L’Université de Californie : dix établissements parmi les meilleurs mondiaux

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Fondée en 1868 à Berkeley, l’Université de Californie (UC) est le système majeur d’universités publiques de l’Etat de Californie [1]. Elle inclut 10 établissements (du nord au sud : UC Davis, UC Berkeley, UC San Francisco, UC Santa Cruz, UC Merced, UC Santa Barbara, UC Los Angeles, UC Riverside, UC Irvine, UC San Diego), 5 centres hospitalo-universitaires (UCLA est classé 5ème hôpital du pays, et UCSD 7ème) et gère pour le compte du Département de l’énergie trois laboratoires nationaux (Lawrence Berkeley National Lab, Lawrence Livermore National Lab et Los Alamos National Lab).

L’Université de Californie couvre 150 disciplines. Elle accueille 238 700 étudiants, 198 300 employés. Elle compte 1,7 millions d’anciens élèves vivants parmi lesquels on trouve 61 prix Nobel (soit plus qu’aucun autre système universitaire intégré au monde). Ses campus sont régulièrement très haut placés dans les classements universitaires mondiaux : le dernier Academic Ranking of World Universities (classement de Shanghai) place ainsi UC Berkeley 3ème, UCLA 12ème, UC San Diego 14ème, UCSF 21ème, UC Santa Barbara 42ème, UC Irvine 58ème, UC Davis 75ème et UC Santa Cruz 83ème.

Gouvernance

L’Université de Californie bénéficie d’un système de gouvernance original, lié en partie à ce que, à l’inverse d’autres systèmes universitaires dans d’autres Etats, l’ensemble des 10 établissements se voit confier une mission similaire : enseigner aux meilleurs étudiants de l’Etat et conduire une recherche au meilleur niveau mondial.

La Constitution de l’Etat de Californie confère la gouvernance de l’ensemble de l’Université de Californie à un conseil d’administration de 26 membres, parmi lesquels 18 sont nommés par le gouverneur et confirmés par le Sénat pour un mandat de 12 ans. Un étudiant est nommé pour une période d’un an et les 7 autres administrateurs sont le Gouverneur, le Lieutenant-Gouverneur, le Président de l’Assemblée de l’Etat de Californie (chambre basse), le State Superintendant of Public Instruction, le Président et vice-Président de l’Association des Anciens Elèves et le Président de l’Université de Californie (nommé par le conseil d’administration ; depuis 2013, il s’agit de Janet Napolitano, ancienne Secretary of Homeland Security de l’administration Obama).

Le modèle de gouvernance a ceci de particulier qu’il institutionnalise [2] une gouvernance partagée avec le personnel enseignant et de recherche au travers de l’Academic Senate qui a autorité sur la gestion des admissions, la délivrance des diplômes (autres qu’honorifiques), le recrutement des enseignants et des chercheurs et l’élaboration et le suivi des contenus.

Ce modèle bicéphale et hautement centralisé reçoit depuis quelques années un certain nombre de critiques [3] dues en particulier à ce que, s’il permettait de peser d’un poids politique unifié important à une période où l’essentiel des revenus de l’Université provenait de l’Etat de Californie, le changement de structure financière du système implique probablement la nécessité d’une plus grande autonomie de chacun des établissements dans la recherche d’un équilibre financier.

Structure financière

L’Etat de Californie injecte annuellement 3,3 milliards de dollars dans le système de l’Université de Californie, en légère progression depuis huit ans (progression cependant conditionnée à l’établissement d’un plafond pour le taux d’acceptation des étudiants non-californiens).

Ceci étant, la proportion du financement direct par l’Etat est passée de 87% en 1980 à 43% en 2015. Nonobstant le recours accru à d’autres sources de financement (subventions de recherche, partenariats industriels, philanthropie), la conséquence de cette baisse est un accroissement spectaculaire des frais annuels de scolarité. Ceux-ci sont passés en moyenne de 800$ en 1980 à 6 800$ en 2005 et 14 000$ en 2015 pour les résidents de l’Etat de Californie, et respectivement 3 200$, 24 600$ et 38 000$ pour les non-résidents. A titre de comparaison, l’Université (privée) voisine de Stanford affiche des frais de scolarité de 48 000$ par an. La proportion d’étudiants non-californiens s’accroit spectaculairement depuis 10 ans, atteignant en moyenne 20% sur l‘ensemble des établissements et jusqu’à un tiers sur les plus recherchés (Berkeley et UC Los Angeles), ce qui en retour constitue un frein politique à la progression des subventions de l’Etat.

De manière générale, les changements du système de financement de l’Université de Californie induisent des déficits structurels (UC Berkeley a par exemple annoncé pour l’année fiscale 2015-2016 un déficit de 150 M$, soit 6% de ses coûts de fonctionnement, et prévoit un plan de licenciement) qui constituent un fondement important de l’instabilité administrative récente du système (démissions cet été des Chanceliers de UC Berkeley et UC Davis).

L’Université de Californie dispose d’un fonds de dotation, alimenté par des campagnes d’appels aux dons auprès des anciens élèves et des entreprises, qui s’élève actuellement à environ 16 milliards de dollars (l’université d’Harvard dispose d’un fonds de 36 milliards, pour plus de dix fois moins d’étudiants). Le rendement annuel de ce fonds, en moyenne de 7% sur les dix dernières années, reste inférieur à celui qu’obtiennent d’autres grandes universités (Yale ou Stanford atteignent les 11%). A l’exception de la portion des intérêts affectée chaque année au fonctionnement de l’Université, le capital est légalement inutilisable et ne représente donc pas une solution aux problèmes budgétaires que doit résoudre le conseil d’administration.


Rédacteur :
- Olivier Tomat, Expert Technique International, San Francisco, olivier.tomat@ambascience-usa.org ;
- Retrouvez l’actualité en Californie du Nord sur http://sf.france-science.org ;

Notes

[1Les deux autres branches du système d’enseignement supérieur de l’Etat étant l’Université d’Etat de Californie et les community colleges

[2Standing Order 105.2 du Board of Regents, le conseil d’administration