L’innovation aux Etats-Unis

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Historique et Présentation générale

En 1947, au Département de recherches avancées de l’Université de Princeton (New Jersey), John Von Neumann construisit une machine numérique programmable : le premier ordinateur du monde était né. Cependant, la prestigieuse université ne vit guère en cette invention qu’une curiosité scientifique de plus et ne daigna pas investir le moindre dollar dans un brevet.

… Loin d’être isolé, cet exemple est révélateur du fossé relationnel important entre le secteur de la recherche et celui de l’industrie, créant un sévère handicap pour la commercialisation des innovations technologiques.

Aux Etats-Unis néanmoins, les années 1970 ont été marquées par la prise de conscience de cette lacune. Il aura fallu une décennie de débats pour aboutir, en 1980, à la mise en place d’un nouveau cadre législatif articulé autour de textes clés comme le Bayh-Dole Act (1980), qui constitue le catalyseur des transferts de technologie.

Ces changements ont permis aux Américains de combler progressivement le fossé, et c’est à partir des années 1990 que les retombées sont devenues particulièrement sensibles.

Elles se déclinent en termes technologiques, singulièrement dans les secteurs de haute technologie, en termes économiques, la mise sur le marché de nouveaux produits ajoutant quelques milliards de dollars au PIB américain, et en terme d’emplois, avec la création d’une multitude de petites entreprises émergentes et innovantes (start-ups).

Un effort de recherche qui irrigue toute l’économie

En 2002, les Etats-Unis ont investit 2,8% de leur PIB, soit 290 milliards de dollars en Recherche et Développement, l’Europe des quinze 1,8 % et le Japon 3%. La France se situe à 2,2 % avec 32 milliards d’euros (valeur en 2001). Cet effort de R&D colossal explique en grande partie la position dominante qu’occupe les Etats-Unis dans les secteurs de pointe tels que les biotechnologies ou les technologies de l’information. L’industrie constitue un acteur essentiel de ce leadership puisqu’elle finance plus des deux tiers de l’effort national de R&D et réalise plus des trois quarts des dépenses de recherche.

La capacité d’innovation d’un pays ne se résume pas à son effort de R&D et requiert également un partenariat étroit entre de nombreux acteurs à tous les stades du développement d’un nouveau produit ou service : Université, Recherche, Industrie, secteur bancaire, cabinets conseil spécialisés dans les secteurs de haute technologie.

Le rôle des pouvoirs publics est par ailleurs essentiel pour créer un cadre favorable et un environnement propice à l’innovation et à la diffusion des résultats de la recherche dans la société. Les Etats-Unis ont acquis dans ce domaine une expérience et un savoir-faire indéniables.

L’Université américaine : un acteur majeur dans l’économie de l’innovation

Une politique fédérale ambitieuse en matière de recherche conduite par les grandes agences gouvernementales conjuguée avec une décentralisation des décisions et des moyens au niveau des universités (la plupart jouissant d’un statut privé et indépendant) permet à ces dernières de jouer un rôle clé dans l’économie de l’innovation :

* Développement d’une politique de fonds propres par le biais des "endowments" essentiellement constitués par des dons privés (à titre d’exemple celui de Harvard se monte à 18 milliards de dollars et celui du MIT à 5 milliards de dollars). Des incitations fiscales très fortes ont été mises en place pour encourager le "sponsoring" de la recherche, notamment à travers les "charitable trust".

* Services spécialisés pour la gestion de la propriété intellectuelle, le "marketing" de la recherche et la négociation des contrats de licences avec les entreprises (Technology Licensing Offices). Le développement de cette activité a été favorisé par le Bay Dohle Act (1980) qui confère aux universités l’entière propriété des résultats de la recherche financée par des sources fédérales.

* Programmes de formation à l’entrepreneuriat pour les scientifiques en association avec des business schools.

* Participation à des réseaux impliquant des professionnels du capital-risque, des anciens (alumni) devenus millionnaires, des sociétés de conseil jouant le rôle de mentors pour les créateurs en échange de prise de participation au capital.

Ce site a pour vocation de dresser le tableau le plus large possible des initiatives fédérales et des mécanismes qui favorisent les transferts de technologie de la recherche vers l’industrie et qui contribuent à créer un cadre propice à l’innovation industrielle.