L’Université de Floride : un modèle alternatif d’université entrepreneuriale

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Il est rare que le haut de classement des universités les plus efficientes dans le transfert de technologies varie drastiquement. Selon les indicateurs classiques, comme les revenus de licences et le nombre de création de jeunes pousses, on retrouve en effet d’une année sur l’autre MIT, CalTech, les 10 campus de l’Université de Californie et Stanford. Cependant, des universités moins connues mondialement progressent de façon parfois spectaculaire.

Ainsi, l’Université de Floride, bien que distancée largement encore par les 3 premières universités précitées, impose sa marque dans les classements de l’AUTM ou de l’Institut Milken alors que son service de valorisation a été créé en 1985 seulement. L’augmentation des revenus tirés des licences accordées par l’université de Floride est ainsi passée de 11 millions de dollars il y a 10 ans à un peu plus de 40 millions de dollars, permettant de rendre profitable le service de transfert de technologies de l’université.

Cette évolution est à mettre sur le compte d’une politique volontaire de l’université en trois points.

1) Tout d’abord, l’université a décidé de traiter les innovations de ses laboratoires comme une marchandise quelconque et de commercialiser ces produits vers des clients bien ciblés. En cohérence avec cette politique, l’université a choisi de professionnaliser ses équipes de transfert de technologies en embauchant des experts du secteur privé. Il s’agit pour l’université d’avoir des experts pour chaque métier : les scientifiques faisant de la science et les spécialistes de la commercialisation s’occupant de trouver des preneurs pour les licences et de choisir des équipes pour lancer les jeunes pousses, 13 en 2005 à comparer à la vingtaine au MIT sur la même période.

2) L’université a choisi de donner les moyens humains nécessaires en étoffant les équipes du service. Le service de valorisation de l’université est ainsi passé de 6 agents de valorisation, soit exactement dans la moyenne de la majorité des universités américaines ayant une équipe dédiée à la valorisation, à 19 agents en quelques années, se plaçant ainsi dans le tiers supérieur des universités (avec 29 collaborateurs au MIT et 28 à Stanford par exemple).

3) L’université de Floride a aussi décidé d’orienter depuis 2000 ses actions de recherches de partenaires vers les PME. Ceci lui permet d’éviter, entre autres, d’être en confrontation directe avec les autres universités qui visent les grands groupes et leurs potentiels produits vedettes à même de réaliser des millions de dollars de chiffres d’affaires. Un autre intérêt de viser des PME est que ce type d’entreprise est prêt à acquérir des licences plus rapidement même pour des retours plus faibles.

Source :


- Rapport de l’institut Milken "Mind to market"
http://www.milkeninstitute.org/pdf/mind2mrkt_2006.pdf
- Site du service de valorisation de l’université de Floride
http://rgp.ufl.edu/otl/index.html
- Article de Business Week : "MIT, Caltech - And the Gators ?"
http://www.businessweek.com/magazine/content/07_21/b4035085.htm?campaign_id=rss_smlbz

Pour en savoir plus, contacts :

Aperçu des initiatives récentes de la Floride et d’autres Etats dans le domaine des biotechnologies
http://bio.org/local/battelle2006/Florida.pdf
Code brève
ADIT : 43048

Rédacteur :

Nicolas Gibaud oseo.anvar@ambafrance-us.org - Consulat Général de France à Boston

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….