L’Europe et les Etats-Unis, une coopération scientifique dynamique

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Des représentants de la Commission européenne et de l’Administration américaine se sont réunis le 12 février 2013 à Washington DC, afin de faire le point sur l’état actuel des coopérations Europe-Etats-Unis en science et technologie. M. Robert-Jan Smith (Directeur-général de la Recherche et de l’Innovation, Commission européenne) et Dr Kerri-Ann Jones (Secrétaire d’Etat adjointe pour les océans et les affaires scientifiques et environnementales internationales) se sont entretenus sur le développement et le financement de nouveaux projets collaboratifs de recherche à grande échelle, notamment en recherche maritime et polaire. Cette réunion, qui a abouti sur la signature d’un nouvel accord sur la recherche en transports urbains [1], permet de revenir sur les partenariats scientifiques et technologiques entre l’Europe et les Etats-Unis, et, plus spécifiquement, sur leurs opportunités de financement.

Les établissements scientifiques européens et américains, de par leur grande réputation et leur qualité, sont des partenaires idéaux. Les Etats-Unis et l’Europe ont assuré plus de 55% des financements mondiaux pour la recherche et le développement en 2010 [2]. Les collaborations scientifiques transatlantiques couvrent de nombreux domaines de recherche, notamment en santé, en technologie et en environnement. La plupart de ces collaborations sont instiguées grâce à un mécanisme de "bottom-up" : les institutions et chercheurs initient eux-mêmes des coopérations transatlantiques. Ils doivent alors obtenir les financements adéquats.

Actuellement, les projets collaboratifs de recherche sont financés par des organismes tels le NIH (National Institutes of Health) et la NSF (National Science Foundation) aux Etats-Unis, et sous la tutelle du 7ème Programme Cadre (EU’s 7th Framework Program for Research and Technological Development) en Europe. Grâce au 7ème PC, 220 projets transatlantiques ont été financés entre 2007 et 2012. Ces projets ont regroupé plus de 270 chercheurs et instituts américains [2 ; 3]. Le 7ème PC, qui s’achèvera fin 2013, sera remplacé par le programme Horizon 2020 (2014-2020). A lui seul, il permettra à l’Union européenne d’investir 8,1 milliards d’euros dans la recherche en 2013 [4]. Le 7ème PC consacrera notamment 1,75 milliards d’euros pour financer la mobilité de chercheurs étrangers vers l’Europe. Grâce aux programmes cadres, plus de 5.000 bourses auront été attribuées à des scientifiques et 16.000 bourses à des doctorants et post doctorants, afin qu’ils puissent travailler en Europe [5].

Des milliers de jeunes post-doctorants et de scientifiques européens viennent chaque année conduire leurs travaux de recherche dans des universités américaines. Ils sont attirés par l’excellence des institutions américaines, leur réputation, les opportunités de carrière et une culture propice à l’entreprenariat. Par ailleurs, un nombre croissant de jeunes chercheurs américains se lance aujourd’hui dans l’aventure européenne. Les chercheurs peuvent bénéficier, entre autres, de bourses Marie Curie et Fulbright, ainsi que de financements européens (European Research Council, ERC), nationaux (exemple des bourses Chateaubriand pour la France) et internationaux (Human Frontier Science Program) [6 ; 7 ; 8 ; 9 ; 10].

Créé en 2007 par la Commission européenne, et financé par le 7ème PC, l’ERC encourage la recherche de haut niveau en Europe grâce à des financements compétitifs [8]. La recherche financée par l’UE au titre du présent programme répond à la nécessité d’accroître l’attractivité de l’Europe. Fin 2013, l’ERC aura financé environ 5.000 bourses de recherche (juniors et séniors) avec un budget de plus de 7,5 milliards d’euros.

Les bourses Marie Curie ont, quant à elles, permis à 14.500 scientifiques du monde entier de travailler sur des projets internationaux de recherche lors du 6ème PC [11]. De 2007 à 2013, 355 chercheurs américains ont été financés par ce programme (Bourses "entrantes"). Ils ont travaillé en majorité au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et en Espagne. Les Etats-Unis ont accueilli, pendant la même période, 487 boursiers Marie Curie européens (Bourses "sortantes"), pour la plupart espagnols, italiens, français et néerlandais [12 ; 13]. En comparaison, 1.124 chercheurs français ont bénéficié de financements Marie Curie pour se rendre majoritairement au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse ces 5 dernières années [14]. Les Etats-Unis sont la 6ème destination des chercheurs boursiers français. La France accueille, quant à elle, principalement des chercheurs boursiers venus d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne et d’Inde.

En juillet 2012, la NSF a annoncé la création du nouveau programme GROW (Graduate Research Opportunities Worldwide), afin de soutenir la mobilité de ses doctorants, les "Graduate Research Fellows". Ces jeunes chercheurs pourront collaborer avec des scientifiques européens, notamment français, en effectuant jusqu’à une année de recherche dans un laboratoire à l’étranger. Les coûts associés seront pris en charge par la NSF et par les agences on organismes de chaque pays [15]. Ce programme illustre parfaitement la volonté croissante des Etats-Unis de développer des relations durables avec les grandes institutions étrangères. A titre d’exemple, 17% des collaborations doctorales initiées par les institutions américaines sont faites avec des partenaires européens. Ce chiffre atteint 36% au niveau master [2].

Les Etats-Unis et l’Europe collaborent sur de nombreux programmes de recherche, dans des domaines aussi variés que l’énergie, la météorologie, les nanotechnologies et l’espace [16]. De nouvelles coopérations transatlantiques devraient bientôt voir le jour en biologie marine, en santé (recherche sur le VIH, la malaria et la tuberculose) et en ingénierie des matériaux (développement de matériaux innovants) [1]. Ainsi, le processus d’adhésion des Etats-Unis à la programmation européenne conjointe sur les maladies neurodégénératives (EU Joint Programming Initiative on Neurodegenerative Disease, JPND) est notamment en cours. L’objectif de cette adhésion est de faciliter les collaborations entre les pays européens et les Etats-Unis, et de réduire la fragmentation des financements orientés vers ce thème de recherche.

Sources :


- [1] http://ec.europa.eu/research/index.cfm?pg=newsalert&year=2013&na=na-130213 (dernier accès : 03/04/13)
- [2] Cathleen Fisher - "The Invisible Pillar of Transatlantic Cooperation" - Science Diplomacy - 11 mars 2013
- [4] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-12-752_en.htm?locale=en (dernier accès : 03/04/13)
- [5] http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-12-528_en.htm?locale=en (dernier accès : 03/04/13)
- [11] http://ec.europa.eu/research/mariecurieactions/documents/documentation/publications/eu-marie-curie-actions-fellowships-innovative-science-becomes-success-publication_en.pdf (dernier accès : 03/04/13)
- [13] http://ec.europa.eu/research/mariecurieactions/documents/funded-projects/statistics/non-eu/marie-curie-actions-country-fiche-us_en.pdf (dernier accès : 03/04/13)
- [14] http://ec.europa.eu/research/mariecurieactions/documents/funded-projects/statistics/eu-countries/marie-curie-actions-country-fiche-fr_en.pdf (dernier accès : 03/04/13)

Pour en savoir plus, contacts :


- [3] http://archive.euussciencetechnology.eu/bilat-usa/inventory.html
- [6] http://ec.europa.eu/research/mariecurieactions/index_fr.htm
- [7] http://www.fulbright-france.org/gene/main.php
- [8] http://erc.europa.eu/
- [9] http://stem.chateaubriand-fellowship.org/
- [10] http://www.hfsp.org/funding
- [12] http://ec.europa.eu/research/mariecurieactions/funded-projects/statistics/index_en.htm
- [15] http://www.nsf.gov/funding/pgm_summ.jsp?pims_id=504876
- [16] http://www.euussciencetechnology.eu/inventory-database
Code brève
ADIT : 72713

Rédacteurs :


- Aurélie Perthuison (deputy-sdv.la@ambascience-usa.org) ;
- Marie Imbs (universites.vi@ambascience-usa.org) ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….