La guerre de l’enseignement supérieur texan aura-t-elle lieu ?

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Le nouveau feuilleton à la mode au Texas n’a pas pour objet les réserves pétrolières de l’état, comme "Dallas" dans les années 80, mais l’enseignement supérieur. Dans la tourmente financière, l’état a voté une réduction des dépenses pour ses universités publiques. Mais le débat sur le financement de l’enseignement supérieur au Texas tourne depuis quelques mois autour d’une opposition entre les conceptions de ce que doit être l’enseignement supérieur et le rôle des universités. Les tensions autour du budget de l’état pour 2011/2013 ont été l’occasion de faire éclater la polémique. Retour sur les derniers épisodes.

Le plan pour l’enseignement supérieur et les restrictions budgétaires

La nouvelle est tombée le 30 mai de manière définitive. L’enseignement supérieur public texan n’échappera pas aux coupes budgétaires nécessaires pour combler les 15 milliards de dollars de déficits prévus par l’état pour la période 2011/2013. Ce sont ainsi plus de 1,2 milliard de dollars que les parlementaires ont décidé de supprimer pour l’enseignement supérieur. Paradoxalement, le sentiment général est au soulagement ; les coupes prévues en début de législature étaient beaucoup plus sévères. Les établissements publics devraient voir leur financement par l’état, qui représente généralement 30 à 50% de leur budget, diminuer de 12 à 15% [1]. Une des principales réductions concerne le système de bourses aux étudiants, les TEXAS Grants. Elles devaient être purement et simplement supprimées pour tous les nouveaux entrants à l’université à la rentrée 2011. Finalement, 77.300 nouveaux étudiants devraient encore en bénéficier, contre plus de 100.000 ces deux dernières années. Le seul point positif dans ce sombre scénario vient du fait que l’état poursuit malgré tout son engagement pour multiplier le nombre d’université de recherche de premier plan [2].

Ces coupes budgétaires viennent mettre à mal la stratégie développée en 2000 par le Texas Higher Education Coordinating Board (THECB) [3]. Cette agence publique crée en 1965 a pour mission de coordonner les politiques de soutien de l’état au système publique d’enseignement supérieur. Le rapport "Closing the gaps" de 2000 définit les priorités et les actions à mettre en place afin de donner au Texas la place qu’il doit occuper dans l’enseignement supérieur américain [4]. Il faut, d’ici 2015, améliorer la proportion de jeunes poursuivant des études supérieures - notamment parmi les minorités hispaniques et afro-américaines, améliorer les taux de succès aux différents diplômes, assurer le développement de formations d’excellences et augmenter le profil en recherche des universités texanes.

Le plan évoque par exemple un soutien financier plus important pour les jeunes de milieux défavorisés, point justement remis en cause par la suppression de nombreuses bourses pour les années à venir. Chaque année, le THECB fait le point sur ce plan et regarde si les objectifs ont été atteints [5]. Malheureusement, tout n’évolue pas comme prévu. Le 29 avril 2010, l’agence a publié une mise à jour, "Accelerated Plan for Closing the Gaps by 2015", dans laquelle le THECB tire la conclusion qu’il va falloir mettre les bouchées doubles sur un grand nombre d’axes si l’on veut voir les objectifs du plan réalisés pour 2015 [6]. Cependant, depuis la publication du premier plan en 2000, le cadre politique a changé au Texas. Rick Perry a pris la succession de George W. Bush comme gouverneur. Et le Gouverneur Perry, avec certains de ses supporters, a des idées bien particulières sur le rôle des universités.

Les sept solutions

Nous sommes le 21 mai 2008, à Austin, Texas. Le Gouv. Rick Perry a invité tous les membres des "Board of Regents" - sorte de conseil d’administration - des systèmes d’universités publiques texanes [7] à une conférence pendant laquelle "certains des plus grands experts en enseignement supérieur du pays" vont discuter des "coûts et de la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche" [8]. Le gouverneur nomme les membres des "board of regents" à un rythme de trois tous les deux ans, chaque board comptant neuf membres. Les experts dont il est question dans le courrier du Gouv. Perry viennent de la Texas Public Policy Foundation (TPPF) [9], un think tank texan de mouvance conservatrice très proche du Gouv. Perry auquel ce dernier a reversé les droits de son dernier livre. L’invitation précise que les "demi mesures du passé ne sont plus suffisantes." Que va-t-on proposer ?

Lors de l’évènement, Jeff Sandefer, qui est membre du Board de la TPPF et qui compte parmi les généreux donateurs de Perry, présente les "seven breakthrough solutions" pour remédier à un supposé manque d’efficacité dans l’utilisation des financements publics pour l’enseignement supérieur et la recherche [10]. Mesurer la qualité de l’enseignement, obtenir des preuves des qualités pédagogiques des enseignants avant leur titularisation (tenure) ou encore mettre le financement des bourses universitaires de l’état dans les mains des étudiants font partie des sept solutions. La plus controversée est la troisième proposition qui invite les universités à séparer leurs budgets recherche et enseignement. La TPPF assure que l’objectif est alors de promouvoir l’excellence dans les deux domaines là où les opposants voient une manière de démanteler la recherche à l’université. En juillet 2008, un message du bureau du gouverneur aux régents laissait entendre que ces derniers devaient avoir comme rôle d’implémenter le changement. Depuis, mis à part quelques courriers du gouverneur aux universités incitant à la mise en place des solutions, la polémique semblait endormie.

On pouvait pourtant en déceler le spectre le 1er novembre 2010 dans un rapport réalisé par le THECB à la demande du Gouv. Perry. Le rapport en question, "Higher Education Cost Efficiencies", part à la chasse aux économies possibles dans l’enseignement supérieur public [11]. Le total des estimations chiffrées promet près de 4,5 milliards de dollars d’économies en quatre ans. Parmi les propositions, on retrouve la dématérialisation de 10% de toutes les heures de cours ou l’augmentation de 10% du nombre d’heures d’enseignement des personnels titulaires. Des propositions en droite ligne avec celles que soutient la TPPF. Ce rapport, publié avant le début de la nouvelle session législative, a sans doute contribué à rallumer le feu aux poudres.

Le combat reprend

La polémique a redémarré ouvertement fin février 2011 quand le "Board of Regents" de l’University of Texas System (UT) a embauché Rick O’Donnell en tant que "conseiller spécial", à un salaire de $200.000 par an, pour aider les universités à améliorer leur productivité et efficacité [12]. Le salaire, exorbitant au moment où l’on commençait à parler de coupes historiques dans les budgets des universités, n’a pas été le seul problème.

La nouvelle semblait anodine, puisqu’un tel rôle découle des orientations prônées dans le rapport du THECB de novembre. Cependant, il se trouve que M. O’Donnell est un proche du Gouv. Perry. De plus ses attributions ressemblaient à s’y méprendre à ce que l’on attend du Chancellor, le responsable du système d’universités. De plus, en tant que consultant de la TPPF, O’Donnell avait écrit une série de livres blancs dans lesquels il tirait à boulets rouges sur la recherche universitaire [13]. Dans ces pamphlets on peut lire des phrases de la teneur suivante : "Les retours sur les investissements dans la recherche académique sont misérables, et les campus du Texas ne font pas exception." [14]

La définition que M. O’Donnell donne de "recherche académique" est aussi particulièrement intéressante : "Quand les enseignants-chercheurs parlent de recherche académique, ils ne se réfèrent pas en général à un travail effectué dans un laboratoire scientifique, mais à des articles savants ésotériques écrit pour des obscurs journaux académiques. Plus de deux millions de ces articles sont publiés chaque année, détournant des dizaines de milliards de dollars des contribuables, qui pourraient être dépensés pour former des étudiants." [15] Cette vision réjouissante de l’inutilité de la recherche universitaire est confirmée … par des recherches universitaires ! : "L’économiste Richard Vedder de l’Université du Ohio a conduit des études qui montrent que les Etats qui surinvestissent dans l’éducation supérieure ont un taux de croissance inférieur à celui des Etats qui ne le font pas. Celle-ci est peut-être une des raisons qui font si que la Californie, avec son système universitaire si admiré-et son taux de taxation également élevé qui le soutient-a perdu progressivement du terrain sur le plan économique par rapport au Texas. Au mieux, il n’y a aucune preuve d’une corrélation entre les dépenses des Etats dans l’éducation supérieure, et la croissance économique." L’auteur du pamphlet continue en disant que la clé pour fournir à la prochaine génération de Texans une vie satisfaisante se trouve dans le retour des universités à leur mission d’origine, l’enseignement [16].

Les heurts provoqués par la nomination de O’Donnell n’ont pas duré bien longtemps. Il a été renvoyé mi avril, 49 jours seulement après avoir pris ses fonctions [17]. Dans la foulée, la TPPF organisait le 29 avril une table ronde sur le sujet de la réforme de l’enseignement supérieur [18]. Le président de UT Austin y a défendu la position que l’université était prête à évoluer mais que les solutions proposées par la TPPF n’étaient pas pertinentes. Alors que la polémique retombait à UT, elle se rallumait à College Station où se situe l’autre mastodonte de l’enseignement supérieur texan : Texas A&M University (TAMU). Texas A&M est de plus l’université dans laquelle le Gouv. Perry a fait ses études…

A TAMU, parmi le personnel, les "sept solutions" sont devenues les "sept péchés capitaux". Autant dire que la communauté universitaire est très remontée contre le Board of Regents qui semble lentement glisser vers l’application des solutions. Plus de 800 professeurs ont récemment signé une pétition demandant des explications au board sur ses actions. La contestation a atteint son apogée le jeudi 2 juin lorsque le Prof Jaime Grunlan, auditionné par le board of regent, a défendu son institution et exigé des explications sur ce qu’il considère comme une mise en pratique déguisée par le board des sept solutions à Texas A&M [19]. Son intervention de 10 minutes a été suivie par une longue standing ovation de la part des spectateurs [20].

Parmi les mesures critiquées, le fait que l’université se mette à suivre les dépenses et les revenus réalisés par chaque professeur avait fait grand bruit. Robert Berdahl, le président de l’Association of American Universities et ancien président de UT, s’était même senti obligé de faire part de ses remontrances à Texas A&M à l’automne dernier [21]. L’AAU qui regroupe les plus prestigieuses universités de recherche américaine, dont Texas A&M, voit d’un très mauvais oeil les sept solutions et leur application progressive dans l’université texane. Pour Berdahl, ces "solutions démontrent une compréhension nulle ou très limitée de la nature de l’enseignement supérieur."

Tous ces remous, ayant eu lieu alors que se tenait la session parlementaire biennale, ont aussi fait réagir le corps législatif de l’état. Une loi modifiant le financement des universités par l’état des institutions non en fonction du nombre d’étudiants mais en fonction des taux de succès des étudiants et le nombre de diplômes délivrés a failli être votée [22]. Une telle loi correspondrait à ce qui est préconisé dans le cadre des sept solutions. Pour le moment le THECB est chargé de proposer un nouveau système de financement pour la prochaine législature en 2013. La polémique a aussi conduit les parlementaires à créer une nouvelle commission, le Joint Oversight Committee on Higher Education Governance, Excellence and Transparency qui doit s’assurer que les boards suivent les meilleures pratiques pour le développement des politiques publiques, que les différentes politiques publiques soient débattues de manière transparente et que les board protègent l’excellence et la qualité des institutions d’enseignement supérieur de l’état [23].

De manière générale, les promoteurs du changement et des "sept solutions" voient la recherche d’un mauvais oeil [24]. Pour eux, les universités ont inversées leurs priorités, plaçant la recherche en première position au détriment de l’enseignement. Dans leur discours, ils soutiennent que les professeurs titulaires (tenured), par exemple, se concentrent sur la recherche et n’enseignent presque plus, du moins pas assez. Privilégier la recherche entraînerait aussi l’augmentation des coûts de fonctionnement de l’université qui se répercutent sur l’état et sur les frais d’inscription. Dans les extraits d’O’Donnell cités ci-dessus, on trouve alors tous les éléments de la diatribe en cours. Au fond, quel est le rôle de l’Université ? La recherche ? L’enseignement ? Les deux sont distincts ? Les étudiants, sont ils des clients, des customers ? S’agit-il là d’une fausse discussion, initiée uniquement à des fins politiques, ou y-a-t il là des vraies questions, auxquelles l’université devra tôt ou tard répondre ?

Une analyse de la situation

Il suit de ce qui vient d’être dit que cette attaque concertée aux deux systèmes universitaires publiques de l’état du Texas de la part du gouverneur et des boards qu’il a nommés n’arrive pas par hasard en ce moment, la crise financière dans laquelle verse l’Etat texan le forçant à réduire le plus possible ses financements à l’éducation supérieure. Mais il est clair aussi qu’une idéologie bien précise est entrée en action. Une idéologie qui voudrait monétiser l’Université et son rôle dans la société. Dans sa naïveté apparente, l’opposition entre ’recherche en laboratoire’ et ’publications ésotériques’ traduit le malaise de ceux qui voudraient que chaque dollar donné à la recherche se transforme en richesse pour l’Etat et pour la collectivité des contribuables, ou du moins en étudiants satisfaits de leurs cours. De plus, Ms. Perry et O’Donnell ne sont pas des universitaires, et partagent le sentiment de tous ceux qui trouvent anormal que les universitaires, seuls à comprendre leurs recherches ésotériques, soient aussi les seuls capables de les juger et de les évaluer. Ce qui les met aussi hors de portée du pouvoir politique,

Cependant, le problème de l’évaluation de la recherche, et encore plus de celle de l’enseignement, n’est pas un problème américain. Et si la recherche a au moins la spécificité de ’produire’ ces fameuses publications ésotériques, que l’on peut au pire compter, ou du moins compter ceux qui les citent, l’évaluation de l’enseignement est un vrai casse-tête. La solution qui consiste à faire noter les enseignants pas les étudiants-et donc à mesurer l’efficacité de l’enseignement en termes de la satisfaction des étudiants à la sortie des classes-est aussi simpliste et insatisfaisante que celle qui consiste à compter les publications des chercheurs dans l’évaluation de la recherche.

Mais, comme on l’a vu, un autre aspect de l’idéologie à l’oeuvre se manifeste dans cette affaire : la recherche et l’enseignement sont considérés comme deux activités totalement distinctes, au mieux, et en compétition, au pire. La recherche coûte de l’argent sans beaucoup de contrepartie, l’enseignement est la seule entreprise productive-production qui se mesure en nombre de diplômés-de l’Université.

Enseignement, oui : mais de quoi ? Nulle part, dans ces discussions, n’apparaît un effort de compréhension de la nature profonde de l’Université en tant qu’institution vouée à la formation. Pourquoi appelle-t-on l’enseignement universitaire ’supérieur’ ? Il faut avouer qu’en anglais, s’agissant d’une higher education qui fait suite aux high schools, on peut avoir l’impression qu’il ne s’agit que d’une question d’âge des étudiants. Le fait essentiel que les Universités soient les lieux où l’on participe-par la recherche-à la construction de ce savoir que l’on transmet aux étudiants, semble échapper totalement aux participants au débat.

Voilà donc que la discussion se trouve radicalement faussée : s’il est vrai que la raison d’être de l’Université est la transmission du savoir, il est aussi vrai que le savoir qu’elle transmet doit être-au moins en partie-généré entre ses murs. Sinon, l’université dont on parle n’est qu’un super-lycée, qui n’a de higher, en effet, que l’âge moyen de ses étudiants. Ce genre institutions existent aux USA, et s’appellent Colleges, et Community Colleges, établissements d’éducation post-lycée dans lesquels il n’y a pas d’activité de recherche statutaire.

Quant à l’idée que des millions d’articles sans intérêt seraient publies chaque année… il faut bien comprendre que l’intérêt de la recherche réside justement dans le fait que l’on ne sait pas en avance ce que l’on va trouver, et que les applications de ses résultats ne sont pas nécessairement évidentes ; à tel point, que se faire guider par des applications potentielles est rarement fructueux en recherche. Un exemple bien connu d’un instrument révolutionnaire qui n’a pas été reconnu comme tel-et n’a trouvé d’applications-que très long temps après son invention, est le laser. Significativement, un de ses "pères" le physicien Arthur Schawlow, déclarait en 1981 lorsqu’on lui remettait le prix Nobel : "Nous pensions qu’il (le laser) aurait pu être utilisé pour les communications, et la recherche, mais nous n’avions aucune application à l’esprit. Si on en avait eues, ça aurait pu nous faire obstacle, et le résultat aurait pu ne pas avoir été aussi bon."

En guise de conclusion… pour l’instant

La guerre de l’enseignement supérieur au Texas a bel et bien commencé. Et comme toujours, au coeur de la guerre, il y a l’argent. Le Texas républicain est convaincu que si les industriels viennent s’installer dans la région, ce n’est pas grâce à l’attrait de son tissu culturel, scientifique, et technique, mais grâce aux cadeaux fiscaux dont la législation de l’état est truffée. La volonté de ne pas introduire de nouveaux impôts-au Texas, il n’y pratiquement pas d’impôt direct-est une des raisons qui ont conduit les finances publiques vers la crise budgétaire actuelle. Les Universités sont priées de s’en accommoder sans protester, et même de réduire le coût des enseignements : le Gouverneur Perry leur a demande de trouver un moyen de proposer aux étudiants un cursus de Bachelor (4 ans) a $10.000, c’est-à-dire $2 500 par an. Ce qui ne va pas de soi, puisque les frais universitaires moyens dans l’Etat tournent plutôt autour de $8.000 par an… Mais le Gouverneur pourrait décider d’entrer dans la course pour la Maison Blanche, et de toute façon exploiter chaque possibilité d’apparaître dans les médias, et quoi de mieux que de soulever des polémiques à n’en plus finir…

Un autre point important doit être rappelé ; ce même Richard Vedder, professeur d’économie de l’Université de l’Ohio, dont les recherches prouvent l’inutilité de la recherche, est aussi Senior Fellow de l’Independent Institute, un autre think tank d’orientation conservatrice. Dans le numéro du printemps 2002 de The Independent Review, le Dr. Vedder a publié un article [25] sur les For-Profit schools [26,27]. Dans cet article le savoir est traité comme un bien qui se vend et qui s’achète, et on y préconise que les universités et écoles for-profit seront plus a même de répondre à la demande de savoir-et de diplômes-d’une société dont le niveau de bien-être matériel est prévu en augmentation constante. De là à souhaiter que les universités traditionnelles-auxquelles on reproche d’être structurées selon le modèle de l’économie soviétique de années 70 plutôt que comme l’économie américaine moderne-se convertissent le plus rapidement possible aux pratiques les plus rentables, le pas est vite franchi.

L’impression est en effet que la plupart de ces questions sont posées a des fins autres que celles qu’elles concernent ; que l’efficacité de l’utilisation de l’argent public - sujet sans doute digne d’attention - n’est qu’un prétexte, une action dans un jeu plus vaste. Mais la reforme a été mise en mouvement dans les Universités, et a déjà provoqué des réactions qui se font de jours en jours plus fortes. Le souvenir des grèves californiennes est encore bien présent aux esprits. La situation du Texas en 2011 est très éloignée de celle de la Californie en 2009, mais elle est aussi très fluide et, comme telle, imprévisible. Les enseignants-chercheurs n’entendent pas rester les bras croisés se faire crucifier publiquement, et surtout n’acceptent pas que, contre toute logique, l’on présente des "solutions" à un problème inexistant.

[7] Les Universités publiques américaines se regroupent en général en "systèmes". Bien connu est le "système" californien de University of California (UC) qui regroupe les campus de Berkeley (UCB), Los Angeles (UCLA), Irvine (UCI) et ainsi de suite. Les "systèmes" plus importants au Texas sont celui de University of Texas (UT) http://www.utsystem.edu/about/ et de Texas A&M http://www.tamus.edu/. Au Texas, le System est dirigé par un Chancellor, tandis que les différentes universités qui en font partie sont administrées par des Présidents.

[14] The returns for investing in scienti ?c research at academic institutions are poor, and Texas campuses are no different.

[15] When tenured faculty refer to "academic research", they generally are referring not to work done in scientific laboratories, but esoteric scholarly articles written for obscure academic journals. Over two millions of these article are published each year, diverting tens of billions of taxpayer dollars that could be spent educating students.

[16] Ohio University economist Dr. Richard Vedder has conducted studies showing that states that over-invest in higher education have a lower growth rate than states that do not. Perhaps this is one reason why California, with its highly acclaimed higher education system-and equally high tax rates to support it-has been losing economic ground to Texas year after year. At best, there is no evidence of a correlation between state higher education spending and economic growth. The key to preparing the next generation of Texans for more productive and meaningful lives is not to pour billions of additional dollars into higher education research, but to return our colleges and universities to their original mission-teaching students.

Source :

After Rick O’Donnell, What Now for Texas Higher Ed ?, The Texas Tribune, R. Hamilton, 27/04/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/after-rick-odonnell-what-now-for-texas-higher-ed/

Pour en savoir plus, contacts :


- [1] Higher ed bosses relieved budget cuts were eased, San Antonio Express News, M. Ludwig, 06/06/2011 - http://www.mysanantonio.com/news/politics/texas_legislature/article/Higher-ed-bosses-relieved-budget-cuts-were-eased-1411018.php
- [2] Financement des universités publiques au Texas : la course pour le Tier One, BE Etats-Unis 248, V. Reillon, 30/05/2011 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66885.htm
- [3] Le site internet du Texas Higher Education Coordinating Board : http://www.thecb.state.tx.us/
- [4] Le plan "Closing the gaps", THECB, 2000 : http://www.thecb.state.tx.us/reports/PDF/0379.PDF?CFID=17158242&CFTOKEN=12330735
- [5] Le suivi du plan "Closing the gaps" : http://www.thecb.state.tx.us/index.cfm?objectid=858D2E7C-F5C8-97E9-0CDEB3037C1C2CA3
- [6] Le "Accelerated Plan for Closing the Gaps", THECB, 29/04/2010 - http://www.thecb.state.tx.us/reports/PDF/2005.PDF?CFID=17158242&CFTOKEN=12330735
- [8] Convocation à la conférence du 21 mai 2008 : http://static.texastribune.org/media/documents/Sandefers_Fax.pdf
- [9] Le site internet du Texas Public Policy Foundation : http://www.texaspolicy.com/
- [10] Les "seven breakthrough solutions" : http://texashighered.com/7-solutions
- [11] Le rapport "higher Education Cost Efficiencies", THECB, 01/11/2010 -
- [12] Special Adviser at UT System Sparks Concern, The Texas Tribune, R. Hamilton, 14/03/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/special-adviser-at-ut-system-sparks-concern/
- [13] Liste des écrits de O’Donnell : http://www.scribd.com/doc/53053971/O-Donnell-Upload
- [17] Rick O’Donnell "No Longer Employed by the UT System", The Texas Tribune, R. Hamilton, 19/04/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/rick-odonnell-no-longer-employed-by-the-ut-system/
- [18] UT Prez, A&M Prof Tussle With TPPF, The Texas Tribune, R. Hamilton, 29/04/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/ut-prez-am-prof-tussle-with-tppf/
- [19] Texas higher education turmoil reaches national stage, Houston Chronicle, P. Weber, 05/06/2011 - http://www.chron.com/disp/story.mpl/metropolitan/7596602.html
- [20] Vidéo de l’intervention du Prof Jaime Grulan le 02/06/2011 - http://www.youtube.com/watch?v=UGybPaj09TA
- [21] AAU to Texas A&M : Resist "Ill-Conceived" Reforms, The Texas Tribune, R. Hamilton, 07/03/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/aau-to-am-resist-ill-conceived-reforms/
- [22] Switch to Outcomes-Based Higher Ed Funding Taking Time, The Texas Tribune, R. Hamilton, 06/06/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/switch-outcomes-based-higher-ed-funding-time/
- [23] Appointments announced to the Joint Oversight Committee on Higher Education Governance, Excellence, and Transparency, Statesman.com, 06/05/2011 - http://www.statesman.com/blogs/content/shared-gen/blogs/austin/politics/entries/2011/05/06/appointments_announced_to_the.html?cxntfid=blogs_postcards
- [24] Guest Column : The Case for Higher Ed Accountability, The Texas Tribune, R. Trowbridge, 29/04/2011 - http://www.texastribune.org/texas-education/higher-education/guest-column-the-case-for-higher-ed-accountability/
- [25] For-profit Schools Are Making a Comeback, The Independent Review, Volume VI, Number 4, R.K. Vedder et J. Hall, 2002 - http://www.independent.org/pdf/tir/tir_06_4_vedder.pdf
- [26] L’enseignement supérieur aux Etats-Unis, Isabelle Schoninger, Floriane Rasplus, et Pascal Delisle, Ambassade de France aux Etats-Unis - Mission pour la Science et la Technologie, 18/03/2011 - Téléchargez gratuitement ce rapport au format pdf : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66198.htm
- [27] Apprentissage en ligne et établissements d’enseignement supérieur à but lucratif : une relation intime frisant l’indécence financière ?, BE Etats-Unis 239, J. Delory, 11/03/2011 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66100.htm
Code brève
ADIT : 66995

Rédacteur :

Alberto Pimpinelli, attache-phys.mst@consulfrance-houston.org ; Vincent Reillon,
deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….