L’endettement des étudiants

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Il nous vient volontiers à l’esprit que l’étudiant inscrit dans une université privée en sortira plus lourdement endetté que celui qui aura été formé dans un établissement public, ou encore, que le niveau de vie des différents états est déterminant quant aux montants des emprunts. D’après un récent rapport comparant et classant la dette moyenne des étudiants undergraduate ayant reçu leur diplôme de graduation en 2005, ces présomptions sont à relativiser.

Suite à cette étude, on apprend qu’établissements publics et privés confondus, en 2005, les dettes-étudiantes moyennes s’échelonnaient entre 22.793 et 11.709 UDS. Les états enregistrant les plus hautes moyennes d’endettement ne sont pas ceux dans lequel le niveau de vie est le plus élevé. Dans le "Top 5", on trouve en effet, le New Hampshire (22.793 UDS), l’Iowa (22.727 USD), le Dakota du Nord (22.682 USD), le Rhode Island (20.798 USD) et la Pennsylvanie (20.775 USD).
Si les dettes moyennes des diplômés d’établissements publics restent inférieures à celles des diplômés d’établissements privés dans la plupart des états, dans 7 d’entres eux, ce sont les universités publiques qui enregistrent les niveaux moyens d’endettement les plus élevés (Kentucky, Caroline du Sud, Tennessee, Delaware, Arkansas, Iowa et Dakota du Nord).
Par ailleurs, les étudiants issus des milieux les moins aisés, inscrits dans les établissements publics les moins coûteux n’ont assez souvent d’autre choix que de contracter des prêts-étudiants leur permettant d’acheter et de payer livres, nourriture, loyer, transports et autres frais indispensables. Malgré la relative faiblesse des frais d’inscriptions, certains étudiants atteignent des niveaux d’endettement impressionnants : plusieurs universités comptant une proportion importante d’étudiants peu aisés, et dont les frais d’inscriptions ne dépassent pas les 3.500 USD, rapportent avoir des dettes par étudiants en moyenne de plus de 20.000 USD. C’est le cas de Florida A&M University ou encore de Texas Southern University. De faibles frais d’inscription ne garantissent donc pas un endettement minime.

Inversement, fréquenter une institution très coûteuse ne signifie pas nécessairement un lourd endettement. Parmi les universités les plus onéreuses, certaines offrent gracieusement des aides aux étudiants indigents (pendant qu’elles font payer plus les plus aisés). Malgré les coûts parfois exorbitants des études dans ces institutions, ces derniers contractent alors de plus faibles emprunts que s’ils poursuivaient leurs études dans des établissements théoriquement peu coûteux. Ceci dit, un autre facteur à considérer est que la composition sociale dans ces universités est assez différente de celle des universités publiques. En considérant par état, on peut ainsi relever qu’elles ont en ordre de grandeur environ deux fois moins d’étudiants bénéficiaires de prêts Pell, considérés comme un indicateur de niveau de rémunération faible des parents (au demeurant les récipiendaires de prêt Pell ont en moyenne un endettement plus élevé que les autres : 20.735 USD contre 18.420 USD, l’écart se creusant si on considère les déciles supérieurs).
Au total, plus d’une trentaine d’universités privées dont les coûts d’inscriptions sont supérieurs à 20.000 UDS par an déclarent finalement une dette moyenne pour les diplômés 2005 de 15.000 USD ou moins. Parmi ces universités, on trouve entre autres, Princeton University, California Institute of Technology, Harvard University, Johns Hopkins University et Yale University.

Ceci étant dit, on peut aussi relever le fait que les parents s’endettent aussi. Ainsi en 2004, les parents de 15,3% des étudiants avaient pris des emprunts directement destinés à soutenir les frais afférents à leur enfant étudiant (prêt fédéraux du programme PLUS), pour un montant moyen 17.709 USD. Ce pourcentage moyen devient 12,3% dans les établissements publics, pour un emprunt moyen de 14.056 USD, et 21% dans les établissements privés, pour une valeur moyenne de 21.984 USD. Cet écart moyen public - privé se retrouve aussi pour les étudiants :
- Dans les établissements publics en quatre ans, 62,4% des étudiants ont une dette, pour la moitié de ces emprunteurs cette dette atteint ou dépasse 15.472 USD, pour un quart elle dépasse 22.822 USD, le décile supérieur étant endetté pour 32.994 USD ou davantage
- Dans les établissements privés à but non lucratif, le pourcentage d’étudiants endetté s’élève à 73,9% et parmi ces emprunteurs la moitié doit 19.500 USD ou plus, un quart doit 28.222 USD ou plus et le décile supérieur doit 40.000 USD ou plus
- Dans les établissements privés à but lucratif, le pourcentage d’étudiants endettés atteint 88,3%, avec pour la moitié 24.625 USD ou davantage de dette, pour un quart 35.000 USD ou davantage, et au moins 45.000 USD pour le décile supérieur.

Les commanditaires de cette étude, qui prend en compte sur plus de 1400 universités ou établissements d’enseignement supérieur à travers tous les Etats-Unis, espèrent sensibiliser le gouvernement sur les moyens permettant de diminuer sérieusement l’importance de l’endettement des étudiants.

Source :


- Article de Inside Higher ED : http://insidehighered.com/news/2006/08/30/debt
- The Chronicle of Higher Education : http://chronicle.com/daily/2006/08/2006083003n.htm
- Rapport "Student debt and the class of 2005 : average debt by state, sector and school" :
http://projectonstudentdebt.org/files/pub//State_by_State_report_FINAL.pdf

Rédacteur :

Marie Parsy : universites.vi@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….