Implications récentes du DHS dans la recherche

, Partager

Lorsque l’on parle du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (United States Department of Homeland Security [1] ou DHS), la recherche, l’innovation et de développement ne viennent pas forcement à l’esprit. En effet, le DHS est un département de l’administration fédérale américaine créé en 2002 à l’initiative du président George W. Bush, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Son objectif principal est d’organiser et d’assurer la sécurité intérieure du pays contre les attaques terroristes, les catastrophes naturelles et d’origine humaine.

Toutefois, le DHS a été très actif ces derniers temps dans différents domaines de la recherche et du développement (R&D) en particulier au travers de sa direction science & technologie (Science & Technology Directorate). [2] Les domaines de la R&D auxquels le DHS s’intéresse se concentrent spécifiquement sur ces six champs d’activité de recherche : les interventions d’urgence, la sécurité des frontières et marine, la défense chimique et biologique, les explosifs, la résilience et la cybersécurité.

Certainement en réponse aux attaques récentes qu’a subit l’Etat fédéral et les agences gouvernementales – notamment celle qui a conduit au vol des données personnelles de quatre millions d’employés et anciens personnels de l’Etat fédéral [3] – les derniers investissements du DHS ont porté essentiellement sur des recherches liées à la cybersécurité. Ainsi au cours de l’été 2015, le DHS a annoncé pour près de 14 millions de dollars de financement centrées sur la résilience des systèmes de réponse aux urgences et la sécurité des systèmes mobiles.

Les Universités de Houston et de Delaware se focaliseront sur des recherches concernant les attaques par déni de service (distributed-denial-of-service ou DDoS). Alors que l’Université du Delaware planchera sur les moyens d’assurer la sécurité énergétique et électrique des centres de données, l’Université de Houston concentrera sa recherche sur les technologies qui protègent des attaques DDoS les systèmes de réponse d’urgence.

Les éléments novateurs de ses recherches sont respectivement le fait de s’appuyer sur l’analyse de données pour détecter les irrégularités dans le cas de l’université du Delaware et sur les capacités offertes par les approches cloud computing pour l’université de Houston.

Cinq groupes privés ont été engagés par le DHS afin de développer des technologies pour accroître la sécurité des systèmes mobiles :
- HRL Laboratories LLC (Malibu, Calif.) pour créer un système de détection d’anomalies d’utilisation électrique afin de repérer des activités indésirables du système mobile.
- United Technologies Research Center (UTRC) (East Hartford, Conn.) travaillera sur le management du risque et l’authentification des systèmes mobiles.
- Northrop Grumman Corp. (McLean, Va.) travaillera sur le management du risque et l’authentification des systèmes mobiles basé sur comportement de l’utilisateur.
- Intelligent Automation Inc. (IAI) (Rockville, Md) concentrera sa recherche sur une solution sécuritaire basé sur des logiciels appelé TRUsted Monitor and Protection.
- Kryptowire LLC (Fairfax, VA) travaillera sur la vulnérabilité des applications mobiles.

Au-delà de la recherche de nouvelle technologie, le DHS s’intéresse également à la distribution des bonnes pratiques dans le domaine de la cybersécurité. Récemment, il a sélectionné l’Université du Texas à San Antonio dans le but de développer des standards pour l’Organisation pour l’analyse et le partage d’information (information sharing and analysis organizations ou ISAO), une entité créée par décret en février dernier par le Président Obama. Dans le cadre de ce projet, l’Université du Texas à San Antonio supervisera des groupes locaux dédiés à la cybersécurité dont les remontés expériences sont critiques pour l’amélioration des bonnes pratiques et standards. [4]

Par ailleurs, le 2 septembre dernier, le DHS par l’intermédiaire de son dirigeant, Jeh Johnson, a annoncé un grand plan « d’unification » des activités de R&D à travers la création d’une Equipe de production intégrée (Integrated Product Teams ou IPTs). Cet effort fait certainement écho aux différentes critiques concernant la mauvaise gestion des ressources financières et logistiques du DHS. [5] L’IPTs, dirigée par le sous-Secrétaire pour la science et la technologie (S&T), sera en particulier chargée de coordonner et d’établir les priorités en R&D sur l’ensemble de l’agence. Les IPTs doivent permettre d’avoir une compréhension globale des activités de R&D du DHS et d’éviter les cloisonnements des prises de décision.

Rédacteurs :

- Christian Turquat, Attaché pour la Science et la Technologie, attache-phys@ambascience-usa.org
- Robin Faideau, Attaché adjoint pour la Science et la Technologie, deputy-phys@ambascience-usa.org