups, certains de leurs sponsors le font, en particulier Shell et Chevron.

Greentown Labs est une structure particulièrement visible à l’échelle nationale, et ce, grâce au dynamisme de Emily Reichert, Chief Executive Officer (CEO). Elle a d’ailleurs été nommée, en octobre 2017, Women Who Mean Business par le Boston Business Journal qui a honoré son travail remarquable et sa contribution à la croissance de la communauté des affaires et de l’économie de Boston.

Un des atouts, et non des moindres, de Greentown Labs est sa proximité à la communauté locale cleantech de la Nouvelle Angleterre. Les activités de Greentown Labs s’inscrivent à présent dans ACTION (Association of CleanTech Incubators of New England), un ensemble d’une douzaine d’incubateurs des technologies propres, à but non lucratif, qui mettent en commun leurs ressources, leurs réseaux et leurs connexions avec les universités.

Greentown ne rayonne pas uniquement sur le territoire américain, il a récemment noué des liens importants avec la France, par le biais de partenariats avec la Ville de Lyon et son écosystème.
En décembre 2017, Emily Reichert a d’ailleurs été invitée en France par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères dans le cadre du “Programme d’Invitation des Personnalités d’Avenir” (PIPA [2]) où elle s’est vue remettre le titre de personnalité d’Avenir 2017 [3].


Rédacteur
- Nadia Benallal, Attachée adjointe pour la Science et la Technologie, Consulat Général de France à Boston, deputy-inno@ambascience-usa.org

Sources
https://www.theguardian.com/sustainable-business/2015/apr/14/startups-innovation-greentown-labs-incubator-tech-cleantech-massachusetts
https://www.xconomy.com/boston/2015/10/30/greentown-labs-grows-wants-to-make-somerville-a-global-cleantech-hub/
https://www.bizjournals.com/boston/news/2017/01/27/greentown-labs-is-renovating-a-former-auto-body.html
https://www.prnewswire.com/news-releases/greentown-labs-announces-shell-as-a-founding-sponsor-of-the-global-center-for-cleantech-innovation-300540413.html 10/2017
https://www.greentownlabs.com/about/community/