IPSEN au coeur de la Biotech à Boston

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La semaine dernière a été marquée par l’installation d’Ipsen [1], groupe français spécialisé dans le traitement des maladies invalidantes, en plein coeur de Kendall Square. L’ambassadeur de France aux Etats Unis, son excellence Gérard Araud, était présent pour la cérémonie d’ouverture. Retour sur l’installation d’une société pharmaceutique française dans l’épicentre mondial des sciences de la vie.

IPSEN aux Etats Unis

Ipsen est une société pharmaceutique française de taille moyenne dont l’ambition est de devenir un leader dans le traitement des maladies invalidantes. Si Ipsen vend des médicaments dans plus de 115 pays, avec une présence commerciale directe dans 30 pays, la croissance du groupe passe en bonne partie par le développement de son activité aux Etats-Unis. Sa stratégie de croissance (qui vise à doubler ses ventes à l’horizon 2020) s’appuie sur le développement de trois franchises en neurologie, endocrinologie et urologie-oncologie. Deux autorisations de mise sur le marché complémentaires délivrées par la Food and Drug Administration (FDA) reçues fin 2014 pour Somatudine (traitement de tumeurs neuro-endocrines) et Dysport (spasticité des membres supérieurs) sont de bonne augure dans l’atteinte de ces objectifs.

Et une étape importante a été franchi mercredi dernier, avec l’inauguration des nouveaux locaux au 650 East St. Kendall - le même bâtiment ou Baxter Pharmaceuticals vient d’ouvrir un nouveau centre de R&D [2] - lors d’un évènement intitulé "Connecting with Creativity, the Grand Opening of Ipsen Bioscience" [3]. Le centre de R&D de Boston forme un tout cohérent avec les autres centres de recherches du groupe, établis en France (Les Ulis), au Royaume Uni et en Irlande.


Le centre de recherche situé au deuxième étage du 650 East St. Kendall recevra environ 60 employés
Crédits : MS&T


Ipsen n’est pas étranger au Massachusetts, puisque ce nouveau site représente la 3ème implantation du centre de R&D du groupe aux Etats-Unis, avec une présence depuis près de quarante ans à Milford, au nord-ouest de Boston. Mais la décision du groupe de s’installer au coeur de Cambridge a été poussée par l’ambition de recruter les talents issus des universités locales ainsi que de faciliter les partenariats avec les nombreux groupes et centre de R&D présents dans la région. Pour Marc de Garidel, Président-Directeur général d’Ipsen, "Cambridge est un centre majeur mondial pour la recherche et le développement en médecine et notre présence ici va nous permettre de tirer tout le potentiel des expertises et des ressources en matière d’innovation du Massachusetts". Un propos officiel qui trouve un écho dans les propos du responsable de la R&D du groupe, Claude Bertrand. "Une bonne partie des rencontres qui permettent aux scientifiques de progresser est aléatoire. Ces rencontres ne peuvent certainement pas se programmer par téléphone depuis Paris. C’est en côtoyant d’autres chercheurs, en ayant la possibilité de contacts informels que bien de ces contacts ont lieu. La densité des chercheurs en sciences de la vie à Kendall Square est telle que ceci a lieu naturellement, en prenant un café, en mangeant un sandwich à la boutique au coin de la rue."

La société a dans le même temps annoncé la mise en place d’un accord très général de recherche avec l’Université d’Harvard et un approfondissement de l’accord avec le laboratoire du Dr. Min Dong de la Harvard pour permettre aux chercheurs des deux institutions de travailler dans les domaines des tumeurs neuroendocrines, des troubles neuromusculaires et d’autres domaines d’expertise d’Ipsen tels que les toxines et les peptides [4].


L’ambassadeur de France aux Etats Unis, son excellence Gérard Araud
Crédits : MS&T


A l’occasion de cette inauguration, Ipsen a réuni un impressionnant panel d’experts et leaders d’opinion sur la thématique de la créativité. Par exemple, les deux sessions de présentations étaient présidées par le prix Nobel de Medecine Dr Roger Guillemin - connu pour ces importants travaux de recherche en endocrinologie - et le biologiste Robert Weinberg, le Professeur Daniel K. Ludwig du centre de recherche pour le cancer du MIT et lauréat de nombreux prix tels que la National Medal of Science américaine ou la Albert Einstein World Award of Science en 1999. Un résumé des présentations et les biographies des orateurs et des Présidents de séance sont disponibles dans l’Abstract book [5].

La Biotech Française aux Etats Unis

L’installation d’Ipsen au coeur de l’écosystème de la biotech suit celle de nombreux autres acteurs de l’industrie, deux installations récentes étant celles de Shire et de GE Healthcare [6] [7]. Les sociétés françaises sont loin d’être absentes : on compte bien sur le géant Sanofi qui développe ses équipes sur place à travers Sanofi Genzyme, mais aussi d’autres entreprises telles que Biomerieux, Hybrygenics, ou Voisin Consulting, entreprise de service pour les aspects règlementaires. En tout, une cinquantaine d’entreprises françaises ont une présence dans la région.

Preuve que s’installer à Kendall Square n’est pas réservé aux géants de la pharma mais est aussi possible pour de jeunes entreprises, et peut rapporter gros, comme le montre l’expérience de Nanobiotix. Société de nanomédecine spécialisée dans le traitement local du cancer en utilisant des nanoparticules, une approche physique plutôt que chimique pleine de promesse, Nanobiotix s’est installée dans la région en septembre dernier. Pour Laurent Lévy, président du Directoire de Nanobiotix, "l’ouverture d’une filiale américaine est une étape stratégique au regard des ambitions internationales de notre société. La région de Boston est l’endroit idéal pour accéder à de nouveaux talents, à la recherche innovante et à l’expertise clinique dans le domaine de la nanomédecine." [8]. Et concrètement, la présence de Nanobiotix à Cambridge a permis à la société de recruter à son comité scientifique le prolifique professeur du MIT, Robert Langer. [9] Robert Langer, qui a aussi participé à l’inauguration du centre de R&D d’Ipsen.

De nouvelles collaborations en perspectives ?

Sources :


- [1] http://www.ipsen.com/
- [2] http://www.baxter.com/press_room/press_releases/2014/09_29_14_innovation_r-d_center.html
- [3] http://www.ipsen.com/wp-content/uploads/2015/04/CP-01-04-2015-Inauguration-Cambridge-et-Connecting-with-Creativity-FR.pdf
- [4] http://www.ipsen.com/wp-content/uploads/2015/04/01-04-2015-CP-Harvard-University-FR1.pdf
- [5] http://www.ipsen.com/wp-content/uploads/2015/04/09-03-2015-IPSEN_Abstract_book-001.pdf
- [6] http://www.bostonglobe.com/business/2015/02/11/healthcare-stepping-its-life-sciences-business-expansion-marlborough/M5eiZhNfWZBvLDlwz1EV0L/story.html
- [7] http://www.bostonglobe.com/business/2014/11/19/drug-maker-shire-moving-more-than-jobs-lexington-from-site-outside-philadelphia/kJcot1dtCTZHaTehvXn3fP/story.html
- [8] http://www.nanobiotix.com/fr/news/release/nanobiotix-etend-ses-activites-aux-etats-unis-dans-le-cadre-de-sa-strategie-de-developpement-international/
- [9] http://globenewswire.com/news-release/2015/02/19/708142/10121114/en/Professor-Robert-Langer-joins-Nanobiotix-as-Scientific-Advisor.html

Rédacteurs :


- Maxime HUYNH - Attaché scientifique adjoint, Consulat Général de France à Boston - maxime.huynh@ambascience-usa.org
- Jean-Jacques Yarmoff - Attaché scientifique, Consulat Général de France à Boston - jean-jacques.yarmoff@ambascience-usa.org
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org

A noter : à compter du 25 juin 2015, les bulletins de veille scientifique et technologique des ambassades de France à l’étranger ne seront plus diffusés par l’ADIT. Ils seront disponibles sur le site Internet du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (www.diplomatie.gouv.fr - rubrique : diplomatie scientifique/veille scientifique et technologique) et sur le site Internet des ambassades qui produisent ces documents.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….