L’accompagnement des start-ups grâce aux programmes de mentorat universitaires

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La création d’entreprises innovantes est un exercice de plus en plus complexe. Bien souvent, elle est réservée à des professionnels confirmés qui doivent disposer d’une gamme de compétences de plus en plus large. Il faut en effet maîtriser tous les aspects de la création, savoir s’entourer d’experts et développer une capacité à lever des fonds. Cette situation conduit la plupart des programmes d’aide à ne proposer des services d’accompagnement que sur certains aspects de la création.

La phase la plus complexe concerne la consolidation et la maturation du projet pour accélérer de façon cohérente et attractive sa promotion auprès des financeurs privés (sociétés de capital-risque, "anges"). Cette phase de transition est désormais de plus en plus accompagnée, entre autres, grâce aux services de mentors. Ces services correspondent à une offre marchande de sociétés privées. Mais, plus récemment, les universités américaines se sont installées sur ce créneau en proposant gratuitement à leurs étudiants, personnels, alumnis, etc. des services de ce type.

Deux programmes particulièrement exemplaires présentent des résultats intéressants : le "Venture Mentoring Service" du MIT et le "T100 Alumni Program" de l’Université de Virginie.

Le programme de l’Université de Virginie ne recrute des mentors que dans le cercle de ses alumnis. Une trentaine sont actuellement impliqués et contribuent à hauteur de 3.000 dollars par an (déductible d’impôts) au programme. Ces fonds sont ensuite redistribués sous forme d’aides aux start-ups participant au programme. Chaque start-up peut prétendre à 10.000 dollars qui sont destinés à des menues dépenses telles que la conception d’un site internet, des logiciels de comptabilité ou encore des études pré-cliniques. Chaque projet est généralement associé à une équipe de mentors composée d’un juriste, d’un professionnel du capital risque et d’un cadre de l’industrie ou d’un entrepreneur expérimenté. L’équipe ainsi formée est soutenue d’un point de vue logistique par le personnel de l’université détaché pour ce programme. En moyenne, l’équipe de mentors suit la start-up pendant 2 ans à raison d’une rencontre mensuelle. Depuis le lancement du programme il y a 5 ans, 20 entreprises ont été accompagnées, 16 sont toujours en activité et la plupart ont déjà des produits sur le marché.

Le programme du MIT est l’un des plus ancien : il a 10 ans d’existence. Le réseau regroupe actuellement 133 mentors dont la moitié est complètement extérieure au MIT. Le statut d’alumni n’est pas obligatoire pour faire partie du réseau et aucune participation financière n’est requise. En revanche ceux-ci sont recrutés sur la base de l’excellence selon un processus de sélection très strict. Parmi ce réseau de mentors, une trentaine ne fait pas de suivi de projets mais agit en tant qu’experts en évaluant les dossiers sur des aspects particuliers comme la propriété intellectuelle ou encore leur présentation à destination d’investisseurs.

En 10 ans, 249 projets d’entreprises ont été soutenus permettant à ces entreprises de lever 500 millions de dollars de financement. Ce programme est réservé à la communauté du MIT : étudiants, alumnis, chercheurs et enseignants. Fort de son succès, il est désormais accessible, contre rémunération, aux entités extérieures.

Le succès de ces programmes montre où se situent les besoins d’accompagnement des créateurs de start-ups. Il semble cependant que la principale difficulté rencontrée par les mentors soit précisément la surestimation des projets par leurs créateurs. D’une façon plus générale, bon nombre d’entrepreneurs se privent de ces services, les pensant inutiles. D’autres commettent l’erreur de présenter des projets trop peu élaborés pour lesquels le mentorat n’a pas vraiment d’impact. Pour que les conseils d’un mentor portent ses fruits, la start-up doit en effet pouvoir présenter un dossier où les questions de propriété intellectuelle sont réglées (ou en voie de l’être) et où le porteur de projet est clairement identifié.

Source :


- "Mentor programs help university start-ups make the grade", Technology Transfer Tactics, March 2009
- "Mass entrepreneurship 2009", Massachusetts State House, http://www.invention2venture.org/massentrepreneurship09/

Pour en savoir plus, contacts :


- T100 Alumni Program de l’université de Virginie, http://www.virginia.edu/vpr/industry/T100.html
- Venture Mentoring Service, http://web.mit.edu/vms/
Code brève
ADIT : 58874

Rédacteur :

Aline Charpentier, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….