Lancement programmé d’un nouveau service de communication par satellite

, Partager

Un téléphone satellitaire présenté par TerreStar à l’International CTIA Wireless show à Las Vegas devrait été très prochainement commercialisé. Sous la forme d’un téléphone ordinaire, il pourrait intéresser les personnes actuellement exclues des réseaux terrestres en Amérique du nord.

Ceci fait suite à l’annonce faite par TerreStar et SkyTerra, du lancement en juin prochain du plus gros satellite commercial jamais envoyé dans l’espace. En orbite à plus de 35.000 km, le satellite déploiera un parapluie recouvert d’or de plus de 18 mètres. Cette énorme antenne sera capable de recevoir des signaux terrestres de faible puissance, équivalente à celle transmise par les téléphones mobiles traditionnels. Deux autres satellites similaires, voire même plus grands devraient suivre l’année prochaine pour un coût total de 1,2 milliard de dollars.

Cependant ce projet ne fait pas l’unanimité, dans un contexte qui n’a pas été jusqu’à maintenant très favorable à la téléphonie mobile par satellite. Preuve en est, les 2 compagnies Iridium et Globalstar avec leurs projets de couverture mondiale par satellite, avaient déclaré banqueroute au début des années 2000, engloutissant plusieurs milliards de dollars. Qui plus est, elles sont toujours en activité, fournissant des communications en dernier recours à l’armée, ou bien aux gardes forestiers ou bien encore à toute personne susceptible de pouvoir acheter un combiné à $1000.

Selon le CEO de TerraStar, "Les premiers combinés pour le satellite TerreStar pourraient coûter 700 dollars environ". Ils sont construits par le fabricant finlandais Elektrobit. Le téléphone est doté d’un clavier QWERTY et utilise les logiciels Windows Mobile permettant d’envoyer des e-mails semblables au BlackBerry et contrairement aux téléphones Iridium et Globalstar, il n’est pas équipé d’une antenne protubérante. Pour Epstein une des cibles marketing privilégiées seraient justement les détenteurs de tels appareils : "Ainsi on prend son BlackBerry et on le remplace par cet appareil". Le prix d’une minute de communication serait de moins d’un dollar, soit le prix approximatif d’un appel avec Iridium actuellement. TerreStar aurait également signé un accord avec AT&T pour les appels ne passant pas par le satellite. Les communications par satellites et terrestres sont prévues pour être opérationnel avant la fin de cette année.

Cependant ni TerreStar ni SkyTerra ne reproduiront la couverture mondiale fournie par Iridium. Les téléphones fonctionneront seulement en Amérique du nord. D’autre part le système partage les limitations propres aux téléphones satellitaires : les combinés ont besoin d’être en ligne de vue direct avec le satellite, c’est-à-dire le service satellite ne pourra fonctionner qu’en extérieur, et une colline, un arbre ou un bâtiment pourront poser des problèmes de transmissions et de réceptions.

Etant données ces limitations, certains analystes comme Tim Farrar à TMF Associates sont sceptiques quant à la réussite du projet : "Ils ont besoin de centaines de milliers d’utilisateurs pour que le projet soit viable et il faut être déjà bien parti avant que les fabricants considèrent que le produit en vaille la peine."

D’un autre côté, la valeur du projet provient du spectre de fréquences détenu par SkyTerra et TerreStar. Les compagnies ont eu la permission par la FCC d’utiliser des tranches de fréquence pour les réseaux terrestres et satellitaires, aussi longtemps qu’ils auront un satellite en orbite. Le gouvernement espère ainsi qu’une telle licence hybride terrestre-spatiale encouragera les compagnies à fournir une couverture satellite d’urgence dans le cas de la destruction de tours de télécommunications par exemple lors de catastrophes naturelles.

Source :

"Space : The final frontier for cell phones ?" PETER SVENSSON : 04/09/09 - http://www.physorg.com/news158519136.html

Pour en savoir plus, contacts :

Le site de TerraStar : http://www.terrestarcorp.com/index.html
Code brève
ADIT : 58694

Rédacteur :

Arnaud Souillé ; deputy-stic.mst@consulfrance-sanfrancisco.org

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….