La cigale présente la facture

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Un article paru dans la revue BioScience propose une évaluation monétaire des services rendus par les insectes sauvages aux Etats-Unis. Selon cette étude, la valeur de ces services serait de 58 milliards de dollars par an. Quatre services ont été pris en compte : nutrition des animaux sauvages, régulation des populations de parasites, pollinisation et élimination des excréments animaux. Ces quatre fonctions ont été choisies en raison de leur importance, des données et des algorithmes disponibles. Elles contribuent respectivement à 86%, 8%, 5% et 1% du total global.
La part considérable représentée par la nutrition des animaux sauvages provient de ses conséquences en termes d’activités récréatives (observation, chasse, pêche) dont la part directe et indirecte dans l’économie américaine est considérable. Un rapport de l’American Sportfishing Association évaluait par exemple les retombées économiques de la pêche de loisir à 116 milliards de $ par an. La présente étude considère qu’une bonne partie de ces activités dépend directement de la disponibilité d’insectes, certaines espèces ne pouvant survivre sans ce type de ressource nutritionnelle (par exemples les cailles, faisans et les grouses et 43% des oiseaux migrateurs).
L’économie liée à l’observation de la faune sauvage constitue un autre terme important, avec un total de plus de 33 milliards de dollars annuels. L’étude considère que 96% de ce total est associé à l’observation ornithologique. Or, 61% des espèces d’oiseaux américains sont entièrement insectivores et 28% le sont partiellement.
Pour imprécises qu’elles soient, de telles évaluations revêtent une importance particulière aux Etats-Unis où enjeux économiques et conservation de l’environnement sont souvent opposés. Un rapport des National Academies of Sciences de 2005 mettait en avant la nécessité de baser les décisions en matière d’environnement sur une robuste évaluation des bénéfices en jeu.
Un article fondateur de Robert Costanza, de l’Université du Vermont, évaluait à une moyenne de 33 trillions de dollars (1997) la valeur totale des services rendus par la biosphère, soit quatre fois le PNB des Etats-Unis à l’époque.

Source :


- J. Losey, and M. Vaughan, The Economic Value of Ecological Services Provided by Insects, BioScience, 04/2006 : Vol. 56 (4), 311-323 (texte intégral) - http://www.xerces.org/pubs_merch/articles/Economic_Value_Insects.pdf
- Geoffrey Heal, and Edward Barbier, Valuing Ecosystem Services
http://www2.gsb.columbia.edu/faculty/gheal/Economists-Voice-published.pdf
- Valuing Ecosystem Services : Toward Better Environmental Decision-making, National Academies Press (06/2005), 277 pages (prepublication copy) - http://home.wlu.edu/ caseyj/capstone2005/Valuing%20Ecosystem%20Services.pdf
- Rapport de l’American Sportfishing Association sur les retombées économiques de la pêche de loisir :
http://www.asafishing.org/asa/images/statistics/participation/sportfishing_america/fish_eco_impact.pdf
- Robert Costanza et al., The Value of the World’s Ecosystem Services and Natural Capital, Nature 387, 253 - 260, 15/05/1997 : http://www.nature.com/nature/journal/v387/n6630/abs/387253a0.html
- http://www.floridaplants.com/news/article.htm (texte intégral sans les figures)

Pour en savoir plus, contacts :

E-news : http://www.xerces.org/pubs_merch/Econ_Value_of_Insects.htm
Code brève
ADIT : 33211

Rédacteur :

Philippe Jamet, AST, Philippe.Jamet@diplomatie.gouv.fr

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….