L’obésité infantile aux Etats-Unis et les campagnes de prévention mises en place en Géorgie pour contrer ce phénomène

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Le groupe de travail de la Maison Blanche sur l’obésité infantile, créé par le président Barack Obama dans le cadre de la campagne de la première dame Michelle Obama appelé "Let’s Move", vise à réduire le taux de l’obésité infantile d’ici une génération. Le but est donc que les Etats-Unis retrouvent un taux d’obésité infantile égal à 5% en 2030, comparable à celui des années 1970, avant qu’il n’augmente fortement avec l’apparition de la "malbouffe".

Dans une étude récente de l’Université du Michigan [1,2], des chercheurs ont étudié la prévention et le traitement nécessaire pour atteindre les objectifs énoncés par le rapport du groupe de travail. Pour atteindre cet objectif, Joyce Lee et son équipe ont conclu que l’accent devait être mis sur ??la prévention de l’obésité et les stratégies de traitement. Les programmes de prévention, seuls, ne seront d’aucune efficacité pour arrêter l’épidémie qui touche des enfants déjà obèses, en particulier ceux issus de minorités. "Il y a beaucoup de discussions sur la prévention de l’obésité chez les enfants. C’est important, mais nous devons aussi nous intéresser aux solutions pour les enfants qui sont déjà obèses. Parce que leur nombre est en constante augmentation, il faut fournir autant d’efforts sur le traitement si nous voulons voir des résultats" , explique Joyce Lee, Professeur de pédiatrie à l’école médicale de l’Université du Michigan.

Le taux d’obésité infantile aux Etats-Unis est beaucoup plus élevé pour les enfants issus de minorités, en effet, 20% des enfants "afro-américains" et "hispaniques" sont obèses, contre seulement 15% pour les enfants "blancs". L’étude conclut que le taux de l’obésité étant déjà si élevé, les stratégies de prévention seules ne suffiront pas pour atteindre l’objectif fixé par le groupe de travail [1,2].

L’étude souligne que la législation, dont la loi "pour des enfants sains et bien nourris" est applicable depuis 2010 ("Healthy, Hunger-Free Kids Act of 2010") [3], peut contribuer à soutenir les progrès pour enrayer l’obésité. Cette loi a permis d’accorder un soutien financier pour les repas scolaires équilibrés (repas gratuits ou à prix réduit aux écoliers dont les parents ont de faibles revenus). Cependant, les chercheurs pensent que la loi peut avoir un impact plus important sur ??la prévention de l’obésité chez les enfants sains plutôt que de réduire l’obésité chez les enfants déjà touchés par l’obésité. Le développement de nouvelles stratégies pertinentes de traitement des enfants obèses issus des minorités ne sera pas suffisant. Les barrières financières pour l’accès à ces traitements doivent être réduites pour qu’elles soient accessibles aux enfants issus d’un ménage à bas revenus ou appartenant à une minorité.

Seuls dix états offrent des thérapies nutritionnelle et comportementale contre l’obésité proposés par des programmes comme Medicaid [4]. Toutefois, étant donné le nombre d’enfants défavorisés susceptibles d’être obèses, il est essentiel que ces programmes soient disponibles dans tous les états des Etats-Unis. "Le projet de loi de réforme des soins de santé adopté en 2010 peut jouer un rôle important pour fournir une couverture pour les enfants obèses, comme il faudra de nouveaux plans de la santé pour couvrir le dépistage de l’obésité et les soin pour les enfants", dit Joyce Lee.

Afin de réduire le taux d’obésité en Géorgie, deuxième du pays (près de 40% des enfants sont en surpoids ou obèses), la campagne strong4life [5] a été lancée à destination des minorités. Cette campagne délivre des messages clés comme "Etre gros gâche les plaisirs de l’enfance" ou "Certaines maladies ne sont plus réservées aux adultes" en parlant du diabète de type 2, de maladies cardiaques ou d’hypertension et "75% des parents en Géorgie ayant des enfants en surpoids ne reconnaissent pas le problème".

La campagne vise à attirer l’attention des parents et des enfants à travers des publicités sur internet, la télévision et les panneaux d’affichage. Elle a obtenu des critiques mitigées, car elle parle crument des conséquences de l’obésité et met en scène des enfants obèses. Certains américains pensent que ces messages chocs sont la seule manière de réveiller les mentalités (68%), tandis que d’autres (15%) sont contre car ils redoutent que les adolescents obèses ne se replient sur eux-mêmes en voyant ces publicités ou craignant encore que ces messages puissent influencer des enfants à pratiquer la boulimie [6].

De plus, ce programme permet aux adolescents et à leurs parents, grâce au réseau social Facebook [7], de recevoir jusqu’à plusieurs fois par jour des recommandations concernant leur alimentation et des conseils sportifs. La Géorgie compte ainsi voir le taux d’obésité infantile diminuer d’ici les prochaines années à venir afin d’enrayer l’un des plus importants "mal du pays".

Sources :


- [1] Lauren McLeod, "White House’s Childhood Obesity Task Force must focus on providing treatment for minority children", University of Michigan, Health System, 8 septembre 2011. http://www.uofmhealth.org/news/lee-obesity-task-force
- [2] Joyce M. Lee and Hedwig Lee, "Obesity Reduction Within a Generation : The Dual Roles of Prevention and Treatment", Obesity, 30 juin 2011.
- [3] Pour en savoir plus sur la loi "pour les enfants sains et bien nourris" : http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2010/12/13/president-obama-signs-healthy-hunger-free-kids-act-2010-law
- [4] Pour en savoir plus sur Medicaid : http://fr.wikipedia.org/wiki/Medicaid
- [5] Le site internet de la campagne, où les vidéos sont visibles : http://www.stopchildhoodobesity.com/
- [6] Gracie Bonds Staples, "Children’s Healthcare childhood obesity ad campaign raises awareness", Atlanta Journal-Constitution, 2 septembre 2011 - http://www.ajc.com/lifestyle/childrens-healthcare-childhood-obesity-1155174.html
- [7] Le site internet Facebook : www.facebook.com/S4LGA

Rédacteurs :

Johanna Ferrand, deputy-sdv.at@ambascience-usa.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….