LA BioMed, le "secret le mieux gardé" de Los Angeles, et peut-être enfin son premier cluster biomédical ?

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Créé en 1952, le LA BioMed est un centre de recherche biomédicale à but non lucratif, indépendant de toute université. Il est situé sur le vaste campus du « Harbor-UCLA Medical Center » à Torrance, au Sud de Los Angeles.
L’objectif général du LA BioMed est de réaliser des recherches sur des problèmes cliniques mal pris en charge et de tenter de transférer rapidement les résultats de ces recherches aux patients.

Le LA BioMed emploie 1000 personnes, dont 400 chercheurs incluant plus de 100 « principal investigators ». La plupart des chercheurs sont aussi affiliés à UCLA pour leurs tâches d’enseignement, mais les deux organisations sont indépendantes. Le budget du LA BioMed est d’environ 75-90 millions de dollars par an, la plus grande partie (environ 55 millions) provenant de financements des NIH, et une bonne partie aussi des revenus de sa propriété intellectuelle.

Au fil des années, le LA BioMed a discrètement été à l’origine d’un certain nombre de réalisations de premier plan :
- Développement du premier test de dosage du cholestérol sérique en 1974
- Pionnier dans l’utilisation du surfactant synthétique pour le traitement des nouveau-nés prématurés
- Développement récent d’un traitement très bon marché pour la prévention de la perte de vision chez les nouveau-nés dans les pays à faible niveau de vie. Ce traitement, basé sur l’application locale de povidone-iodine (connu comme Betadine), est aussi efficae que les antibiotiques pour soigner les kératites bactériennes, source de cécité dans ces régions, et pourrait aussi être efficace contre le trachome [1]
- Plus anecdotiquement (mais sûrement plus lucrativement…), des recherches du La BioMed ont abouti à la commercialisation du premier traitement permettant la résorption du « double menton », le Kybella, licencié à Allergan.

Le LA BioMed est à l’origine d’une dizaine de sociétés spinoff dont :
- Emmaus, qui commercialise un traitement des crises douloureuses de la drépanocytose, tout juste approuvé par la FDA en juillet 2017
- Biomarin, dans le champ du traitement enzymatique substitutif de maladies rares
- Novadigm : vaccin contre des infections nososcomiales
- QT-Medical qui a mis au point un équipement à usage unique pour la détection facile des anomalies électrocardiographiques chez le nouveau-né par exemple

Le LA BioMed est en train de sortir de sa réserve en mettant un focus important sur ses activités de valorisation. Au sein d’un vaste programme immobilier largement soutenu par le comté de Los Angeles, il y a le projet déjà avancé de construction d’un incubateur pouvant accueillir jusqu’à une trentaine de startups, qui bénéficie d’un financement de 3 millions de dollars par le Comté de Los Angeles. Ces sociétés pourront bénéficier de l’excellent environnement hospitalier et de recherche. Il existe déjà aussi un programme d’accélération de commercialisation, "LA BioMed CAP" . L’étape suivante est la réalisation d’un « Tech Park » de plus de 23000 m2 sur un terrain adjacent , un projet aussi largement soutenu par le Comté de Los Angeles [2].

Projet du nouveau bâtiment de recherche du LA BioMed, avec l’incubateur au dernier étage

Selon un récent rapport [3], Los Angeles n’a réussi à capturer qu’environ 13% des 317 milliards de dollars annuels générés par les biotechnologies en Californie, loin derrière San Francisco et San Diego. Une des raisons est probablement l’éparpillement géographique des forces dans le domaine. LA BioMed espère tirer son épingle du jeu dans ce domaine compétitif également convoité aussi par exemple par l’University of Southern California [4].


Rédacteur :
- Jean Rosenbaum, Attaché pour la Science et la Technologie, Los Angeles, attache-sdv.la@ambascience-usa.org