Le Cleantech Open, révélateur du dynamisme de la communauté cleantech aux Etats-Unis

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Le Cleantech Open, le plus grand accélérateur de startups au monde dans le domaine des technologies propres, dévoile en ce début juin les participants américains de l’édition 2014. Le mode de fonctionnement de cet accélérateur - organisation à but non lucratif reposant sur un réseau de mentors volontaires - et son succès témoignent du dynamisme de la communauté des entrepreneurs cleantechs aux Etats-Unis.

Le fonctionnement du Cleantech Open

Le Cleantech Open (ou CTO) a pour mission de repérer, financer et promouvoir les startups innovantes dans le domaine des technologies propres. Aux Etats-Unis, le Cleantech Open est décliné selon 8 éditions régionales [1], et certaines commencent à annoncer les startups sélectionnées pour 2014, comme dans le Sud-est où les participants ont été annoncés récemment, mercredi 4 juin dernier.

Tous les participants sélectionnés suivent un programme de plusieurs mois incluant des stages de formation, l’obligation de suivre au moins une académie d’été sur les deux proposées (New York et Californie) et de nombreuses opportunités de présenter leur technologie lors de salons régionaux et nationaux [2]. La participation à l’accélérateur donne une forte visibilité qui attire de nombreux investisseurs.

Notons que pendant le programme, les entreprises ne sont pas réunies dans un lieu physique spécifique, contrairement à MassChallenge ou Y Combinator : le Cleantech Open repose donc essentiellement sur son réseau de mentors et de volontaires. Sean Grundy, fondateur de Refresh et l’un des finalistes 2013 de la région du Nord-est, soulignait lors du lancement de la campagne 2014 du CTO les trois principaux avantages du programme selon lui :
1. L’accompagnement : chaque startup se voit assigner des mentors choisis avec soin parmi plus d’un millier de volontaires ;
2. Les contacts : les entreprises ont accès à un vaste réseau composé d’industriels, d’investisseurs, d’entrepreneurs… et des autres participants au Cleantech Open (actuels et anciens) ;
3. Les prix en argent (de l’ordre de $100,000 pour le vainqueur national), qui peuvent permettre de développer un premier prototype.


Katherine McDonald, CEO de la branche "Nord-est des Etats-Unis" du Cleantech Open, présente le fonctionnement de l’accélérateur lors du coup d’envoi de la saison 2014 du CTO à Boston (11 mars 2014)
Crédits : MS&T


En termes de structure juridique, le Cleantech Open est une organisation à but non lucratif. Elle est financée principalement par des sponsors, qui incluent de grands groupes comme Chevron ou des organisations publiques régionales comme le Massachusetts Clean Energy Center ou la New York State Energy Research and Development Authority pour l’édition Nord-Est des Etats-Unis. L’autre source de revenus du Cleantech Open est son fonds collectif d’actions, constitué d’une participation de un pour cent au capital des startups participant au programme. Remarquons que cette participation est très peu élevée et optionnelle, contrairement à l’accélérateur Y Combinator par exemple, qui prend systématiquement 7% de participation au capital (pour un financement relativement modeste des sociétés).

Le Cleantech Open s’étend en rassemblant et s’appuyant sur des initiatives locales

Le nombre d’initiatives de soutien aux startups est en plein boom, ce qui crée souvent la confusion (voir ce bulletin électronique sur le sujet [3]). Le Cleantech Open va à l’encontre de cette tendance en se voulant fédérateur, comme le révèle la chronologie de son développement : c’est au départ une compétition d’entreprises créée en 2006 par un groupe d’entrepreneurs californiens ("par des entrepreneurs et pour des entrepreneurs"), dont les réunions avaient lieu dans les salons des fondateurs ; après une expansion régionale, le Cleantech Open prend une dimension nationale, en fusionnant en 2009 avec la compétition Ignite Clean Energy du MIT, dont le fonctionnement avait en fait inspiré les créateurs initiaux du Cleantech Open [4]. Ainsi ces deux structures, au lieu d’être en compétition au niveau national, collaborent pour être au premier plan sur la scène internationale dans le domaine des technologies propres.

Autre exemple de cette volonté de centralisation des initiatives, le Cleantech Open implémente au niveau de l’état du Washington le programme i6 Green Challenge - initiative fédérale proposant une aide à la commercialisation - en aidant au recrutement et développement des entreprises éligibles en mettant à profit son réseau de mentors.

On pourrait douter de la systématisation de ce modèle et de sa capacité à s’adapter aux spécificités régionales ; cependant, le cas de la région du Nord-est des Etats-Unis révèle comment l’accélérateur approche des réseaux locaux pour mobiliser les ressources régionales : le Cleantech Open Northeast travaille en étroite collaboration avec le NECEC (New England Clean Energy Council), une organisation professionnelle représentant les entreprises des technologies propres de Nouvelle-Angleterre et plus généralement du Nord-est. L’une de ses branches, le NECEC Institute, met en place des programmes de soutien à l’innovation et l’entrepreneuriat.

Le Cleantech Open et le NECEC Institute ont joint leurs ressources cette année à travers le programme Cleantech Navigate Northeast annoncé en février. Le but est de construire un fort réseau d’entrepreneurs cleantech régional, pour mieux mobiliser les ressources pour l’innovation et l’entrepreneuriat distribuées de New York City à Portland, Maine - ressources dont bénéficieront d’autant plus facilement les participants des prochaines éditions locales du Cleantech Open.

Ce mode de fonctionnement a porté ses fruits : depuis les premiers jours en 2006, 881 startups sont passées par cet accélérateur et le total des fonds levés par celles-ci vient tout récemment de dépasser la barre symbolique du milliard de dollars. Ainsi, selon cette ligne de conduite, le Cleantech Open s’est exporté dans 27 pays différents depuis 2009, auxquels sont venus s’ajouter six autres en mai (Afrique du Sud, Arménie, Inde, Malaisie, Pakistan et Turquie) grâce au soutien de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).

Les vainqueurs des éditions régionales des Etats-Unis et des éditions nationales des autres pays se réunissent en novembre à San Francisco pour désigner un lauréat mondial durant le forum mondial du Cleantech Open. En particulier, la version française du CTO existe depuis 2010, accueillant 24 entreprises chaque année ; 35 entreprises ont été finalistes depuis 2010. Souhaitons à tous les participants français le même succès que celui de Stilene et Boostheat, qui ont pu aller représenter la France au forum mondial l’année dernière.



[1] les startups sélectionnées pour participer doivent payer environ $500 par personne pour l’ensemble des formations, les académies, l’accès aux mentors et aux réceptions.

[4] aujourd’hui, le MIT n’est pas impliqué dans la gestion du Cleantech Open.

Pour en savoir plus, contacts :


- [2] 8 éditions régionales http://www2.cleantechopen.org/about-us/our-regions/
- [3] "Accélérateurs d’entreprises aux Etats-Unis : la pléthore suscite le doute", BE Etats-Unis 325 (22/03/2013) : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72614.htm
- Liste des participants 2014 de la région du Sud-est des Etats-Unis http://cleantechopen-southeast.org/2013/06/cleantech-open-southeast-region-announces-24-business-accelerator-semi-finalists/
- Liste plus détaillée de ce qui est offert aux participants du Cleantech open U.S. http://www2.cleantechopen.org/key-benefits-2/
- Historique du lancement du Cleantech Open en Californie http://www.cleantechopen.com/app.cgi/content/about/founders
- Article sur la fusion entre l’Ignite Clean Energy et le Cleantech Open http://www.cleantechopen.com/app.cgi/news/press_releases/26/view
- Analyse de la tendance du nombre d’accélérateurs d’entreprises aux Etats-Unis http://techcrunch.com/2013/11/19/the-startup-accelerator-trend-is-finally-slowing-down/
- Llancement du Cleantech Navigate Northeast http://www.cleanenergycouncil.org/blog/2014/02/18/necec-announces-formal-alliance-with-cleantech-open-northeast-and-new-initiative-to-accelerate-region-wide-cleantech-entrepreneurship/
- Partenariat entre le Cleantech Open, L’ONUDI et le FEM http://www.triplepundit.com/2014/05/cleantech-open-gef-unido-partner-launch-startup-accelerators-six-countries/?utm
- Article de presse sur le forum mondial du Cleantech Open vu par les acteurs français http://www.ctofrance.com/search?updated-min=2013-01-01T00:00:00%2B01:00&updated-max=2014-01-01T00:00:00%2B01:00&max-results=26
Code brève
ADIT : 76075

Rédacteurs :


- Guillaume Decorzent, Mission pour la Science et la Technologie - Boston (stagiaire-inno@ambascience-usa.org)
- Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.

Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques….