La France, une terre attractive pour les startups américaines

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Dans le cadre du programme YEI 2015 (Young Enterprise Initiative), le Service pour la Science et la Technologie à San Francisco organisait le 17 septembre 2015 au sein de l’espace de co-working Parisoma, une soirée autour du thème de l’attractivité de la France pour les startups et entreprises technologiques américaines.

Jean-Pierre Novak, VP West Coast de Business France Invest, a ouvert la manifestation par quelques éléments chiffrés, notamment la 3ème place européenne de la France au palmarès des investissements internationaux (avec 700 projets par an). Il a également cité quelques exemples d’implantations d’entreprises américaines emblématiques de l’économie numérique (comme Evernote à Lyon).

Romain Serman, en clôture de l’événement, a rappelé les vocations (diverses) et les volumes (importants) de Bpifrance, dont il dirige la branche aux Etats-Unis. Il a qualifié notre pays de véritable « usine à startups », et décrit Bpifrance comme un composite de centrale énergétique et d’autoroute, bien plus que comme un classique établissement bancaire. Pour des entreprises internationales de technologies, Bpifrance offre un formidable catalogue de services potentiels, couvrant toute la gamme des besoins de développement.

Si l’exposition des outils mis en place par les services publics est importante, les témoignages d’entreprises américaines ayant fait appel à ces services pour une implantation en France l’est encore plus.

Guillaume Roques, VP Développement EMEA chez Salesforce, a tenu à partager l’expérience du géant américain du SaaS, qui a installé 2 centres de R&D en France (Paris et Grenoble) et y prévoit la création d’un nouveau data center très prochainement. Salesforce justifie cette stratégie par la présence de nombreux grands comptes sur le territoire français et par l’extraordinaire concentration de talents dans les domaines de l’informatique.

2 startups sont également intervenues à la tribune, chacune liée au programme d’accélération YEI : Symic Biomedical, lauréate 2014, qui propose de nouvelles approches thérapeutiques ciblant la matrice extra-cellulaire, et Hookit, lauréat 2015, qui offre des outils de mesure d’exposition médiatique d’athlètes pour le calibrage du sponsoring associé.

Rappelons qu’YEI est une compétition qui existe depuis 10 ans, ouverte aux entreprises innovantes installées sur le territoire américain, intéressées par un développement sur le marché français. Pour pouvoir bénéficier de la gratuité des prestations proposées par le programme, il faut avoir moins de 30 salariés et afficher un chiffre d’affaires inférieur à 2M$. L’édition 2015 a choisi 11 lauréats parmi une centaine de candidatures (et plus de 300 manifestations d’intérêt). La partie principale du programme consiste en une semaine d’accompagnement en France (1ère semaine de novembre en 2015), 2 jours à Paris, suivis par 3 jours en province. Cette semaine, organisée grâce au concours de Business France Invest, de Paris&Co, de Paris Région Entreprises et de RETIS, permet de rencontrer de nombreux partenaires et de suivre plusieurs sessions de cours.

Ken Horne, CEO de Symic Bio, a ainsi pu partir à la découverte du système français d’innovation l’an dernier. Ses motivations à profiter du programme étaient multiples : bâtir des collaborations de R&D en France dans la perspective d’y conduire des essais cliniques, rechercher une forme de « sérendipité internationale » (qui lui a d’ailleurs permis de découvrir l’Institut de la Vision), explorer la façon dont la recherche translationnelle fonctionne en France. Il a exprimé toute sa satisfaction devant les bénéfices collectés grâce au programme et a encouragé d’autres startups locales à y candidater.

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Ken Horne à la Conference YEI à Parisoma

Scott Tilton, CEO de Hookit, représentait la cohorte des lauréats 2015, qui se rendront en France en novembre. Seul lauréat de la côte ouest parmi les 11 startups sélectionnées, il a décrit la façon dont sa société rationnalise un marché jusqu’alors très artisanal (en dépit de montants engagés colossaux), celui du sponsoring d’équipes et d’athlètes de haut niveau. Des moyens informatiques très importants permettent de suivre au plus près les performances de ces sportifs, les commentaires sur les réseaux sociaux, le degré d’exposition dans les médias, et de calculer automatiquement des indices de valeur d’image de ces sportifs, permettant d’ajuster les montants proposés par les annonceurs. Au-delà des contacts avec les fédérations sportives professionnelles, Hookit cherchera à nouer en France des partenariats de recherche autour du big data, de la compréhension d’images et du machine learning.

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Scott Tilton à la conference YEI à Parisoma

En 2015, le programme YEI bénéficie de l’appui financier et de l’expertise de Pricewaterhouse Coopers, société d’avocats (PwC). Emmanuel Picq, l’un de ses partners, avait fait le déplacement à San Francisco pour préparer le lauréat côte ouest, et pour proposer une session lors de la soirée sur le thème des aides à l’innovation en France. Il a notamment insisté sur les avantages du crédit impôt recherche, mais a également exposé la gamme des principales aides, montrant comment de jeunes entreprises innovantes américaines pouvaient judicieusement en bénéficier.