Initiative de la Maison Blanche et du secteur privé à l’égard du microbiome

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Le 13 mai 2016, la Maison Blanche a annoncé le lancement de la National Microbiome Initiative (NMI), un programme ambitieux dédié à l’étude du microbiome qui rassemblerait les instituts publics américains mais également des entreprises du secteur privé [1].

Le microbiome se définit par l’ensemble des microorganismes (bactéries, virus, parasite, champignon) vivant dans le corps humain et autre écosystème tel que les plantes, les sols ou les océans. Ces microbiotes sont présents sur Terre depuis des millénaires et, à la lumière de récents travaux de recherche, autant académiques qu’industriels, leurs rôles essentiels sont de plus en plus évidents :

  • dans le champ médical, les preuves s’accumulent pour tracer un lien entre la flore de l’organisme humain et de nombreuses maladies chroniques (obésité, diabète, asthme…) [2] [3], voire même certains désordres neurologiques.
  • dans le domaine de l’environnement, de nouveaux bénéfices des microbiotes sont découverts chaque jour : dépollution [4] , résistance aux herbicides [5]
  • en termes d’énergie, ils apparaissent comme une alternative pratique et efficace aux carburants conventionnels [6].

Malgré tout, la compréhension du microbiome est encore lacunaire et suscite, depuis plusieurs années déjà, un intérêt scientifique croissant. En 2013, Jo Handelsman fut nommé directeur associé pour la science du White House Office of Science and Technology Policy, un service rattaché auprès du Bureau exécutif du président des États-Unis et dont le rôle est de conseiller le président dans le domaine scientifique. A cette position, cette pionnière de la science du microbiote mit en place plusieurs workshops rassemblant chercheurs et industriels pour échanger la thématique du microbiote. A l’issue de ces rencontres, une proposition d’organiser d’un effort national pour mieux comprendre le microbiome et développer des outils technologiques associés [7] fut présenté. Cette proposition vient de seconcrétiser.

La NMI est construite autour de trois axes :
- le soutien de la recherche interdisciplinaire ;
- la mise en place de plateformes de technologies ;
- la formation d’experts dans le domaine.

Elle s’inscrit dans la continuité du Human Microbiome Project du NIH, qui a pris fin en 2012, mais montre une ouverture vers la sphère industrielle.

En effet, si 121 millions de dollars ont été mis à disposition pour ce programme par les instituts fédéraux, une centaine de grands acteurs du secteur privé et publics se sont également joint à l’élan national après un appel lancé par l’OSTP en janvier 2016 [8] . On retrouve parmi eux des organisations philanthropiques (ex. Bill and Melinda Gates Foundation), des entreprises (ex. The BioCollective ou One Codex) et plusieurs universités (ex. University of California San Diego), qui représentent un investissement global de près de 400 millions de dollars.

Le nombre d’intervenants impliqués pourrait non seulement être bénéfique pour la recherche autour du microbiome, mais il représente aussi une occasion de resserrer les liens entre les différents acteurs du monde des sciences.


Rédacteur :
- Gabrielle Mérite, Attachée adjointe pour la Science et la Technologie, Consulat Général de France à Los Angeles, deputy-sdv.la@ambascience-usa.org