La Smart Factory, de nouvelles opportunités pour la gestion de l’énergie dans l’industrie

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1. Smart Factory

Depuis les années 2000, les Technologies de l’Information et de la Communication prennent une place croissante dans notre vie. A l’image de la banque ou même de la santé, elles sont devenues indispensables au bon fonctionnement de certains secteurs d’activités. L’industrie manufacturière n’échappe pas à cette tendance de fond. Au même titre que la machine à vapeur, l’électricité ou l’automatisation ont révolutionné la production industrielle au cours des deux derniers siècles, les TICs et les technologies Big Data bouleversent eux aussi les secteurs productifs.

"Smart Factory", "Innovative Factory" ou "Industrie 4.0" sont autant de manières de parler de l’usine du futur. L’ACEEE (American Council for an Energy-Efficient Economy) en propose la définition suivante : "l’industrie de demain intégrera à ses processus industriels traditionnels les Technologies de l’Information et de la Communication, et ce, afin d’améliorer l’efficacité de nos modes de production actuels" [1]. Contrôle accru des processus industriels permis par des capteurs de plus en plus sophistiqués, insertion d’intelligence artificielle dans les logiciels de pilotage des activités ou encore connectivité renforcée facilitant les interactions entre l’usine et le monde extérieur sont des exemples des nombreuses mutations auxquelles se prépare le secteur industriel.

Si la délocalisation de la production industrielle parait inéluctable à certains, les autorités publiques américaines luttent ardemment pour une réindustrialisation, source d’emplois et de dynamisme économique. La politique américaine au cours des dernières décennies s’est concentrée sur la recherche et la création de produits à haute valeur ajoutée, délocalisant une grande partie de leur production. Le président Obama fait du "Manufacturing" une priorité et souhaite inverser la dynamique. [2]

Le souhait américain de reprendre la main sur sa production industrielle s’illustre au travers de nombreuses actions gouvernementales. L’organisation "America Makes", en français l’"Amérique produit", en constitue un parfait exemple. Antenne du National Additive Manufacturing Innovation Institute, l’objectif d’America Makes est de donner un nouveau souffle à la production industrielle américaine et d’être source de création d’emplois. Comme le souligne Ralph Resnick, directeur de l’institut, le rôle d’America Makes est de réinventer les techniques de production actuelles afin de booster la compétitivité des entreprises américaines. Dans une interview accordée fin 2013, M. Resnick déclarait le " [Smart Manufacturing] is how we will become competitive. This is how we grow our nation’s economy and get ahead. This is how we lead. When America Makes, America Works !" ("Le Smart Manufacturing va nous rendre plus compétitif et nous permettre de booster notre croissance économique. C’est comme ça que nous conserverons notre leadership. Quand l’Amérique produit, l’Amérique s’enrichit !"). [3]

2. Smart Factory et Energie

Vecteur de compétitivité pour les entreprises, le Smart Manufacturing est également perçu comme une occasion de réduire l’empreinte environnementale de l’industrie. Comme le note l’ACEEE, le Smart Manufacturing, à savoir l’insertion des TICs au sein de l’usine, offre de nombreuses opportunités d’amélioration de l’efficacité énergétique allant au-delà de la simple rénovation des bâtiments. Celles-ci existent aussi bien à l’échelle du processus industriel pouvant être optimisé via des algorithmes de Machine Learning qu’à celle de l’usine dont la conception d’ensemble peut être repensée après un audit énergétique.

Par ailleurs, la gestion énergétique intelligente d’une usine ne se limite pas à ses frontières mais impacte également le fournisseur d’énergie. En effet, la connectivité permise par des nouvelles technologies innovantes modifie structurellement les échanges entre énergéticiens et industriels. Leurs interactions vont nécessairement évoluer d’une simple relation de client / fournisseur à une relation de vente de services bilatéraux (effacement, services systèmes, fourniture intelligente).

Comme le souligne Frédéric Abbal, président du Gimélec (syndicat professionnel français comptant 200 membres dont la vocation est de promouvoir "l’intelligence énergétique", c’est-à-dire un pilotage plus optimal de la consommation énergétique des bâtiments et des villes), "l’ensemble du secteur industriel est entré dans une phase de profonde mutation qui voit les technologies numériques s’intégrer au coeur des processus industriels." [4]

C’est dans ce contexte que le service scientifique du Consulat Général de France à San Francisco, EDF (Electricité de France) et PRIME (Paris Region International Mission Enterprise) ont décidé de consacrer la quatrième édition de CaFFEET à la Smart Factory.

3. CaFFEET

CaFFEET (California France Forum on Energy Efficiency Technologies) est une conférence annuelle initiée en 2011 par EDF et le Consulat Général de France à San Francisco, dont l’objectif est de promouvoir les collaborations techniques et scientifiques entre la France et la Californie, deux leaders mondiaux dans la lutte contre le réchauffement climatique. [5]


Logo CaFFEET’14
Crédits : MS&T


Organisé en partenariat par PRIME (Paris Region International Mission Enterprise) et l’Institut National de Recherche en Informatique et Automatique (INRIA), CaFFEET’14 se tiendra à San Francisco les 19 et 20 novembre 2014. Cette quatrième édition abordera la thématique de la Smart Factory, en offrant un focus sur la gestion de l’énergie.

Chaque année, CaFFEET réunit une audience de près de 200 personnes aussi bien affiliées à des grandes sociétés privées comme EDF ou Schneider qu’à des universités comme UC Berkeley ou Stanford. La conférence est également l’occasion pour des start-ups françaises et américaines de venir présenter leurs produits à travers un Technology Showcase.

CaFFEET’14 se déroulera en trois sessions traitant des spécificités de la Smart Factory à différentes échelles : à celle du procédé industriel, à celle du site industriel et enfin à celle du système électrique. Un programme détaillé de la conférence est disponible au lien suivant : http://caffeet.org/agenda/.

Les start-ups françaises ont l’opportunité de se présenter à CaFFEET lors du Technology Showcase en envoyant leur candidature au lien suivant : bit.ly/1lXNAqp

Sources :


- [1] The Energy Savings Potential of Smart Manufacturing, ACEEE
- [2] President Obama Announces Two New Advanced Manufacturing Hubs, http://3dprintingindustry.com/2014/03/03/president-obama-advanced-manufacturing-hubs/
- [3] NAMII Rebrands As ’America Makes’, http://3dprintingindustry.com/2013/10/16/namii-rebrands-america-makes/
- [4] L’industrie 4.0, l’usine connectée ; Rapport Gimélec
- [5] Site web de CaFFEET, http://caffeet.org/

Pour en savoir plus, contacts :


- 3D printing : a potential game changer for aerospace and defense, Price Waterhouse and Coopers
- Transposer aux autres secteurs économiques les progrès des services anticipés du numérique, Bulletin électronique Etats-Unis 343, 4/10/2013, http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74057.htm
- L’usine 4.0, nouvelle révolution industrielle, Les Echos, 08/10/2013, http://goo.gl/f6ZCw1
Code brève
ADIT : 76714

Rédacteurs :


- Basile Bouquet, basile.bouquet@consulfrance-sanfrancisco.org ;
- Retrouvez l’actualité en Californie sur http://sf.france-science.org ;
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….