La réforme du système de santé américain au service de l’innovation

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BIO est le nom d’une grande conférence annuelle qui rassemble les acteurs mondiaux des biotechnologies. En mai 2010 la manifestation se tiendra à Chicago. BIO est aussi bien connu aux Etats-Unis pour être un groupement professionnel composé de quelque 1 200 sociétés de biotechnologie, d’institutions universitaires et d’organisations diverses, toutes impliquées dans la recherche et développement (R&D) et l’innovation liées au grand secteur des biotechnologies. Majoritairement installés aux Etats-Unis, les membres de BIO se trouvent également à l’étranger et sont actifs autant en santé humaine et animale qu’en matière d’environnement.

Alors que le débat autour de la réforme du système de santé commence à se décanter, les Etats-Unis commencent à regarder devant eux en essayant d’analyser les conséquences des premières dispositions de la loi sur la protection et l’accessibilité des patients aux soins de santé[1]. Les premiers à réagir ont précisément été les industriels appartenant à BIO. Ces derniers applaudissent des deux mains pour souligner l’avancée que représente, aussi bien pour les industriels que pour les patients, la possibilité pour la FDA de prendre en considération les biosimilaires. Les dispositions de la loi qui se rapportent aux biosimilaires, parfois indûment appelés "biogénériques", vont de toute évidence donner un coup de pouce à de nombreuses sociétés de biotechnologies qui explorent des traitements novateurs à partir de l’existant.

Une autre disposition de la loi est susceptible de stimuler l’innovation en matière de biotechnologies. Il s’agit cette fois d’une incitation fiscale destinées aux jeunes sociétés de biotechnologie qui, comme on le sait, ont été passablement maltraitées par la conjoncture de 2009. La déduction fiscale vise à compenser une portion des ressources engagées dans les activités de développement thérapeutique. Dans ces dernières sont inclus les essais cliniques et le recrutement de chercheurs. Pour BIO, cet avantage fiscal accéléra la mise au point de nouveaux traitements et contribuera à maintenir le nombre de jeunes sociétés de biotechnologies estimé à 5.000 aux Etats-Unis. Autre conséquence positive : grâce à l’établissement d’une voie d’approbation par la FDA, les dispositions prévues vont attirer des financements fédéraux.

Au-delà de BIO, ce sont également les marchés qui se réjouissent. Alors que les sociétés de biotechnologies sont actuellement sous-cotées aux Etats-Unis, en plus d’être malmenées par les difficultés de financement liées à la crise financière, on s’attend à de grands changements en 2010. C’est ce qui ressort des travaux de l’analyste David Song de Rockfeller & Co., qui indique à titre d’exemple, que des sociétés comme Amgen (traitement de l’ostéoporose) ou Alexion Pharmaceuticals (traitement d’une maladie du sang) devraient être avantagées par les récentes dispositions du Congrès introduites dans la loi sur le système de santé.

Restent deux inconnues : la réaction des "big pharmas", toujours stigmatisées par le grand public pour leur rôle dans l’élévation des coûts de santé et celles des assureurs qui seront amenés à rembourser des traitements, certes novateurs et au plus près des malades, mais très dispendieux et qui peuvent mettre à mal les principes guidant le fonctionnement des systèmes de couverture. Une question qui est commune à tous les pays développés.

[1] "The Patient Protection and Affordable Care Act of 2009".

Source :

"Provisions in the Senate Health Care Bill Help Patients, Promote Innovation, Encourage Job Growth"
.http://bio.org/news/pressreleases/newsitem.asp?id=2009_1224_01

Rédacteur :

Antoine Mynard, attache-inno.mst@consulfrance-boston.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….