Le NITRD, un programme stratégique

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Le programme NITRD (Networking and Information Technology Research and Development) regroupe une vingtaine d’agences fédérales dans le but de coordonner la recherche et le développement publique dans le domaine des technologies de l’information. Ce programme créé en 1991 dans le cadre de la loi High-Performance Computing Act, vise à participer au développement scientifique, technologique et économique du pays, à contribuer à l’amélioration du système de défense et de la sécurité intérieure, et à réduire les impacts sur l’environnement, la santé et l’éducation, à travers les programmes de recherche de pointe menés dans le domaine de l’informatique [1].

Un budget annuel d’environ 4,1 milliards de dollars a été affecté pour l’année à venir, soit une augmentation de 2,5% par rapport à 2015 qui confirme la tendance observée les années précédentes [2].

Huit domaines d’activité ont été définis comme cibles selon les priorités données par le gouvernement :

- CSIA : cybersecurity and information assurance
- HCIIM : human-computer interaction and information management
- HCSS : high-confidence software and systems
- HECIA : high-end computing infrastructure and applications
- HECRD : high-end computing research and development
- LSN : large-scale networking
- SDP : software design and productivity
- SEW : social, economic, and workforce implications

On peut comparer ce programme à celui mené par l’Allistene (l’Alliance des Sciences et Technologies du Numérique), créé en décembre 2009, et regroupant six acteurs majeurs de la recherche française : la Conférence des Directeurs d’Écoles et Formations d’Ingénieurs (CDEFI), le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), le Centre national de recherche scientifique (CNRS) la Conférence des présidents d’université (CPU), l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) et l’Institut Mines-Télécom [3].

L’Alliance a aussi pour vocation de coordonner les acteurs de la recherche dans le domaine des sciences et des technologies du numérique, de renforcer les partenariats et les synergies créés entre le monde académique et le monde industriel, et d’élaborer des programmes sur le plan national autour des grandes priorités scientifiques et technologiques, en les portant parfois à l’échelle européenne.

Les priorités sont définies selon un comité de coordination, qui s’appuie sur six groupes programmatiques pilotant les enjeux scientifiques et technologiques suivant : la formation numérique, le traitement des données massives, la transformation des données en connaissances, l’aide à la prise de décision, le calcul à haute performance, la simulation numérique, les interactions des mondes physiques, de l’humain et du monde numérique, et la sécurité de la société numérique [4].

Si l’on retrouve dans les deux programmes les aspects relatifs à la sécurité et au traitement des données, on observe une priorité sur les aspects formation numérique pour Allistene qui illustre un réel enjeu sociétal pour la France. La priorité sur les aspects réseaux à grande échelle mise en avant par le NITRD illustre quant à elle le besoin stratégique de maîtriser l’évolution technologique de l’Internet dans un pays qui héberge le plus grand nombre de contenus Internet et de data centers de la planète.


Rédacteurs :
- Hervé Martin, Attaché pour la Science et la Technologie, attache-ntics@ambascience-usa.org
- Marie Letoret, Attachée adjointe pour la Science et la Technologie, deputy-ntics@ambascience-usa.org