Lancement du Human Project Microbiome

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Le corps humain contient des milliers de milliards de micro-organismes et il a été démontré qu’un individu possède plus de cellules microbiennes que de cellules humaines. Cependant ces micro-organismes, qui vivent la plupart du temps en harmonie avec les cellules humaines, ne représentent qu’un à deux pour cent de la masse totale d’un corps.

Ces communautés restent en grande partie peu ou non étudiées et leur influence sur le développement humain, la physiologie, l’immunité, et la nutrition sont presque entièrement inconnus. En outre, plusieurs maladies et allergies1 paraissent susceptibles d’être causées par des perturbations de la flore microbienne.

Ainsi, afin de tirer parti des dernières avancées technologiques et d’en développer de nouvelles, le NIH a lancé dans le cadre du projet "NIH Roadmap for Medical Research" le Human Project Microbiome (HMP) qui a pour mission de générer des ressources permettant la caractérisation complète des microbiotes de l’homme et l’analyse de leurs rôles dans la santé et les maladies humaines. L’idée est donc de séquencer les bactéries et autres microbes (virus, et même certains petits eucaryotes) qui vivent à la surface et à l’intérieur de notre corps. Les premiers projets de séquençage ont montré qu’il existe des milliers d’espèces de bactéries et que les micro-environnements sont radicalement différents selon la partie du corps étudiée.

Les chercheurs auront donc à caractériser tout d’abord les communautés microbiennes présentes dans des échantillons prélevés sur des volontaires sains, car certaines ne peuvent être cultivés en laboratoire. Les échantillons seront prélevés dans cinq régions connues pour être " habitées " par des communautés microbiennes : le tube digestif, la bouche, la peau, le nez et le tractus urogénital féminin. Des projets de recherches seront ensuite financés afin de caractériser les microbiomes de patients porteurs de maladies spécifiques. Cela permettra aux chercheurs de savoir si certains microbiomes spécifiques sont corrélés à une pathologie donnée.

Le NIH, attribuera un total de 115 millions de dollars à différentes équipes de chercheurs au cours des cinq prochaines années. Plusieurs chercheurs sont en actuellement en train de séquencer plus de 600 génomes microbiens afin de compléter une collection qui totalisera au final près de 1.000 génomes. Ces données permettront d’obtenir une base de données commune aux chercheurs intéressés par l’étude du microbiome humain.

Globalement, le projet s’est fixé les objectifs suivants :
- Déterminer s’il existe une partie du microbiome qui serait commune a tout les individus,
- Comprendre si des modifications du microbiome peuvent être directement corrélées avec des maladies,
- Développer de nouvelles technologies et des outils bioinformatiques adaptés à cette étude,
- Traiter les questions éthiques, juridiques et sociales soulevées par ces travaux de recherche.

Source :

"NIH Launches Human Microbiome Project" - Communiqué de presse du NIH - 19/12/2007 - http://www.nih.gov/news/pr/dec2007/od-19.htm

Pour en savoir plus, contacts :


- [1] ’’Allergies et asthme : la faute à notre flore bactérienne ?’’ - Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, 06/01/2008 - http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/medecine/d/allergies-et-asthme-la-faute-a-notre-flore-bacterienne_14139/
- Le microbiome et le métagénome : http://bacterioblog.over-blog.com/article-5218606.html
Code brève
ADIT : 52538

Rédacteur :

Julien Moriggi - deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….