La nomination de Maria-Contreras-Sweet à la tête de la Small Business Administration clôt-elle un chapitre d’instabilité ?

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Maria Contreras-Sweet a été nommée par Barack Obama à la tête de la Small Business Administration (SBA) [1], structure fédérale dédiée au soutien des petites et moyennes entreprises. Elle succède à Jeanne Hulit, administrateur temporaire depuis septembre dernier, qui aura été confrontée à une période d’instabilité due au "Shutdown" du gouvernement américain. Pour rappel, la SBA est dédiée au financement des PME, au conseil et à leur accès aux contrats du gouvernement fédéral. Cette agence a apporté une contribution majeure à la reprise économique aux Etats-Unis, les petites et moyennes entreprises comptant pour 65% des emplois créés en mars 2014 [2].


Maria Contreras-Sweet, 24e administratrice de la Small Business Administration
Crédits : SBA


Cette nomination clôt ainsi un chapitre d’incertitude dans lequel 88% des employés de la SBA ont été mis en congés sans solde lors du "Shutdown" si l’on exclut la branche de l’agence dédiée au soutien financier des sinistres liées aux catastrophes naturelles [2].

De manière remarquable, en dépit de cette période d’instabilité, les indicateurs de performance de l’agence pour l’année 2013 sont en progression. Sur l’année 2013, la SBA a réalisé 106.8 milliards de dollars d’aides financières. L’ensemble du portefeuille a ainsi augmenté de 4.2 milliards de dollars ou 4% par rapport à l’année précédente [3], croissance dont quasiment les deux tiers sont dûs à trois programmes de garantie de prêts qui fournissent des aides financières aux petites entreprises en collaboration avec des institutions financières privées. Il s’agit des programmes 7(a), 504 et SBIC debentures (cf. graph 1).


Montants totaux prêtés à travers le portefeuille de prêts de la SBA (en millions de dollars)
Crédits : MS&T, à partir du Rapport Annuel 2013 de la SBA [3]


Ces performances ont été permises d’une part par un contexte économique américain favorable entre 2010 et 2013, avec un taux de croissance moyen du PIB fluctuant entre 1,8 et 2,4, et d’autre part grâce à de meilleures performances financière des entreprises, et ce sur l’ensemble du spectre des tailles : petites, moyennes ou grandes entreprises. Ces sociétés ont pu ainsi emprunter davantage pour se développer et soutenir leur croissance [3]. Par ailleurs, certains changements législatifs, augmentant (de manière permanente) la limite des prêts accordés et diminuant les frais et augmentant les garanties (mesures temporaires), ont joué un rôle majeur dans la croissance du portefeuille de prêts accordés par la SBA.

Dans un contexte de sortie d’instabilité marqué par des résultats meilleurs qu’attendus malgré les lourdes conséquences du "Shutdown" gouvernemental, Maria Contreras-Sweet est devenue le 7 avril 2014 la 24e Administratrice de la Small Business Administration et la 8e femme à diriger l’agence depuis sa création en 1953 [4]. Madame Contreras-Sweet a été particulièrement active dans le soutien aux PME dans ses activités professionnelles passées. Elle a exercé des fonctions dans le secteur bancaire privé offrant des services aux PME, notamment en tant que co-fondatrice de Fortius Holdings, une société de private-equity puis en tant que fondatrice et présidente directrice générale de ProAmerica Bank, une banque commerciale particulièrement active dans la communauté latino-américaine. Elle a également exercé des fonctions dans le gouvernement californien comme Secrétaire aux Affaires, au Transport et au logement (California’s Business, Transportation and Housing Agency) [5].

La nomination de Maria Contreras-Sweet a été approuvée à l’unanimité par le congrès, avec l’appui de législateurs influents tel que le sénateur Mary L. Landrieu qui siège au comité du Sénat sur l’Entrepreneuriat et les Petites entreprises. Au-delà de la sphère politique, le soutien d’organisations telle que l’International Franchise Association [5], et l’accueil chaleureux suscité par la prise de poste de la nouvelle administratrice ne doit pas dissimuler les défis qui sont encore à relever par la SBA. Dans une économie qui se remet progressivement des chocs qu’elle a subi, la nouvelle administratrice sera très attendue sur ces problèmes, et devra entre autres s’assurer d’une bonne supervision des instruments financiers de l’agence : 28% des emprunteurs ont été en défaut de paiement entre 2003 et 2012, ce qui a coûté près de 1,5 milliards de dollars au contribuable américain [6].

Sources :


- [1] Communiqué de presse de la Maison Blanche sur la nomination de Maria Contreras-Sweet à la tête de la SBA - http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/03/27/statement-president-confirmation-maria-contreras-sweet-lead-small-busine
- [2] Rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis par Automatic Data Processing, Inc. (ADP) - http://www.adpemploymentreport.com/2014/March/NER/NER-March-2014.aspx
- [3] Rapport financier annuel 2013 de la SBA - http://www.sba.gov/sites/default/files/files/FY%202013%20AFR%20from%20CV%20Dec%2016.pdf
- [4] Article Wikipedia sur les ex-administrateurs de la SBA - http://en.wikipedia.org/wiki/Administrator_of_the_Small_Business_Administration
- [5] Article du Washingon Times sur la nomination de Maria Contreras-Sweet à la tête de la SBA - http://www.washingtontimes.com/news/2014/jan/15/obama-announces-new-head-sba/
- [6] Rapport du Government Accountability Office (GOA) sur la SBA "Review of 7(a) guaranteed Loans to select francisees" http://www.gao.gov/products/GAO-13-759

Rédacteurs :


- Oscar Castanon oscar.castanon@ambascience-usa.org ;
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Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….